Participants Reactions

Interviewed by Aristide Ahouassou

Antonin Dossou

Antonin Dossou
Antonin Dossou

Antonin Dossou, directeur de cabinet du Ministre d'Etat, chargé du développement du Bénin

Question : Quels sont selon vous les principaux défis à relever pour amorcer la croissance économique partagée dont il est question à cette conférence économique africaine ?

Réponse : Pour nous, il s’agit d’une conférence importante, permettant aux chercheurs et décideurs politiques africains et du monde, de se pencher sur l’éternelle question de développement du continent africain.  Des progrès sont perceptibles, il faut l’avouer et il y a de l’espoir. Après près de deux décennies de décroissance sensible de l’activité économique, résultant de plusieurs facteurs, dont les chocs extérieurs des crises économique et financière de 2008 et 2009, la reprise économique en Afrique s’accélère cette année 2010. Avec les signes encourageants enregistrés dans les économies africaines, les taux de croissance sont robustes et généralisés pour avoir une incidence réelle sur la réduction de la pauvreté. Les bailleurs de fonds et les pays africains, doivent de concert mettre en place des institutions locales viables pour soutenir le processus de croissance. Avec la croissance économique amorcée, le véritable défi consiste, selon moi, à adresser la question relative au retour à la trajectoire de la croissance soutenue, en la traduisant par la création d’emplois. Le principal défi consistera à transformer les économies pour leur permettre de retenir la main-d’œuvre qualifiée, pièce maîtresse du développement économique. Cependant, les résultats globaux restent vulnérables aux chocs extérieurs, découlant de la baisse des prix internationaux de certains produits de base clés, des mauvaises conditions météorologiques, les catastrophes naturelles dans nos pays et des conflits intercommunautaires sévissant des certains pays de la sous région. Cette conférence économique de Tunis, nul doute, proposera des solutions idoines.


Mina Baliamoune-Lutz

Mina Baliamoune-Lutz
Mina Baliamoune-Lutz

Mina Baliamoune-Lutz, Professor of Economics, Research Fellow, Coggin College of Business, University of North Carolina

Question: After listening to the various remarks, what are your expectations of this African Economic Conference?

Response: This is a great conference. I am impressed by the attendance and the material organization. The speeches I have heard today are extremely interesting. I hope to participate in the various sessions and bring my contributions.

Question: Can you take stock of the two days participation?

Response: The different sessions I attended so far, reinforced my strong belief that the ADB and UNECA are extremely serious about identifying avenues to promote sustainable growth and development in Africa. Discussions focused on human capital, regional integration, trade with China (I was one of the presenters on this topic), among others. These are all issues that are very relevant and current in the context of development in Africa. The plenary sessions were quite focused and I appreciate the exchange of ideas that took place in the plenary of Day 2. Including representatives from aid agencies and NGOs; in addition to individuals from Academia allowed us to see and assess how different parties look at these issues, given their experiences or their research in these fields. Regional integration and climate change in my view should remain on the future AEC programs. We have a lot to learn about how to make it happen and last in Africa and the AEC is a perfect setting for fostering knowledge in these areas.


Abdoulie Janneh

Abdoulie Janneh
Abdoulie Janneh

Abdoulie Janneh, United Nations Economic Commission for Africa (UNECA)

Our partnership with the AfDB is excellent. No one can deny that the African Economic Conference (AEC) is currently on record as a landmark knowledge event in Africa. As a premier forum that focuses on development and knowledge debate among policymakers, outstanding academics and development practitioners, the AEC is  a role model for informed policy and decision making in our continent. For us, among the key development challenges today, we have huge investments on infrastructure, i.e, energy, water, roads and transport, for economic and regional integration. We need to mobilize more resources by building strong partnerships. Also, we need to address current environmental issues, which in my view are important and constitute a priority for sustainable development.


Tania Matsinhe

Tania Matsinhe
Tania Matsinhe

Tania Matsinhe, Economic Advisor to the Minister of Planning and Development, Mozambique

In my opinion, the development priorities for Africa were highlighted by the speakers in the opening remarks, from the African Development Bank President, Donald Kaberuka to the Tunisian Prime Minister, Mohammed Ghannouchi, to the UNECA Executive Secretary Abdoulie Jenneh. All of them have set the tone for the reason why it is, not only possible but necessary for Africans to predict an economic overhaul in the near future. These visionary leaders, today in Tunis, confirmed the priorities for Africa in their statements by highlighting among others, the need to develop our human capital, the need to invest in our youth, who constitute the largest productive capacity of our continent, the need to enhance and strengthen Africa's knowledge infrastructure - developing our scientific and research capabilities - which in turn has the potential to spur the much needed innovation and creativity in the continent. I buy into these principles and believe that Africa, whose wealth lies in its youth’s labor force, has the ability to create and produce goods and services that cater for its 1 billion population, and the capacity to export these same products into the international market. By developing our entrepreneurs, empowering the informal sector, which all constitute a huge untapped and underutilized potential, as well as maximizing the role and productive capacity of our private sector, we stand a chance to claim a poverty free world, we stand a chance to position ourselves as global leaders of the centuries to come. As the opening speakers confirmed, we have everything we need from arable land, to natural resources, to a productive young labour force, and I would like to add, to a diverse set of cultures which can be translated into products, jobs, export earnings, etc. All we need is to apply this value, this wealth, these riches...what are we waiting for! Hope we will have enriching discussions and share knowledge experience. Congratulations to the organizers!


Guy-Roland Mukengueshai

Guy-Roland Mukengueshai, Economiste-chercheur : « Les pauvres sont enfermés dans un cercle vicieux : le manque d’accès aux actifs de production, à la technologie, à l’énergie, à l’eau potable et à l’information, les maintient dans la pauvreté»

Question : Quelle est votre lecture des déclarations faites à l’ouverture de la Conférence économique africaine ce matin ?

Réponse : L’ensemble des déclarations interpellent les chercheurs ainsi que les décideurs politiques venus à Tunis, pour participer à cette édition de la conférence économique africaine.  La qualité des discours répond bien à mes attentes, et au sens large, aux préoccupations actuelles des populations africaines. Le calibre des participants et la qualité des papiers inscrits, montrent bien que les débats de cette année feront la différence. Cependant, les déclarations préliminaires ont occulté les questions liées au développement et à la modernisation de l’agriculture, aux partenariats et au secteur privé.  Je suis resté un peu sur ma faim. Il faut avant tout assurer la diversification des produits agricoles, pour garantir l’autosuffisance alimentaire du continent africain, pour éviter une autre crise alimentaire. Donc, je pense qu’il faut investir dans l’agriculture. Sur le continent, la solution au problème de la croissance économique globale réside dans un secteur privé bien développé. Eu égard à la paupérisation croissante et au fort taux d’accroissement démographique à travers le continent, je pense que les pays africains devront transformer de fond en comble leurs économies, car, avouons-le, la pauvreté n’a pas trop baissé dans certaines contrées. Si certaines régions d’Afrique ont connu la croissance, je pense qu’une partie est restée à la traine, en termes tant absolus que relatifs. Les pauvres sont enfermés dans un cercle vicieux : le manque d’accès aux actifs de production, à la technologie, à l’énergie, à l’eau potable et à l’information, les maintient dans la pauvreté. Les chercheurs doivent montrer ces faiblesses du doigt et permettre ainsi aux décideurs politiques d’effectuer les meilleurs choix. Que les participants se parlent franchement, pour que nous partions de Tunis avec des recommandations claires pour nos pays pris individuellement et pour une Afrique durablement prospère. Les débats nous situeront. Je souhaite des discussions fructueuses aux participants et je tire mon chapeau à la BAD, l’UNECA, le PNUD et la DBSA. Bravados aux organisateurs !

Question : Selon vous quel rôle la Bad devra-t-elle jouer pour la transformation des économies africaines et pour garantir la gouvernance économique de nos Etats?

Réponse : Le respect de l’Etat de droit et des droits de l’homme, une responsabilisation accrue et la transparence de l’appareil des lois et règlements, et l’attachement à une saine gestion des ressources publiques (notamment par la lutte contre la corruption), sont autant de facteurs qui forment les éléments constitutifs d’un cadre macroéconomique structurellement sain. De ce fait, la promotion de la bonne gouvernance dans les pays africains constitue préalablement le plus grand rôle catalyseur que la Banque jouera pour jeter les bases solides nécessaires à la transformation des économies du continent.






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