Burundi and The AfDB

Le Burundi se relève progressivement d’une crise socio-politique profonde, qui a détruit le tissu productif de son économie. L’économie reste encore fragile, du fait de sa forte dépendance au secteur primaire en termes de contribution au PIB (40 %). Le PIB par habitant s’élevait à 215 dollars EU en 2012, contre 286 dollars EU avant la crise de 1993. Depuis 2005, le pays recouvre graduellement une stabilité politique et s’est engagé dans un vaste processus de réformes économiques et sociales, destinées à conforter la croissance nationale ainsi que l’intégration régionale. Les priorités pour la période 2012-2015 sont définies dans le Cadre stratégique de lutte contre la pauvreté (CSLP II), adopté en février 2012.

Le pays dispose d’importantes ressources naturelles, notamment des gisements miniers et un potentiel hydroélectrique dont la valorisation pourrait entraîner un impact substantiel sur la croissance économique et la création d’emplois. Toutefois, l’enclavement du Burundi, le manque d’infrastructures, un climat des affaires largement défavorable au secteur privé, et une main-d’œuvre peu qualifiée, le desservent. Ce contexte ne favorise pas le décollage de l'économie, et les taux de croissance du PIB enregistrés sont de l’ordre de 4 % (4,2 % en 2011 puis 4,3 % en 2012, et escompté à 4,6 % en 2013) ne permettent pas d’amorcer réellement la lutte contre la pauvreté.

Le DSP 2012-2016 pour le Burundi, qui s’inscrit dans le Cadre stratégique de lutte contre la pauvreté deuxième génération (CLSP II), adopté en février 2012, répond aux nombreux défis qui entravent le développement du pays. Il intègre les leçons tirées de la mise en œuvre du DSP précédent, ainsi que les principales conclusions des travaux d’analyse effectués - le Plan d’action pour les infrastructures, notamment - et, à ce titre, les opportunités de cofinancement et le rôle de catalyseur de la BAD en vue de capter des fonds supplémentaires.

La nouvelle stratégie met l’accent sur la singularité et la complémentarité de deux piliers : la consolidation de l’État et l’amélioration des infrastructures. Le choix de ces deux axes repose sur l’avantage comparatif de la Banque dans le secteur des infrastructures, ainsi que sur sa valeur ajoutée en termes d’appui aux réformes, à la bonne gouvernance et au renforcement des capacités. Des atouts qui permettront de stimuler l’émergence du secteur privé, en instaurant un meilleur environnement des affaires et des services d’infrastructures appropriés. Ils contribueront, in fine, à promouvoir la croissance et le développement inclusif du Burundi.

La Banque africaine de développement (BAD) et le Burundi ont une longue histoire de coopération, qui remonte à 1968,  date de l’adhésion du pays à l’institution. Depuis le début de ses opérations au Burundi, en 1974, le Groupe de la Banque a financé quatre-vingt-six (86) opérations, dont 91,3 % ont été acquittées par le guichet du Fonds africain de développement (FAD), 6,8 % par la BAD, et 1,8 % par le Fonds spécial du Nigeria (FSN). En mars 2013, le cumul des opérations approuvées par le Groupe de la Banque est estimé à plus de 785,3 millions d'UC*. Ces interventions ont porté, pour l’essentiel, sur les transports (37 % du total des ressources allouées), suivis par les opérations multisectorielles (22 %), l'agriculture et le développement rural (17 %), l'eau et l'assainissement (10 %), le secteur social (9 %), et l’électricité (5 %).

Le portefeuille actif du Groupe de la Banque au Burundi comprend actuellement 18 projets, représentant un engagement total de 243,07 millions d'UC. Le portefeuille compte onze (11) projets nationaux dans le secteur public, pour un montant de 106.22 millions d’UC, et sept (7) projets régionaux totalisant 127,82 millions d’UC. Il ne recense aucune opération dans le secteur privé.

_____________________________________

* « Unité de compte ». En mars 2013, 1 UC = 1,51483 dollars EU.