Accès à l’eau potable au Maroc : de meilleures conditions de vie en milieu rural

20/05/2013
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Depuis 2001, le Royaume fournit de gros efforts pour généraliser l’accès à l’eau potable, en multipliant les chantiers de raccordement et de distribution. La BAD est le premier bailleur de fonds dans le secteur de l’Eau au Maroc.

Sur la terrasse de sa maison de deux étages, Mohammed, la quarantaine burinée, tourne le robinet pour laisser couler l’eau devant ses visiteurs. Depuis deux ans, fini les corvées d’eau et tous les tracas domestiques qui y étaient liés !

Là était le paradoxe, à Beni Mellal, nichée avec ses 26 000 habitants entre plaine et montagne, au centre du Maroc : la région dispose d’importantes ressources en eau, et l’agriculture (irriguée dans les plaines, vivrière en montagne) y est la principale activité économique. Pourtant, les corvées d’eau ont longtemps été de mise à Beni Mellal. À telle enseigne, que « des gens ont vendu leur maison à cause des problèmes d’eau », souligne Mohammed, depuis le toit de sa maison du quartier de la 3e annexe administrative. Et d’ajouter : « aujourd’hui, ils le regrettent. Car depuis que l’adduction d’eau  a été faite, il y a deux ans, les maisons ont gagné 5 % sur leur valeur ». Entretemps, la localité s’est dotée d’un réservoir d’une capacité de 4 200 m3. Et la borne fontaine du quartier a cessé d’être une arène de bataille à coup de seaux d’eau, à force de conflits autour du précieux liquide. Désormais, les factures  trimestrielles oscillent entre 100 et 200  MAD (10 à 20 euros).

Mohammed, comme des dizaines de milliers d’autres de ses compatriotes, cueille les fruits des projets successifs d’Alimentation en eau potable (AEP).

Dans le cadre de l’AEP, deux volets du projet ont été définis. Le premier volet relatif à l’AEP en milieu rural a également bénéficié du Programme d’ajustement de l’eau (PAS Eau). Financé par la BAD, le PAS Eau a permis d’établir le bilan du Programme d’approvisionnement groupé en eau potable des populations rurales (PAGER) grâce à une étude diagnostic réalisée par l’ONEP en 2005, et d’en confirmer le cadre institutionnel (l’ONEP a été désigné comme interlocuteur unique sur ce programme).

La Banque est forment impliquée dans les politiques sectorielles définies par les autorités marocaines en matière d’accès à l’eau potable – en témoigne la coopération ancienne et étroite avec l’Office national de l’Eau. Les différents projets financés par la Banque dans le secteur ont permis, entre autres, d’améliorer les systèmes d’adduction et de distribution dans 30 villes marocaines (plus des 2/3 de la population du pays), réparties sur l’ensemble du territoire.  Ces projets ont contribué à la sécurisation de l’accès à l’eau potable en milieu urbain, de l’ordre de 100 % aujourd’hui, et à l’augmentation du taux d’accès à l’eau potable en milieu rural, passé de 14 % en 1990 à 91 % actuellement. Quant au taux d’accès à l’assainissement en milieu urbain, celui-ci est désormais supérieur à 70 %, contre moins de 50 % en 1990.

Grâce aux projets menés, 10 millions de Marocains vivant en milieu urbain (Taounate, Khénifra, Settat, Marrakech, Tamesna, axe Rabat-Casablanca) bénéficient désormais d’un accès à l’eau et à l’assainissement.


La BAD et l’ONEE, toujours plus « Eau »

L’Office national de l'électricité et de l'eau (ONEE) est investi d’une mission de service publique cruciale : alimenter en eau et en électricité la population marocaine – ce, sur l’ensemble de la chaîne logistique : production, transport et distribution –, en plus d’être chargé de l’assainissement.

La BAD est présente au côté de l’ONEE, pour l’aider à toujours mieux assumer sa mission de service public, depuis 1970 dans le secteur de l’électricité, et depuis 1978 dans celui de l’eau.
A ce jour, la BAD a déboursé quelque 19,7 milliards MAD au total, en faveur de l’ONEE, dont 8 milliards pour l’eau et l’assainissement.

En matière d’accès à l’eau potable et d’Assainissement, la BAD a mobilisé des financements pour 12 projets, dont 8 sont achevés et 4 en cours de réalisation.

L’appui de la BAD a ainsi  permis de :

  • sécuriser l’alimentation en eau potable (AEP) dans plusieurs  villes du Royaume (Tanger, Settat, Meknès, Fès, Berkane, Khemisset, Essaouira, Benguerir, Sidi Kacem, Berrechid, etc.). Aujourd’hui, deux grands projets sont en cours de réalisation : le renforcement de l’AEP dans la zone côtière Rabat-Casablanca, ainsi que pour la ville de Marrakech et les agglomérations avoisinantes ;
  • contribuer à la généralisation de l’AEP en milieu rural, dans 4 provinces : Kénitra,  Chefchaouen, Settat, et Azilal ;
  • participer au financement de projets d’assainissement liquide (collecte et épuration des eaux usées), à Khouribga, Oued Zem, et Boujaad notamment ; soit au bénéfice d’une population de quelque 380 000 habitants ;
  • accompagner des projets stratégiques, à l’instar du plan Azur dans le tourisme, en particulier au niveau d’Essaouira et El Jadida.

Fin 2012, le taux d’accès à l’eau potable en milieu rural s’élevait à 92 %.


2013-2016 : des investissements record

Sur la période 2013-2016, l’ONEE a prévu d’investir 21,6 milliards MAD (quasi 2 milliards d’euros), ainsi répartis :

  • 12,5 milliards MAD pour sécuriser l’Alimentation en eau potable (AEP) dans les zones urbaines, et accompagner le développement urbanistique, industriel et touristique grâce à un débit supplémentaire de plus de 18,6 m3/s. Seront également améliorés le taux de branchement individuel au réseau de distribution, et le relèvement des rendements des installations afin de lutter contre le gaspillage ;
  • 4,3 milliards MAD pour l’AEP du milieu rural permettant l’accès à l’eau potable de près de 96% de cette population ainsi que l’amélioration de leurs conditions de desserte. Il est également prévu d’intervenir dans près de 80 centres ruraux pour y gérer le service de la distribution d’eau potable ;
  • 4,8 milliards MAD pour l’assainissement liquide. L’ONEE a prévu d’accroitre sa capacité d’épuration de près de 118 000 m3/j supplémentaires et d’intervenir au niveau de 40 villes et centres urbains pour y gérer le service de l’assainissement liquide.