AEC: Africans Must Work Together to Address Challenges of High Growth

01/11/2010
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Parmi les sessions ayant marqué les discussions de la conférence économique africaine (AEC) 2010,  figure sans nul doute, la table ronde du vendredi, 29 octobre, sur le thème : «De la reprise à la forte croissance : options stratégiques pour l’Afrique». Le débat a mobilisé, Mme Willene A. Johnson, présidente de Komaza Inc; Mthuli Ncube, économiste en chef du Groupe de la BAD ; Emmanuel Nnadozie, directeur, division du développement économique et du NEPAD, ONU-CEA et Samson Muradzikwa, économiste en chef, à la Division internationale de la Banque de développement de l’Afrique australe (DBSA). Tour à tour, ces conférenciers ont passé en revue, les différentes questions qui constituent pour l’AEC, «l’épine dorsale des économies africaines».

Le rôle de la microfinance dans le développement

«L’industrie de la microfinance est incontournable dans l’actuelle situation économique où les pays africains sont en proie à des problèmes de structuration des épargnes et des prêts, et de la mobilisation de leurs ressources», a indiqué Mme Willene Johnson.

Dans son exposé, la conférencière a expliqué la nécessité pour les pays africains de s’engager davantage pour le développement du secteur de la microfinance, estimant que «cette industrie pourrait être un véritable facteur de réduction de la pauvreté, et offrir de nouveaux débouchés aux populations africaines». S’appuyant sur les cas du Kenya et du Ghana, où la microfinance a, selon elle, fait ses preuves, elle estime que, «la régulation de l’environnement, l’usage de la technologie sont les conditions préalables au succès de la microfinance». Mme Johnson souligne que «L’émergence des économies africaines sera assurée grâce à la mise en place d’une véritable politique de microfinance, avec pour base stratégique, la formation, le renforcement des capacités et une bonne recherche empirique».

De quel type de politique l’Afrique a-t-elle besoin pour réaliser une croissance partagée?

Mthuli Ncube, économiste en chef de la BAD, a pour sa part souligné les principales options à la croissance partagée, qui, dans la situation actuelle de l’Afrique, comprennent, entre autres, le renforcement du partenariat public privé (PPP), la supervision de la gestion des activités bancaires, le renforcement des institutions et de leurs capacités, ainsi que la promotion de l’esprit d’entreprise. Dans son exposé, l’économiste en chef de la BAD a reconnu l’existence de poches d’excellence, partout en Afrique. Cependant, a-t-il martelé, «Nous devrions opérer dans un environnement favorable à la croissance soutenue et partagée», qui exige une forte mobilisation des ressources et un véritable renforcement des recettes fiscales. Pour M. Ncube,  la recherche  d’un équilibre des taux d’inflation, la réforme des fonds de pension, la régulation des activités et le renforcement des services chargés d’exécution des projets d’infrastructures, garantiront la viabilité de la croissance en Afrique. «Ces politiques devront à coup sûr miser sur l’apport de la diaspora », a précisé en substance, l’économiste en chef.

Intégration régionale : mythe ou une réalité ? Quelle stratégie africaine pour la gouvernance, les changements climatiques et les questions du chômage des jeunes?  

Les questions liées à l’intégration régionale, la gouvernance, les changements climatiques et le chômage des jeunes sont revenues plusieurs fois dans les interventions. En expert, Emmanuel Nnadozie de l’ONU-ECA, a souligné la forte complémentarité entre la coopération et l’intégration. « L’intégration africaine devrait être la pierre angulaire de la politique de coopération au développement de notre continent», a-t-il noté.

Abordant le rôle des institutions internationales et régionales dans les questions liées aux changements climatiques, l’intervenant a expliqué que le Groupe de la BAD, l’UNECA et la Commission de l’Union africaine (UA) ont une parfaite connaissance de la gravité du phénomène et y travaillent dans le cadre « d’un partenariat solide». Il a également expliqué le rôle non moins important que devrait jouer le Fonds vert. Il estime, à cet égard  ,que les pays africains devraient faire preuve de beaucoup d’ingéniosité dans le traitement des questions liées aux changements climatiques.

Selon M. Nnadozie, « il y a certes des signes positifs dans la relance économique de l’Afrique ». Cependant, prévient-il, «Il faut observer une grande prudence, car, il peut y avoir un rebond ». Dans cette perspective, le conférencier invite « instamment » les chercheurs et décideurs politiques à la mise en place de plans stratégiques à court, moyen et long termes, avec des politiques budgétaires en appui aux activités internes. Il faudrait également et surtout, a-t-il souligné, rechercher des ressources internes, en  stoppant la fuite illicite des capitaux. «Toutes ces initiatives devraient être conçues à notre rythme, et mises en œuvre, avec un équilibre entre les interventions du gouvernement et l’autonomie des marchés, sans transposition aucune de ce qui se passe ailleurs», a conclu M. Nnadozie.

Quels partenariats pour relever les nombreux défis liés aux changements climatiques?

Dans son exposé, Samson Muradzikwa, économiste en chef de la DBSA a expliqué que l’Afrique est confrontée à plusieurs défis, qui devraient être relevés grâce aux initiatives et aux partenariats. Il a exprimé le souhait de son organisation de contribuer à relever les défis de l’économie verte, dans le cadre d’un partenariat effectif, consciente que ce nouveau domaine est une opportunité d’affaires pour l’Afrique. Cependant les cadres de politique semblent en retard par rapport à la disponibilité des ressources, estime-t-il. «Les coûts ont été fixés, mais nous demeurons dans le noir quant à ce qu’il reste à faire ! » s’est-il exclamé. Pour la DBSA, la priorité consiste en la mise en place d’un financement pour l’énergie solaire, avec une stratégie de mobilisation des ressources claire, en incluant la durabilité dans les projets. «Les parties prenantes doivent œuvrer pour que les économies vertes prennent racine en Afrique », a-t-il conclu.

Conclusions

Les participants ont reconnu la pertinence des multiples questions soulevées, qui selon eux, sont révélatrices des options qui permettront à l’Afrique d’amorcer une forte croissance.  Toutefois, il s’est dégagé des discussions que : «Les africains devrons apprendre à travailler ensemble, dans un vrai partenariat pour relever les multiples défis en même temps». Car, la situation actuelle de l’économie africaine, ne doit pas éclipser la nécessité de faire avancer, en même temps, le débat international sur des questions telles que l’atteinte des OMD, en 2015, les infrastructures, la sécurité énergétique, les changements climatiques et le transfert des technologies, questions qui sont régulièrement revenues dans ce débat de la table ronde. James Makawa, co-fondateur de Africa Channel, a dirigé de main de maître ce débat très enrichissant, qui a vu la participation de plusieurs journalistes, chercheurs, décideurs politiques et hauts responsables de la BAD, du PNUD, de la DBSA, de l’ONU-CEA et des institutions de financement du développement.