"AfDB is very active in Cameroon", Interview with Ms. Chantal Elombat Mbedey, Director of Regional Integration in the Ministry of Economy and Planning (Cameroon)

02/04/2010
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Chantal Elombat Mbedey

Mme Mbedey, en marge des négociations de prêt, tenues à Tunis du 29 mars au 2 avril 2010, sur le projet d’alimentation en eau potable et d’assainissement en milieu rural, au Cameroun, passe en revue le portefeuille de la BAD dans son pays. Elle explique également les raisons de la récente pénurie d’eau potable dans certaines agglomérations du Cameroun. « La BAD est très active au Cameroun », a-t-elle expliqué, à la question de connaître son niveau de visibilité dans le pays. Lire l’interview.

Question : Quelle importance revêt pour le Cameroun le “Projet d’alimentation en eau potable et d’assainissement en milieu rural” que vous négociez actuellement avec le Groupe de la BAD?

Réponse : Le Projet d’alimentation en eau potable et d’assainissement en milieu rural d’un montant de 17,25 millions d’UC vise à appuyer les efforts du gouvernement camerounais pour améliorer les faibles taux d’accès aux services d’eau potable et d’assainissement et de renforcer les capacités de gestion du secteur. Il s’inscrit dans la mise en œuvre du plan d’actions 2008-2015 du Gouvernement dont le but est d’atteindre les taux de 80% et de 60% respectivement pour l’eau potable et l’assainissement en milieu rural d’ici 2015. Ce projet pilote est d’autant plus important dans la mesure où il permettra de préparer un projet d’envergure pour satisfaire un nombre plus important de camerounais.

Question : L’eau est une ressource vitale. Dans quelle mesure ce projet contribuera-t-il à l’atteinte des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) ?

Réponse : Grâce à ce projet, le taux d’accès à l’eau potable passera de 33% à 60% en 2015 dans la zone du projet qui couvre quatre régions du Cameroun notamment le Sud-Ouest, le Nortd-Ouest, l’Ouest et le Sud. Le projet permettra ainsi de répondre aux besoins en eau potable des populations de la zone du projet estimées à 668 000 habitants. Dans cette perspective, les efforts du gouvernement et de la BAD dans le cadre de ce projet, combinés aux efforts des autres partenaires, permettront sans nul doute au Cameroun, d’atteindre le taux de 60% pour l’eau potable d’ici 2012 et de se rapprocher considérablement des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD).

Question : Quelle est la situation du portefeuille des projets financés par la BAD au Cameroun ?

Réponse : Le portefeuille des interventions de la Banque au Cameroun en l’état actuel fait ressortir 77%  des opérations qui couvrent les secteurs agricoles, les infrastructures (transport, eau et assainissement, énergie) et le multisecteur ou appui aux réformes et les finances. La répartition sectorielle du portefeuille consacre la prédominance de l’infrastructure, suivie du développement agricole, de la gouvernance et du développement social. Cette répartition sectorielle reflète les options stratégiques prises par le Groupe de la Banque et le gouvernement, et dont les constantes ont été l’appui au développement des secteurs ayant un impact déterminant sur la lutte contre la pauvreté. Le portefeuille actif comporte 12 projets d’un montant total de 223,16 millions d’UC. Sa performance est jugée satisfaisante malgré quelques insuffisances. Ce qui a permis au Cameroun de bénéficier des fonds additionnels de 11,2 millions d’UC en 2009 contre 3,78 millions d’UC en 2006.

Question : Il y a eu récemment une pénurie d’eau dans certaines agglomérations du Cameroun. Comment  l’expliquez-vous ?

Réponse: Cette pénurie a un lien avec la situation actuelle des équipements du secteur. En effet, les équipements sont devenus vétustes; en outre, la demande en eau a augmenté par rapport à l’offre qui a baissé.

Question : Les populations bénéficiaires savent-elles que c’est la BAD qui finance ces projets d’eau ? Quelle est leur degré de connaissance de la Banque?

Réponse : L’approche participative a toujours été utilisée dans toutes les phases des projets BAD. Ce qui permet aux populations bénéficiaires d’avoir une meilleure appropriation des projets. Par ailleurs et s’agissant de leur degré de connaissance et de visibilité de la Banque dans notre pays, en plus des plaques avec le sigle officiel de la Banque qui sont systématiquement apposées sur les infrastructures, les collectivités locales et les populations bénéficiaires sont associées aux différentes missions de préparation et d’évaluation de la Banque. En plus, le Groupe de la BAD est très présent dans notre pays grâce au Bureau régional à Yaoundé.