AfDB Plays a Key Role in Africa - Wolfensohn

25/04/2008
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L’ancien président de la Banque mondiale (BM), James Wolfenshon, a estimé vendredi à Tunis que la Banque africaine de développement (BAD) dispose sur les questions africaines d’une expertise que les autres institutions multilatérales n’ont pas.

« Je ne suis plus à la BM depuis deux ans, je ne sais pas ce qui s’y passe aujourd’hui. Mais, je suis sûr que la BAD tient une place essentielle dans le fonctionnement du système multilatéral », a-t-il précisé lors d’un point de presse.

« La vérité, c’est que la BAD, en tant qu’institution régionale africaine, a plus d’expertise sur les questions africaines que les autres institutions de financement du développement comme la BM et le Fonds monétaire international (FMI). Pour moi, ces institutions ne peuvent que compléter le travail de la BAD en Afrique », a assuré M. Wolfenshon, directeur général de la firme privée Wolfenshon & Company (LLC).

« En Afrique, les défis de développement sont importants. La BM et la BAD doivent travailler ensemble pour aider les Etats africains à les relever. Pour moi, ces deux institutions sont absolument complémentaires. Je crois même pouvoir dire que la BM doit mobiliser encore plus de ressources en faveur de  l’Afrique », a-t-il ajouté.

Présentant les ressources mobilisées par la communauté internationale pour aider l’Afrique, M. Wolfenshon les a jugées insuffisances pour couvrir les besoins en financement du continent.

« Même ensemble, la BM et la BAD ne peuvent mobiliser chaque année que près 3 milliards de dollars pour le développement de l’Afrique. C’est une goutte d’eau face aux besoins en financement de l’Afrique. Rien que pour financer les infrastructures, l’Afrique a besoin de 30 milliards de dollars », a souligné l’ancien président de la BM.

« C’est parce que je suis conscient de la nécessité du travail en commun que j’ai pris, en son temps, l’initiative d’instituer une rencontre semestrielle entre le président de la BM et les banques régionales. J’espère que ces rencontres ont été maintenues », a dit le directeur général de la LLC.

Il a en outre déploré l’absence de synergie entre les partenaires au développement intervenant en Afrique.

« Il y a plus de 80 institutions bilatérales ou multilatérales de financement de développement qui interviennent en Afrique. A côté, vous avez également plus de 300 ONG. Ces facteurs s’ajoutent à une situation déjà très complexe du fait de l’existence de 53 pays en Afrique », a fait remarquer le président Wolfenshon.

« Ce sont des freins au développement de l’Afrique », a-t-il insisté.

Arrivé jeudi à Tunis à l’invitation de la BAD, James Wolfenshon a donné vendredi, dans le cadre du cycle des éminents orateurs, une conférence sur le thème « la place de l’Afrique dans un monde globalisé: Partenariats pour réussir ».

Il a, à cette occasion, plaidé pour une accélération de l’intégration régionale, estimant que l’Afrique n’a pas d’autres alternatives si elle souhaite peser dans les échanges internationaux et assurer son développement.