Atelier de travail de la BAD : comment doper la compétitivité en Afrique de l’Ouest francophone ?

25/03/2016
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La Banque africaine de développement (BAD) a organisé, le 23 mars 2016 à Abidjan, en Côte d'Ivoire, un atelier sur la compétitivité en Afrique de l'Ouest francophone. Cet atelier s'est appuyé sur les conclusions du Rapport 2015 sur la compétitivité en Afrique, qui s'intitule " Transformer les économies d'Afrique. ". Ce rapport biennal est une publication conjointe de la BAD, du Forum économique mondial, de la Banque mondiale et, depuis 2015, de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

De nombreux participants représentant le secteur public, le secteur privé, les partenaires techniques et financiers, la société civile et des institutions de recherche, issus de chacun des pays francophones de la région (Bénin, Burkina Faso, Côte-d'Ivoire, Guinée, Mali, Niger, Sénégal, Togo) ont débattu des principales réformes à mettre en œuvre pour améliorer la compétitivité dans la sous-région. Cette journée de travail a également été l'occasion d'établir un dialogue avec les partenaires techniques et financiers présents à l'événement.

Le ministre ivoirien de l'Industrie et des Mines, Jean-Claude Brou, et le vice-président de la BAD en charge des programmes-pays, des programmes régionaux et des opérations, Janvier Kpourou Litse, ont procédé ensemble à l'ouverture officielle de la cérémonie, en présence du ministre ivoirien du Commerce, Jean Louis Billon. " En Afrique de l'Ouest francophone, la contribution du secteur privé au développement socio-économique reste en dessous de son potentiel et une analyse approfondie de la trajectoire de développement de la région souligne le besoin urgent de renforcer et d'accélérer le développement du secteur privé "n a déclaré le représentant de la BAD. Le ministre Jean-Claude Brou a mis l'accent sur la nécessité de poursuivre les réformes entreprises par la Côte d'Ivoire afin de promouvoir l'industrialisation et atteindre l'émergence.

Après la session d'ouverture, El-hadj Bah, économiste chercheur principal, a donné un aperçu général du rapport, avant de mettre l'accent sur les pays de la sous-région : en dépit des nombreuses réformes entreprises dans plusieurs pays de la région pour améliorer leur climat d'investissement et l'environnement des affaires, la compétitivité dans ces pays laisse encore à désirer. La Côte d'Ivoire, qui a fait un bond spectaculaire de 24 places entre 2014/2015 et 2015/2016, est le pays le mieux classé de la sous-région, occupant le 91rang mondial. Suivent le Sénégal (110e), le Bénin (122e), le Mali (127e) et enfin la Guinée, qui occupe la dernière place du classement, la 140e.

Infrastructures, santé, enseignement primaire et supérieur, formation, technologies, taille du marché et innovation sont au nombre des défis les plus sérieux auxquels les pays de la sous-région sont confrontés. Une analyse plus détaillée de l'environnement des affaires révèle que, du côté des entreprises de la sous-région, l'accès limité au financement, la corruption, le taux d'imposition, la formation inadéquate de la main d'ouvre et l'instabilité des politiques publiques leur sont les freins les plus importants.

Après la présentation, un premier panel de haut niveau comprenant le ministre Jean-Louis Billon a permis de débattre plus en détails des défis ainsi identifiés et d'esquisser des solutions pour que les pays de la sous-région puissent pleinement tirer profit des opportunités que recèle le commerce direct et indirect des services. Dans l'après-midi, un deuxième panel dédié à la transformation du secteur agricole a mis en exergue le rôle de ce secteur pour améliorer la compétitivité. Par la suite, des groupes de travail ont été constitués avec les participants pour se focaliser sur des thèmes précis : rôle du secteur public (institutions, environnement macroéconomique, corruption, taxes) ; rôle du secteur privé (financement de l'économie par les banques et les marchés financiers, ouverture technologique, sophistication des entreprises, innovation) ; participation du secteur privé dans le financement des entreprises ; et intégration régionale. Les questions de formation, de santé et d'égalité des genres ont été abordées dans chacune des thématiques envisagées au sein des groupes de travail.

Cet atelier a permis d'esquisser plusieurs recommandations et d'identifier les actions à mener en priorité pour doper la compétitivité des pays de la région.


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