CoDA Participants Reactions

30/11/2009
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Mme Rosalie Diop, Société civile, Consultante en micro finance et formatrice à la faculté des sciences économique, Université de Dakar

« En effet, au temps fort de la crise financière, la BAD a mis un milliard de dollars à la disposition du commerce en Afrique…  Où est passé cet argent ? Comment est-il géré ? Je souhaite qu’il y ait un autre regard sur toute micro finance à l’échelle de toute l’Afrique ».

Question : Quelles sont vos attentes à cette rencontre de la Coalition du dialogue sur l’Afrique (CoDA) qui va tenter de lancer un dialogue sur les réponses de l’Afrique face à la crise financière planétaire ?

Réponse : Je souhaite surtout qu’il y ait un autre regard sur la micro finance à l’échelle de toute l’Afrique. Une loi supra nationale sur la micro finance existe depuis 1995 et elle est appliquée seulement dans les huit pays de l’Union économique ouest africaine (UEMOA). Il faut la vulgariser. Je pense que la CoDA doit se l’approprier, et l’a faire appliquer dans les autres régions d’Afrique, car la micro finance, est à mon avis, la seule issue pour que le continent sorte de la crise. Je suis heureuse de savoir que la BAD, notre institution financière l’ait bien comprise.

Même si beaucoup reste à faire, je voudrais profiter de l’occasion que vous m’offrez, en participant à cette rencontre de haut niveau, pour féliciter le Groupe de la BAD pour son action envers les opérateurs économiques africains, notamment en ce qui concerne le financement du commerce. En effet, au temps fort de la crise financière, elle a mis un milliard de dollars à la disposition du commerce en Afrique. Je voudrais savoir où est passé cet argent ? Comment est-il géré ? Et comment accéder à ce financement ? Telles sont mes préoccupations.

Mr. Zemedeneh Negatu, Ernst & Young, Addis-Ababa Managing Partner

“At the end of the day, there will be winners and losers in Africa…. Some African countries still need to implement good governance… Some countries are in the right path…”

Question: What may be the expectations of Ernst & Young in such a meeting?

Answer: My understanding in this kind of gathering is to help policy makers to focus on public and private sectors as ways of development. The meeting will help formulate new ideas and execute the ones that were already proposed in the past. We, as private sector, are already prepared to contribute to the thought leadership, the reason why we are here. Private sector in Africa plays a significant role in the economic transformation of the continent.

Some African countries still need to implement good governance. Some countries are in the right path

One of the biggest challenges African countries are facing is governance. It is not a lack of resources (financial and human capital). The continent is endowed with lots of resources; however, where many countries are failing is good governance, unfortunately.  Therefore, this CoDA meeting is designed to contribute to promoting good governance in those countries that still have challenges in implementing it. Agenda on good governance needs to be implemented both in the public and private sectors; that is within the PPP context, to be effective.

The meeting is also designed to discuss the best practices in good governance and how could those practices be best implemented in those countries that are still lagging behind. Some countries are in the right path. Botswana for example is a good example of countries that have adopted best practices of good governance in the continent. The country’s economy has been growing for some time now. Progress has been made in key sectors like, social, education and democracy,

Question: Some African leaders purposely are regardless about recommendations made in such meetings. They are against good governance and democracy. CoDA is the voice of the voiceless. What can it do to urge our leaders to look at the peoples’ sufferance?

Answer:  CoDA aspires to become the voice of the voiceless in the continent. However, we need to be very careful about painting all of Africa with a negative brush, because there are 53 countries in Africa, and many of them have transformed their economies, their democracy as well as the social sector. We need to acknowledge reforms achieved in many African countries. We are aware that few of them are still exhibiting negative behaviours, but in fact, they don’t represent the entire continent. At the end of the day, there will be winners and losers in Africa. Those countries that have reformed their economies, or are in the reform path will be in the winners’ camp. Those who don’t will be in the losing camp.

Question: What role do you think the AfDB should play in this context?

Answer: The AfDB, as the most respected financial institution, not only in Africa, but in the world, already plays a significant role in the continent’s economic and social transformation, by providing financial resources, as well as thoughts leadership. Therefore, the CoDA, as a joint AfDB, UNECA and the African Union, is also a reflection of the AfDB’s influential role in Africa.

Ambassador John Kayode Shinkaiye, Chief of Staff, Bureau of the African Union Chairperson

The AfDB is our host and one of the initiators of the CoDA. Its role is crucial in this meeting, as well as in the CoDA as a project. It has been working closely with the UNECA and the African Union in mobilizing the continent’s responses in the global economic crisis. To date, I feel a good job has been done. CoDA contributes from different perspectives. I think we need to insist on governance. Discussions that will be held in Tunis will determine the way forward. From the first round of discussions, I feel there is room for hope.

Louis Keumayou, directeur de l’information, TELESUD

Dans cette interview que nous a accordée Louis Keumayou, directeur de l’information, Telesud, il s’exprime sur l’opportunité de la création de la Coalition pour le dialogue sur l’Afrique (CoDA) et nous entretient sur la place et le rôle des médias africains dans le processus de développement du continent. Lire l’entretien exclusif.

Question : Quels sont vos attentes en venant couvrir ces assises « de haut niveau » sur le développement de l’Afrique ?

Réponse : Cette réunion de la Coalition du dialogue sur l’Afrique (CoDA) n’aura de l’importance que si elle apporte des réponses originales par rapport aux situations sur le terrain. Ce n’est pas lors de discussions entre organismes que nous aurons des réponses adéquates à la crise. Les recommandations serviront de trame pour les participants, pour aller échanger avec les populations qui sont chaque jour, confrontées aux conséquences de la crise. Je me réjouis de la forte représentation de la société civile et d’experts africains à cette réunion. Je souhaite qu’ils en profitent pour tirer le meilleur parti, et au retour dans leurs pays respectifs, qu’ils puissent relayer les conclusions de cette réunion de haut niveau, (NDLR : CoDA), qui n’est ni plus ni moins qu’une boussole.

Une fois ces étapes franchies, il faut apporter un appui financier et institutionnel aux populations. En effet, à la différence des pays occidentaux qui se sont endettés pour leurs plans de relance économique, ce sont les citoyens africains qui ont besoin de crédits, tout comme les Etats d’ailleurs. Les citoyens se tournent vers les Etats qui, à leur tour, se tournent vers les institutions. Si cette rencontre peut permettre aux populations et aux Etats africains d’accéder plus facilement aux crédits, ce sera un pas franchi dans la sortie de crise, en d’autres termes, je dirai qu’il s’agira d’une bonne réponse à la crise. Il faut donc une approche qui nous permette d’être un peu plus proche de la réalité et de l’originalité. Vous convenez avec moi, que nous ne sommes pas, comme je l’ai souligné plus haut,  dans le cadre approprié pour obtenir des réponses concrètes à la crise. Au-delà des bonnes intentions qu’affichent les membres de la CoDA, je pense qu’il faut une forme de lobbying en faveur des pays africains, pour plaider la cause des populations auprès de bailleurs de fonds et des partenaires au développement.

Question : Sans s’inquiéter, nous constatons malheureusement que l’aide au développement est parfois détournée par certains leaders. Quelles solutions préconisez-vous ?

Réponse : Je pense que nous devons insister sur la qualité de la gouvernance en Afrique. En tant qu’Africains, nous conseillons à nos leaders de prendre, au cours d’une journée, une minute de leur temps pour mesurer la souffrance de leurs populations, afin de se rendre compte des difficultés auxquelles elles sont exposées lorsque les ressources qui leur sont destinées ne leur parviennent pas. Aujourd’hui, il existe une nouvelle technologie qui permet de savoir quelle est la première poche dans laquelle l’argent des bailleurs est tombé. Il faut qu’au niveau des banques, on commence à tracer l’argent qui rentre en Afrique.

Question : Que faire concrètement pour éliminer cette délinquance financière ?

Réponse : Il faut prendre les mêmes mesures que celles qui ont été prises en Angleterre pour éradiquer le phénomène de la délinquance financière. Cela peut servir. Il ne s’agit pas du travail d’une seule personne. Il faut s’entendre sur un code de bonne conduite et de traçabilité.

Question : Qu’est-ce qui a été fait en Angleterre pour enrayer le phénomène ?

Réponse : En fait, personne n’imaginait qu’on pouvait arrêter par exemple les violences dans les stades. Mais en tapant là où ça fait mal, la police a pu empêcher les hooligans (NDLR : Des passionnés du football, qui tabassaient les supporters de l’équipe adverse, en marge des rencontres) d’aller sur les stades et de transformer les matches de football en séance de pugilat. Il faut donc prendre des mesures draconiennes qui frappent les leaders sans pénaliser les populations.

Question : Selon vous, quel rôle peut jouer la BAD dans la mise en place de ce code de bonne conduite et de traçabilité ?

Réponse : La BAD est incontournable. Elle est la plus compétente des institutions financières internationales, pour prendre des mesures. Il faut la conforter dans sa position de leader et lui concéder une très bonne place, pour lui permettre de jouer pleinement ce rôle. Quand on parle de plan de financement aujourd’hui, les institutions qui sont les plus visibles, se sont : la Banque mondiale et le FMI et non la BAD. Récemment, j’ai couvert une conférence sur l’annulation de la dette des pays pauvres très endettés. On y a évoqué tous les partenaires au développement du continent africain, sauf la BAD. Nous n’avons donc pas ressenti la présence de la BAD. Or, en matière de développement du continent africain, l'institution considérée aujourd’hui comme référence, c’est bien la BAD. Elle doit étre la seule porte d'entrée de l'argent en afrique.

Elle a établi récemment un rapport sur le transfert de fonds des migrants africains vers leurs pays d’origine et je suis convaincu que c’est sur la base de ce rapport que la plupart des banques occidentales essaient de briser le monopole que détiennent certains opérateurs sur ce marché. Or, là aussi, le travail de la BAD est passé sous silence.

Il faut que les Etats et les partenaires au développement de l’Afrique sachent, une fois pour toute que la porte d’entrée des finances en Afrique est bien la BAD. La BAD, de son côté devrait mettre ses griffes sur ses initiatives. Il faut aller vers les populations, tant en Afrique qu’en dehors, parce que le discours qui doit être entendu aujourd’hui, c’est que l’Afrique a besoin d’être appuyée dans ses efforts de développement. Il ne s’agit pas à la fois de penser le développement du continent à la place des africains, mais d’appuyer les initiatives que les africains prennent dans ce sens.

Question : Que pensez-vous de la formule chinoise qui établit que «la meilleure forme d’aide est celle qui nous permet de nous passer de l’aide ? »

Réponse : J’adhère pleinement à cette philosophie, car sur un plan strictement humanitaire, aider n’est pas une action coupable. Mais si on met cela à l’échelle de l’économie mondialisée, aider n’est pas toujours une action innocente, même si ça part d’un bon sentiment. Prenez le cas de l’aide alimentaire dont sont inondés certains pays africains. Elle permet peut-être de répondre à des besoins immédiats, cependant, elle contribue à casser le tissu économique local, puisque ces produits qui entrent sur le continent sans paiement de taxes douanières, sont souvent détournés et se retrouvent sur le marché intérieur en concurrence frontale avec ceux produits localement.

Du coup, en aidant certaines personnes à s’alimenter, on crée un cercle vicieux de dépendance dans lequel, ni les bénéficiaires de l’aide, ni ceux qui n’en avaient pas besoin, sont dépendants de l’extérieur. C’est pourquoi, je suis farouchement convaincu que le développement du continent africain ne sera pas financé par le biais de l’aide publique au développement.

Question : Les médias occidentaux véhiculent des images de l’Afrique qui sont visiblement contraires aux réalités. Vous, en tant que responsable de l’information et de surcroît sur une chaîne panafricaine, quel commentaire cela suscite-t-il de votre part ?

Réponse : Nous ne pouvons pas blâmer les médias occidentaux d’avoir un regard différent sur l’Afrique. Au plan financier, ils ont toutes leurs attaches en occident. Ceux qui pourraient tenir un discours différent, ce sont les journalistes et les médias africains. L’intérêt des médias africains est que l’Afrique se développe et que leurs entreprises prospèrent, puisque « dans entreprise de presse, il y a entreprise ».

Question : C’est-à-dire ?

Réponse : Ces médias africains, sont des acteurs du développement à part entière. Ils ont des salariés, ils paient des impôts et leur sensibilité est africaine. Ce qu’il faudrait aujourd’hui, c’est que leur discours puisse porter au-delà des frontières africaines pour apporter la contradiction à leurs homologues de la presse étrangère.

Question : Plusieurs rencontres se sont tenues pour déterminer le rôle des médias africains dans le développement du continent. Est-ce que ce thème est encore d’actualité ?

Réponse : Il ne faut pas oublier que le 3 mai, journée mondiale de la liberté de la presse est une initiative des journalistes africains. La déclaration a été lancée à Windoeck, en Namibie en 1975. Juste pour vous dire qu’au plan de la conscience et de la compétence professionnelle, les journalistes africains ne valent pas moins que les autres. Toute la différence se situe au niveau des moyens. Il faut qu’en Afrique et dans le monde, les Etats, les organisations publiques et privées, sachent que les médias sont avant tout leur partenaires. Les médias, comme je l’ai souligné plus haut, c’est comme des entreprises qui doivent être pérennisées. Il y a du matériel et des ressources à entretenir et des charges à payer. A partir de là, il est important pour les parties, que ce partenariat soit gagnant gagnant.

Question : C’est-à-dire ?

Réponse : C’est-à-dire que les médias et les institutions puissent chacun tirer un bénéfice concret de ce partenariat, pour permettre aux médias de jouer pleinement leur rôle. Ce, en contribuant à la formation des journalistes aux défis du continent, et à la pérennité des entreprise de presse.

Question : Un dernier mot concernant le rôle que peut jouer la CoDA ?

Réponse : Aucune initiative n’est en trop lorsqu’il s’agit de penser au développement durable du continent africain. J’espère que la CoDA saura se montrer originale et plus opérationnelle que les autres fora qui l’ont précédée.

UNECA Trade Director, Emmanuel Nnadozie

I think governance is improving across the continent. The CoDA is designed to provide a platform of frank discussions that would contribute to promote dialogue on the continent’s development. The meeting will also examine ways to boost African economic development, by looking at the best ways to reinforce actions that have been taken in regional and international levels. The topics of the meeting will also offer the opportunity to draw lessons from past economic development actions and find the way to get out of the crisis, for economic growth.

M. Abdoulaye Bathily, professeur et coordinateur, CoDA

Question : Cette rencontre est-elle indispensable pour l’Afrique ?

Réponse : Pour nous, elle est indispensable. Alors que le continent sort progressivement de la crise, il est normal de tenir ce genre d’assise de haut niveau, pour échanger des informations et nous confronter dans nos analyses. Cette rencontre est capitale pour le continent africain. Voyez, vous-mêmes la qualité des participants (NDLR : la société civile, les experts …). Vous savez, le déroulement de la crise financière actuelle et la redistribution des cartes qu’elle opère à l’échelle mondiale offre des opportunités à notre continent pour amorcer sa sortie du cercle vicieux de la stagnation et de la dépendance. Le CoDA entend supporter sa contribution à une redéfinition des paradigmes du développement africain et surtout à l’émergence d’une nouvelle praxis dans l’espace public et l’action citoyenne en Afrique.

Cette rencontre est opportune et offrira donc l’occasion aux décideurs d’entendre la voix des sans voix, et pour apporter une contribution aux spécialistes. Nos économies ont besoin d’être restructurées, avec à la clé, le renforcement de la gouvernance. Le continent vit une crise de la gouvernance et de leadership. Le manque de leadership est un frein au développement du continent. Des décisions prises, mais non suivies sont également à la base de nos difficultés. Nous saluons le leadership de la BAD dans l’initiative.

Dr. Frene Ginwala, Former Speaker of the South African Parliament, Gauteng, South Africa

Question: What are your expectations?

Answer: We are glad this is an African initiative for Africa’s development. Women represent 54% of the continent’s population. I strongly wish that women’s thinking be included in overall discussions. Let’s wait and see the outcome of discussions.


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