Education : les bienfaits d’un collège « rural » au Maroc

20/05/2013
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Les écoles publiques (primaire, collège et lycée) se multiplient à travers le territoire marocain, au plus grand bonheur des enfants – et des parents. Aperçu, avec le collège de Toualaa.

A peine sorti de terre, le collège de Toualaa, petite commune rurale lovée dans la province de Benslimane, dans la région de Chaouia-Ouardigha, a vite dû rehausser ses ambitions.  Mohamed Manchour, directeur de l’établissement scolaire, n’en est pas peu fier : « A l’ouverture du collège, nous avions prévu de ne mettre en place que la 1e année. Mais face à la demande des parents et des élus municipaux, nous avons ouvert des classes de 2e et 3e année ».  Et d’ajouter : « La population nous en est très reconnaissante, surtout pour les filles, car il faut savoir que la région est très conservatrice. Il était donc difficile pour les parents d’envoyer leurs filles loin de chez eux. Aujourd’hui, les choses sont différentes, c’est vraiment un grand changement. »

Grâce au nouveau collège, les enfants des environs peuvent désormais espérer, comme Fatiha, 13 ans : « Aujourd’hui, je sais que je pourrais finir mes années de collèges. Le collège est super, il est près de chez moi. Si j’avais dû partir loin, mes parents auraient été obligés de me louer un moyen de locomotion, sans parler des difficultés. » Dans la commune, tous les parents ne peuvent se permettre le luxe de payer le transport pour leurs enfants. Loin de là. Et les enfants ont bien conscience de la charge que cela représentait pour eux. Comme Walid, qui habite à 5 km du collège de Toualaa : « J’aurais pu faire mes années de collège après le primaire, mais j‘aurais été obligé d’aller jusqu’à Benslimane. Cela aurait coûté cher à mes parents. »

Si le collège de Toualaa a pu sortir de terre, c’est grâce au Plan d’urgence de l’Education nationale (PUEN) qu’a lancé le gouvernement marocain. Devant s’étaler sur quatre ans, il vise à accélérer la mise en œuvre de la réforme découlant de la Charte nationale d’éducation et de formation (CNEF).

Concrètement, il s’agit de généraliser la scolarisation obligatoire à tous les enfants âgés de 6 à 15 ans, et d’améliorer la qualité de l’enseignement et du rendement du système éducatif – ce en quoi le PUEN touche à tout le système d’éducation et de formation du pays. Sont donc concernés élèves, personnel enseignant, administratif et de service, ainsi que les structures (même décentralisées) du ministère de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Formation des cadres. C’est dire si l’enjeu est de taille.

Aussi un Programme d’appui au PUEN a-t-il été décidé, afin d’appuyer les efforts que déploie le gouvernement marocain en matière de développement des compétences, de réduction de la pauvreté conformément au cadre de l’Initiative nationale de développement humain (INDH) et aux Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) à l’horizon 2015.

Outre l’engagement du ministère marocain de l’Education nationale, la BAD contribue à hauteur de 75 millions d’euros au Programme d’appui, au côté des autres bailleurs de fonds que sont l’Union européenne (UE), la Banque mondiale (BLM), la Banque européenne d’investissement (BEI), l’Agence française de développement (AFD) et de l’Agence espagnole pour la Coopération internationale au développement (AECID).