Environmental Protection: Engine of Economic Growth

29/10/2010
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"Pour qu’un pays atteigne le niveau  souhaité de croissance économique, il doit avoir les ressources nécessaires telles que l'énergie et autres ressources naturelles. Afin de rendre le développement économique durable, ces ressources doivent être utilisées de telle manière qu'il y en ait suffisamment pour la génération actuelle ainsi que  pour la future. Il est donc primordial d'assurer la conservation de l'environnement qui recèle ces ressources naturelles vitales.

C’est  l’ensemble de ces  enjeux de l'économie écologique qu'ont mis en perspective les participants à la session sur les questions environnementales qui s'est tenue dans le cadre de la Conférence économique africaine (AEC), le 29 octobre 2010. Le postulat de base est que la croissance économique est l'un des principaux objectifs dans le domaine de la politique macroéconomique.  Elle est considérée comme le seul véhicule de lutte contre la pauvreté qui est un grand défi dans la plupart des pays en développement.  

Une thèse universitaire en cours  a servi à la présentation faite par Mme Mercyline W. Kamande de l'Univesité de Dar Es-Salaam. Intitulée "‘The Economics of Clean Production in Kenyan Manufacturing Sector », elle s'appuie sur l’hypothèse dénommée « courbe environnementale de Kuznets (en anglais : « Environmental Kuznets Curve hypothesis») qui postule  qu’il existe une relation entre les émissions de dioxyde de carbone et le revenu par tête. Cependant, les expériences de nombreux pays montrent que la croissance économique entraîne une augmentation de l’utilisation des ressources et de la pollution, plus qu’elle n’est une solution aux problèmes environnementaux. Les conséquences de la négligence de la protection de l’environnement peuvent, selon elle, être drastiques. Cette étude examine le rôle de la protection de l’environnement en tant que moteur de croissance économique au Kenya en analysant la pertinence de la courbe environnementale de Kuznets. À l’aide de séries chronologiques de données issues des indicateurs de développement mondial pour le Kenya entre 1960 et 2006, une estimation quadratique de la courbe environnementale de Kuznets, entre les émissions de gaz carbonique par tête et le PIB par tête, est faite.  Cette étude relève la présence d’une relation cyclique. Du fait de ces résultats, la responsabilité de la protection de l’environnement ne peut dépendre passivement de la croissance économique; des efforts délibérés doivent plutôt être fournis pour garantir un environnement propre. Cela sera possible en menant une politique environnementale vigoureuse parallèlement à une politique de développement économique.

Bien qu’à la fois,  la conservation de l'environnement et la croissance économique soient  importantes pour l'existence humaine, il existe un débat  sur les questions suivantes : Combien de ressources de l'environnement devraient être exploitées afin d'assurer une croissance économique rapide ? Une dégradation de l'environnement  n’a  t- elle pas été une source de nombreux défis dont certains  peuvent compromettre les objectifs macroéconomiques de la croissance économique et la réduction de la pauvreté ?

Au cours des discussions, il est apparu la nécessité pour l'Afrique de faire  croitre la croissance tout en ayant pour préoccupation son environnement afin que cette croissance n'ait pas des effets négatifs..Toutefois, la principlae interrogation réside dans le fait de savoir si les politiques empruntées à l'occident sont applicables sur le continent? En outre, l'Afrique pourra t-elle atteindre un seuil de revenu suffisant pour commencer à faire décliner la croissance des émissions de carbone? Pourtant, même si la maîtrise des émissions de  carbone  a un coût élevé, l'Afrique n'a pas d'autre choix que de s'engager dans la préservation de l'environnement. Toutefois, pour ce faire, l'étude semble marquer quelques faiblesses méthodologiques, Le Kenya qui sert de terrain d'éude enregistre 450 dollars par habitant. Or, d'après la courbe de Kuznets le point d'inversion est placé au niveau de 4000 dollars par habitant pour qu'un pays  puisse commencer à utiliser les mécanismes propres. Cette comparaison a amené les intervenants à poser l'examen d'un recours à d'autres modèles plus adaptés à l'Afrique.

Par ailleurs, l'étude rappelle que la crise des changements climatiques qui est responsable du réchauffement climatique menace l'existence même de l'humanité et la disponibilité de suffisamment de ressources naturelles pour assurer la durabilité de la croissance économique. L'expérience de plusieurs pays nouvellement industrialisés, insiste-telle, montre qu'ils sont plus pollués aujourd'hui qu'ils ne l'étaient vingt à trente ans auparavant. Au contraire, les villes dans les vieux pays industriels, sont plus propres qu'ils ne l'étaient vingt à trente ans auparavant. Ce paradoxe apparent soulève la question de savoir si les hauts niveaux de revenu  sont la résultante d’un environnement meilleur. Le paradoxe peut être mieux compris en se référant à deux écoles de pensée. Les partisans de la croissance intelligente font valoir que le développement économique devrait être intégré à la qualité de la communauté de vie en préservant l'environnement naturel.

Cela implique que pour assurer une croissance économique durable, les ressources de l'environnement doivent être utilisées de manière responsable, car la plupart d'entre elles sont non-renouvelables et certaines des conséquences de la dégradation de l'environnement sont irréversibles. L’autre école de pensée est  fondée sur le "croissance tout azimut ",  point de vue qui met l'accent sur une croissance économique plus rapide, plutôt que sur la formation de politiques écologiques, car la croissance économique est perçue comme étant en mesure d'atteindre les objectifs économiques et environnementaux, tandis que la mise en œuvre des politiques environnementales est susceptible d'entraver la croissance économique. Cela implique que les pays devraient avoir la possibilité de se développer économiquement  avec des activités préjudiciables à l'environnement. Les partisans de cette politique font valoir, en outre, qu'il est possible de permettre  une dégradation initiale de l'environnement pour accélérer la croissance économique  en faisant en sorte que les revenus réalisés soient utilisés pour la gestion de l'environnement.  En définitive, le débat sur le juste équilibre entre la protection de l'environnement et la croissance économique continue devrait encore prendre de l’amplitude avec les changements climatiques observés.