Forum sur les infrastructures inclusives en Afrique du Sud : quand intégration régionale et statut des femmes ont partie liée

22/06/2016
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Un débat ministériel sur l’intégration régionale et le genre s’est tenu dans la foulée de l’ouverture officielle du Forum sur les infrastructures inclusives, jeudi 9 juin 2016, à Johannesburg, en Afrique du Sud.  L’importance de la quatrième des cinq priorités (“Top5”) de la BAD – Intégrer l’Afrique – a ainsi été soulignée, notamment la nécessité d’augmenter la taille de nos marchés. 

Geraldine Joslyn Fraser-Moleketi, envoyée spéciale du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) en charge des questions de genre a présidé le débat, auquel participaient  le ministre ougandais des Travaux publics et des Transports, John Byabagambi ; le ministre malien de l’Équipement, des Transports et du Désenclavement, Mamadou Hachim Koumare ; Elham Mahmoud Ahmed Ibrahim, Commissaire en charge de l’Energie et des Infrastructures à la Commission de l’Union africaine ; et la spécialiste des infrastructures Tas Anvaripour, du groupe émirati Abraaj.

Les participants se sont penchés sur  les défis relatifs à l’intégration régionale, notamment ceux liés au transport des personnes et des biens.

Tas Anvaripour en est convaincue : des actions concrètes doivent être menées s’agissant notamment des partenariats au niveau des projets. Le projet de voie ferré Mombassa-Kigali a, par exemple, été réalisé en moins de quatre mois, grâce une bonne coordination du gouvernement et des partenaires au développement ainsi qu’à la tenue de réunions régulières.

La difficulté d’obtention des visas demeure un problème majeur et nécessite entente et volonté politique de la part des Etats concernés, ont convenu les participants.

Le ministre ougandais John Byabagambi a cité l’Afrique de l’Est comme exemple en matière de libre circulation des citoyens et d’accessibilité du visa pour les touristes. Par ailleurs, l’Union des douanes y facilite le commerce inter-régional et l’inter-connectivité ; le réseau téléphonique mobile y est unique, ne nécessitant ni code ni  « roaming », ce qui réduit les coûts et facilite les transactions, aussi bien entre particuliers qu’au niveau commercial. « Notre pays a beaucoup d’expérience en matière d’infrastructures. Nous donnons la priorité à la technologie qui est à la base de tout développement. Par ailleurs, nous nous efforçons de garantir des marchés accessibles en priorité aux femmes » a-t-il déclaré.

Selon Elham Mahmoud Ahmed Ibrahim, l’intégration régionale est indispensable pour développer les économies africaines. C’est la raison pour laquelle l’Union africaine a mis en place son projet de passeport africain unique. « Le continent africain pourrait bientôt devenir sans frontières avec l’introduction d’un passeport africain dans le cadre de l’Agenda 2063 de l’Union africaine.  Ceci améliora la circulation des citoyens et des biens » a-t-elle déclaré.

De son côté, le ministre malien a  réaffirmé la libre circulation des personnes dans la zone de l’UEMOA et de la CEDEAO, ainsi que le développement des routes d’intégration régionale. Il a évoqué le G5 Sahel, qui s’inscrit dans une forte tradition d’intégration régionale en matière de développement économique et de lutte contre le terrorisme. « Nous créons des routes qui permettent de relier des points sociaux et économiques de développement, et nous nous attachons à aider les femmes dans leurs activités notamment par le développement de plateformes multifonctionnelles pour le développement agricole et industrielle », a expliqué Mamadou Hachim Koumare.

Les panélistes se sont accordés sur le fait que les conditions de  réussite de l’intégration régionale sont essentiellement du ressort de la volonté et de la détermination politique des chefs d’Etats, de l’engagement des communautés régionales, de projets bancables et de la pression des populations.

Pour sa part, la Banque africaine de développement continue, massivement et aux côtés des gouvernements africains, des partenaires au développement et du secteur privé,  à investir dans des infrastructures régionales de haute qualité – particulièrement les voies ferrées, les autoroutes transnationales, les interconnexions électriques, les techniques de l’information et des télécommunications et le transport aérien et maritime.