Interview with Ahlin Byll-Cataria, Executive Secretary, Association for the Development of Education in Africa

14/05/2009
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ADE

Dans cet entretien, Ahlin Byll-Cataria, secrétaire exécutif (ADEA), exprime sa satisfaction pour la qualité de l’organisation et pour la pertinence des thèmes discutés aux Assemblées annuelles à Dakar.

«Investir dans l’éducation et la formation en Afrique, c’est préparer les générations africaines futures à penser le développement en termes de vision pour l’avenir, et non plus en termes de gestion de crises et de situations d’urgence», martèle ce spécialiste en éducation et en développement. Interview.

Question : Vous êtes le secrétaire exécutif de l’Association pour le développement de l’éducation en Afrique (ADEA) dont le secrétariat est rattaché au complexe de la vice présidence des opérations (OSVP). A ce titre, vous participez pour la première fois aux Assemblées du Groupe de la BAD à Dakar. Quels sont vos sentiments après ces deux jours de travaux ?

Réponse : Je voudrais tout d’abord exprimer mon appréciation à tous les collègues de la BAD qui se sont mobilisés pour travailler d’arrache-pied depuis plusieurs semaines, à la réussite de ces assises au Sénégal. J’ai été impressionné par la qualité, l’efficacité de l’organisation et leur extrême courtoisie et gentillesse. Venant d’un autre horizon [ndlr : Département fédéral des affaires étrangères, Suisse] et ayant participé à beaucoup d’autres grande conférences, j’ai éprouvé beaucoup de fierté pour mes collègues de la BAD. L’Association pour le développement de l’éducation en Afrique (ADEA) a su tirer profit de sa présence à Dakar, à travers sa participation à divers débats.

Question : Dans quelle mesure peut-on dire que les activités de l’ADEA sont liées au thème des assemblées «L’Afrique face aux défis de la crise financière » ?  

Réponse : Vous savez que l’histoire à montré dans toutes les régions du monde que les pays qui ont réussi leur développement sont ceux qui ont su développer des systèmes d’éducation et de formation très performants. L’éducation est donc le socle de tout développement. Le Groupe de la BAD est l’institution continentale qui investit le plus dans différents secteurs de développement (éducation, santé, agriculture, eau, énergie, infrastructures). D’où la nécessité pour l’ADEA de profiter de sa présence au sein de la BAD à Tunis, pour travailler étroitement avec les départements de cette institution. D’autre part, lorsqu’il y a crise financière, les premiers secteurs touchés, sont souvent ceux du développement social et en particulier de l’éducation. Alors que ce sont les secteurs à stimuler parce qu’il s’agit des secteurs susceptibles de renforcer les compétences des communautés, et leurs capacités à rechercher des solutions alternatives à la crise. Raison pour laquelle d’ailleurs, la BAD, la Banque mondiale et l’ADEA co-organisent à Tunis, du 15 au 17 juillet prochain, une conférence avec 30 ministres africains des finances et 30 ministres de l’éducation, pour débattre de la nécessité de poursuivre les efforts actuels de financement de l’éducation et de la formation professionnelle, en dépit de la crise financière. Investir dans l’éducation et la formation en Afrique, c’est préparer les générations africaines futures à penser le développement en termes de vision pour l’avenir, et non plus en termes de gestion de crises et de situations d’urgence.

Question : Quelles autre appréciation portez-vous sur les sessions auxquelles vous avez participées ?

Réponse : J’ai été interpellé par l’analyse du président Kaberuka sur la portée de la crise financière en Afrique. En effet, il a souligné les difficultés auxquelles sont confrontés certains pays et démontré les efforts réels consentis par beaucoup d’autres, pour résister à la crise, avec des résultats probants dont d’autres pays du continent pourraient s’inspirer. Cela tranche avec l’afro-pessimisme auquel nous habituent certains journaux dans leur analyse sur l’Afrique.

Les thèmes traités dans les ateliers parallèles étaient très enrichissants, la discussion sur la formation professionnelle des jeunes et sur « La communauté de pratiques pour la gestion du développement par les résultats ». La place faite aux organisations de la société civile est un élément très appréciable à souligner.

Je puis dire en conclusion, en tant que représentant de l’ADEA à ces assises, qu’il est urgent pour moi, dès mon retour à Tunis, de prendre contact avec les collègues des départements de la BAD en vue d’explorer les pistes possibles de synergie ou de complémentarité entre leurs activités et les nôtres.