Interview with Comoros’ Planning Commissioner, Ms. Soifiat Tadjiddine Alfeine-The Fragile States Facility has enabled the Comoros to get access to more resources

12/11/2010
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Soifiat Tadjiddine Alfeine

L’Union des Comores bénéficie de la Facilité des Etats fragiles (FEF) de la Banque africaine de développement (BAD) pour appuyer ses efforts de reconstruction post-crise.  Un des axes majeur de cette assistance est le renforcement des capacités.  Pour Mme Soifiat Tadjiddine Alfeine, Commissaire Général au Plan, l’appui de la FEF a  été d’une grande utilité pour son pays, en ce sens qu’il a permis aux Comores de finaliser le Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté, de renouer les relations  avec les bailleurs, de s’engager dans le processus de l’Initiative  en faveur des Pays Pauvres Très Endettés (PPTE) et d’accéder à plus de ressources.  

Question : Vous venez de participer à Tunis une rencontre sur l’efficacité de l’aide.  Que retenez-vous de cette rencontre ?

Réponse : Cette réunion revêtait un caractère  majeur pour  l’Union des Comores  qui vient à peine de rentrer dans le processus.  Il y a  seulement un an  que nous avons adhéré à la Déclaration de Paris sur l’efficacité de l’aide ; et ce n’est que cette année que nous venons d’entrer dans le processus d’évaluation des engagements de la Déclaration.  Les échanges  d’information et d’expériences avec d’autres pays  ainsi que  la détermination d’une position commune des Etats fragiles ont été utiles pour nous.

Question : Pour parler d’Etats fragiles, l’Union des Comores bénéficie de l’appui  de la Facilité en faveur des Etats fragiles (FEF) de la BAD.  Comment cette assistance  est-elle perçue par  votre gouvernement ?

Réponse : L’appui de la BAD est arrivé à un moment où notre gouvernement venait de reprendre les relations avec la plupart de ses partenaires.  Et  le pays avait beaucoup de problèmes de capacités à  répondre aux critères devant permettre d’accéder  à des ressources.  L’appui de la FEF nous a  permis de relancer beaucoup d’activités pouvant déboucher sur l’accès à des financements plus importants et notamment  à un  programme avec le Fonds Monétaire International.

L’utilité de la FEF n’est pas à démontrer

Question : C’est donc dire  l’utilité de la Facilité face aux nombreux besoins et défis de développement  de votre pays.

Réponse : Cette utilité n’est pas à démontrer.  Un des meilleurs indicateurs est que nous avons utilisé la totalité des fonds pour renforcer les capacités du pays, même si nous n’avons pas encore acquis le niveau requis.  Mais cela nous a permis de nous lancer dans plusieurs processus  dont celui menant vers le Point achèvement de l’initiative PPTE.

Question : Une des composantes de l’intervention de la Facilité a été le renforcement des capacités.  Quels sont à cet effet les secteurs majeurs qui ont  besoin d’être renforcés ?

Réponses : En termes de capacités,  il faut dire qu’une crise de dix ans crée beaucoup de problèmes. La crise à fait partir à l’extérieur beaucoup de nos capacités.  C’est donc dire l’immensité des besoins. 

Mais l’appui  de Facilité au ministère des Finances et  au Commissariat Général au Plan  a permis de relancer la finalisation du Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté (DSRP) et  son mécanisme de mise en œuvre.  Il a aussi permis, pour la première fois, certaines réformes, comme celle du code fiscal.  Tout cela crée encore le besoin d’avoir beaucoup plus de ressources ; mais le plus important est de pouvoir avoir la capacité d’accéder à des ressources plus importantes.

Question : Vous l’avez dit, il y a eu  un important départ de capacités à l’extérieur du pays. Quelles actions comptez-vous prendre  pour bénéficier du concours  de la diaspora?

Réponse : Il y a eu une importante fuite de cerveaux.  Cela dit, depuis  très longtemps, du fait  de la configuration du pays, il y a une  grande population comorienne  installée à l’étranger. Il est devenu une priorité pour le gouvernement de voir comment cette diaspora peut formellement servir de levier, vu qu’elle joue un rôle majeur auprès des communautés. Le gouvernement a besoin de mettre en place une stratégie pour déterminer comment bénéficier du soutien de cette diaspora, tant au niveau  des fonds transférés que  des capacités techniques.  

La diaspora doit servir de levier

Question : En quoi la  réforme du code fiscal  qui a également bénéficié de la FEF  pourrait avoir un impact positif sur le taux de croissance ?

Réponse : La réforme du code fiscal était une des actions  les plus importantes que notre pays devait mener.  Et les fonds de la Facilité ont permis  pendant un an de faire un travail important, et notamment la révision du code fiscal et  l’élaboration de la charte du contribuable.  Le code est en ce moment en cours d’approbation à l’Assemblée.  Et le travail de restructuration  de l’ impôt  et de  création de la  documentation  demande à être consolidé par  la réorganisation des services de l’ impôt  et  la création de liens de collaboration étroite entre les impôts et le secteur privé.  Pour ce qui est de l’impact, la réforme du code fiscal  va nécessairement engendrer une hausse  des recettes fiscales, afin de permettre au pays de rétablir les équilibres macro-économiques et de relancer la croissance.

Question : La FEF vous a  également assisté dans les travaux du DRSP.  Quels en sont les principaux axes d’orientation ?

Réponse : Depuis 2002, nous avions un DRSP intérimaire.  Et malgré l’octroi de subventions de la Banque mondiale et des Nations Unies, le pays, faute de capacités, n’a pu  finaliser  sa Stratégie.  Nous avons utilisé une grande partie des fonds de la Facilité pour finaliser les travaux en 2009.  Nous avons donc depuis cette date le  premier DRSP qui couvre  la période 2010- 2014.  La  Stratégie a  eu le mérite de regrouper l’ensemble des composantes de la population : secteur public, secteur privé,  forces politiques, etc.  Tout le monde s’est mis autour d’une même table pour identifier les besoins du pays.  Ce qui,  en soi pour un Etat fragile qui sort de crise est  important.  Il ressort  du DRSP que les Comores ont besoin d’améliorer le niveau de vie des populations en matière d’éducation et de santé et surtout de créer les conditions  de relance de la croissance.  Le  DSRP met aussi l’accent sur la qualité des infrastructures et de l’eau qui est un domaine où intervient également une partie des fonds de la Facilité.  L’eau étant un secteur important pour  un pays insulaire.


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