Interview with Gilbert Mbesherubusa, Director, Infrastructure, AfDB - The Financial Crisis, AfDB and Infrastructure

13/05/2009
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Question: Quelle est la stratégie de la BAD pour le développement des infrastructures en Afrique ?  

Réponse: Tout d’abord, je voudrais dire, comme on pourrait s y attendre, que la BAD a une vision pour les infrastructures, une vision partagée avec ses partenaires africains.  L’Afrique est vaste et variée avec ses 53 pays et le secteur des infrastructures lui-même est constitué de plusieurs sous secteurs à savoir les transports, celui de l’énergie et celui  des télécommunications.  Chaque pays a sa propre vision dans chaque sous secteur.  Ce mais ce qui les caractérise tous est qu’ils visent á améliorer l’accès aux services des infrastructures à un coût raisonnable et accessible pour leur population en fixant des objectifs à atteindre à des horizons divers, en fonction du niveau de développement actuel de chaque sous secteur.  La Banque partage cette approche des pays membres et notre stratégie se décline en terme de mobilisation plus accrue de ressources ; intégration régionale ; partenariat renforcé avec les autres bailleurs de fonds du secteur ; implication plus accrue du secteur privé et s’assurer de la durabilité des investissements (entretien, respect de l’environnement etc.).

Question: Quel impact la crise financière a-t-elle sur le secteur ?

Réponse: Vous avez en peu de mots les impacts déjà observés et les impacts potentiels.

Les pays à revenus intermédiaires qui avaient déjà accès au marché de capitaux pour le financement de leur programme se tournent désormais vers la Banque car les ressources se font plus rares et plus chères sur le marché.  C’est ainsi par exemple que le Botswana et l’Afrique du Sud viennent de saisir la Banque pour des interventions très importantes dans le secteur des infrastructures, interventions sans commune mesure avec les interventions antérieures à la crise.

L’autre phénomène observé est que certains pays se voient obligés de s’ajuster et reportent de quelques années certains investissements, suite à la baisse de la demande due à  la crise.  C’est ainsi par exemple que le Royaume de Maroc à reporté de quelques années certains investissements aéroportuaires en raison de la baisse attendu du trafic dans certains aéroports. Ces pays reviendront vers la Banque dans deux à trois ans pour participer au financement de programmes plus importants.

Au niveau des pays à faibles revenus, nous observons une demande plus grande à la Banque pour le soutien de leur budget et comme nos ressources concessionnelles sont limitées, il y a par voie de conséquence des projets d’infrastructure prioritaires dont la réalisation sera retardée.  Il nous faudra donc mobiliser plus de ressources dans un proche avenir pour faire face à ces besoins.  

Nous observons aussi que certains investissements par le privé dans le secteur des infrastructures souffrent de mobilisation plus difficile de ressources par les prometteurs.  La Banque vient de créer une facilité d’urgence de 1,5 milliard de dollars pour aider ces projets en souffrance.

Comme impact potentiel et pour l’ensemble des pays ces derniers pourraient être obligés de sacrifier l’entretien des infrastructures en cette période de faibles revenus.  La Banque serait alors amenée dans l’immédiat, à combles le déficit en finançant plus de projets d’entretien et dans un proche avenir, elle devra les aider à faire face a des besoins d’investissement plus importants.

Question: Que dire du NEPAD ?

Réponse: Le NEPAD est une vision d’un continent intégré.  La Banque partage cette vision et joue un rôle important, ayant été désignée comme chef de file des partenaires techniques et financiers des pays africains pour la mise en œuvre du programme du NEPAD pour les infrastructures.

L’intégration régionale est à la fois une stratégie et un secteur prioritaire pour la Banque. Nous consacrons une bonne partie des ressources au financement des projets d’intégration régionale et je voudrais donner comme exemple deux projets régionaux dont les accords viennent d’être signés en marge des présentes assemblées annuelles.

La route reliant le Nigeria et le Cameroun ou encore la CEDEAO à la CEMAC et encore faisant partie de la Transafricaine Mombasa-Lagos.  La Banque finance le projet à plus de 300 millions de dollars.

Le projet d’interconnexion électrique de cinq pays de l’Afrique de l’Est (Kenya, Ouganda, Rwanda, Burundi et DRC) que la Banque finance a environ 180 millions de dollars et dont certains accords viennent aussi d’être signés en marge des présentes assemblées annuelles.

Je conclurais en disant que la NEPAD ou l’intégration régionale de l’Afrique est une réalité ; il y a beaucoup de choses qui se passent dans le cadre du NEPAD, nous devrions améliorer la communication de l’information et accélérer d’avantage cette intégration tant nécessaire pour créer un plus grand marché, une plus grande activité économique et plus d’échanges intra-africains.


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