Interview with Janvier Litse, AfDB Director, Regional Operations, West Africa - "Côte d’ivoire Will Emerge"

25/05/2010
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Rédigé par Francis Yedan

« C‘est l’occasion pour les gens, ceux qui ne sont pas venus ici depuis longtemps, en particulier le secteur privé, de jauger la situation du pays et d’éclairer leurs décisions dès maintenant et pour le futur »- Janvier Litse, directeur pays à la BAD.

Question : Quel est l’état de la coopération entre la Côte d’Ivoire et la Banque ?

Réponse : La coopération entre la BAD et la Côte d’Ivoire se porte très bien. C’est une coopération qui remonte à 1967 et qui coïncide avec le début des opérations de l’institution. Depuis cette date, la Côte d’Ivoire a bénéficié de 830 milliards de FCFA d’engagement de la part de la Banque. Qui ont permis des investissements dans l’agriculture (26,2%), les infrastructures (20,4%), le social (16,5%), les domaines multisectoriels (16,7%), l’eau, l’énergie et les télécommunications à hauteur de 15,6%.

La plupart de ces financements ont été dirigés vers le secteur public mais, il y a un potentiel énorme d’investissement que nous pouvons faire dans le secteur privé. Je pense que c’est d’ailleurs ce qu’il faudrait faire. Nous en avons fait avec Azito par exemple. Des efforts ont été faits par la Côte d’Ivoire avec le soutien de la communauté internationale notamment, la Banque africaine de développement pour apurer les arriérés.

Dans le cadre de la sortie de crise, la Banque a soutenu la Côte d’Ivoire avec un projet multisectoriel de l’ordre de 14,5 milliards de FCFA visant à restaurer le fonctionnement normal de l’administration et des actions orientées vers les services de santé, éducation et développement rural. Puis, un projet de gouvernance depuis 2005 de l’ordre de 2,5 milliard de FCFA et un appui de renforcement des capacités de 1,5 milliards dans la perspective d’atteindre la point d’achèvement de l’initiative en faveur des Pays pauvres très endettés PPTE.

L’opération de 130 milliards de FCFA que nous avons faite pour apurer les arriérés de la Côte d’Ivoire ont permis au pays de renouer sa coopération avec tous les partenaires au développement. Cela a surtout contribué à faciliter l’atteinte du point de décision du PPTE.

Question : Quelles sont les perspectives de cette coopération ?

Réponse : La Côte d’Ivoire est un pays à fort potentiel mais il ne s’agit plus de continuer à dire que le pays à un fort potentiel. Il faut passer à la mise en œuvre de ce potentiel.  Cette mise en œuvre se fait résolument par des politiques économiques et des réformes que le gouvernement s’attèle à élaborer.
Ces politiques vont créer un cadre beaucoup plus propice à l’investissement privé afin que celui-ci puisse éclore et montrer ses capacités à créer de l’emploi et à contribuer aux ressources internes du pays. La Banque compte donc prendre une part active à ces efforts avec les investissements pratiquement orientés vers le développement des infrastructures, de l’énergie et du développement rural. Nous sommes optimistes que la Côte d’Ivoire avec ses partenaires dont la BAD réussira le pari de l’émergence.

Question : Quelles peuvent être les retombées de ces Assemblées annuelles pour la Côte d’Ivoire ?

Réponse : Nous sommes ici parce que la Côte d’Ivoire est un pays membre et abrite le siège de l’institution. On dirait que c’est dans la logique des choses mais c’est aussi un cadre approprié pour montrer à la face du monde la situation de la Côte d’Ivoire. Il y a ce que la presse dit et il y a la réalité des choses. C‘est l’occasion pour les gens, ceux qui ne sont pas venus ici depuis longtemps en particulier le secteur privé, de jauger la situation du pays et d’éclairer leurs décisions dès maintenant et pour le futur. C’est une vitrine absolument importante pour la visibilité de la Côte d’Ivoire mais surtout pour se projeter dans le futur.

Question : Cette organisation est-elle une des clés pour le retour de l’institution à son siège ?

Réponse : Ce sont deux choses différentes. Le retour de la Banque est du ressort du Conseil des gouverneurs qui vont certainement juger sur la  base de critères qui sont les leurs. Le problème n’est pas de revenir, puisque le siège reste en Côte d’Ivoire. Le problème, c’est de savoir quand revenir.
 


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