Interview with Malek Amara, project manager, Road Programme PR1

04/08/2009
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Qestion: Il s'agit là du plus important prêt jamais accordé à un PMR dans le secteur des transports? Quelles retombées sont attendues pour le développement du Gabon?

Réponse: Le Programme routier (PR1) revêt effectivement un caractère exceptionnel de par son envergure. Le  montant  du prêt octroyé au Gabon par la Banque pour le financer  est de 165 milliards de FCFA, et le PR1 couvre 24% du territoire du Gabon. Il s’agit de réaliser les travaux d’aménagement et de bitumage de trois tronçons routiers totalisant près de 260 km, les études de 276 km de routes pour préparer la deuxième phase de ce programme routier ainsi que des aménagements connexes visant a améliorer les conditions de vie des populations riveraines, notamment les plus vulnérables. Avec la réalisation de ce programme, le pourcentage du réseau revêtu devrait passer de 11% en 2007 à 30% en 2012. Cela se traduira par une augmentation de 25 % du linéaire du réseau revêtu du Gabon.

Le Programme d’Aménagement du Réseau Routier (PARR), dont est issu le réseau PR1, participe de la stratégie du gouvernement gabonais qui vise la diversification de son économie. Le Gabon ambitionne en effet de ne plus faire du pétrole le pilier principal de son économie.

En contribuant au désenclavement de l’ensemble des provinces du pays, le programme contribue à la croissance économique et à l’amélioration des conditions de vie des populations rurales en facilitant l’approvisionnement de la zone du programme en intrants agricoles et en produits manufacturés. Il favorisera au développement de l’écotourisme, de l’industrie, du commerce des produits vivriers et de l’élevage. Il améliorera de manière significative l’accès de la population aux services de base socio-éducatifs et sanitaires.

Il est une contribution significative au renforcement du socle de l’unité nationale du Gabon et de l’intégration économique de la sous-région.

Question: Quel est l'apport de ce projet à l'intégration régionale?

Réponse: Au niveau régional, le programme routier contribue à la mise en place du Plan Directeur Consensuel des Transports en Afrique Centrale (PDCT-AC). Le corridor qui relie les capitales Yaoundé, Libreville et Brazzaville fait partie de la Transafricaine Tripoli–Windhoek, et constitue l’épine dorsale du réseau routier prioritaire au Gabon. Le tronçon routier Fougamou-Mouila-Doussala pris en compte dans le présent PR1 constitue le chaînon manquant de ce corridor sur le territoire gabonais. Ce tronçon fait partie des projets prioritaires du Plan d’Actions à Court Terme du NEPAD.

Cette réalisation permettra d’accélérer l’intégration régionale en favorisant la réalisation des routes transnationales comme celles du Gabon qui bénéficiera  au Cameroun, au Congo et à la Guinée équatoriale, c'est-à-dire à quatre des 6 pays de la CEMAC. IL est attendu une augmentation des échanges entre les pays de la CEEAC  de 30%  environ à l’horizon 2015.

Question: Quelles sont les mesures prises pour que ce projet soit durable?

Réponse: Le programme a fait l’objet d’études appropriées par des bureaux qualifiés. Les études ont pris en compte notamment la forte pluviométrie dans la zone des routes à aménager. Aussi, un accent particulier a été apporté au dimensionnement des ouvrages de franchissement et d’assainissement  ainsi qu’au choix des matériaux de construction. L’étude technique a examiné plusieurs types de structures de chaussée. La structure retenue est dimensionnée pour une durée de vie de 20 ans et tient compte des contraintes locales, du climat, de la portance du sol et du fort pourcentage de grumiers qui caractérise le trafic routier sur les routes du programme.

Les travaux de génie civil seront exécutés par des entreprises qualifiées à l’issue des appels d’offres internationaux. De plus, lesdits travaux seront contrôlés par des bureaux d’études spécialisés qui feront appel à des laboratoires pour s’assurer de la qualité des matériaux et de leur mise en œuvre. En plus de ces contrôles, des audits techniques seront réalisés tous les 6 mois  sur les sites des trois chantiers.

Une amélioration de la gestion du réseau routier et de l’entretien routier sont également attendus grâce à la mise en place dans le cadre dudit programme des appareils de comptages de trafic et des stations de pesages pour lutter contre les surcharges des camions, véritable danger pour la durabilité du réseau routier. En ce qui concerne les charges récurrentes, Il y a lieu de souligner que grâce à une coordination soutenue entre les bailleurs de fonds, le Gouvernement a mis en place un fonds routier de deuxième génération qui permettra une fois  la collecte de la Redevance d’Usure de la Route(RUR) bien maitrisée, de disposer de ressources financières sûres et régulières au profit de l’entretien routier.


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