Interview with Tiornan Coulibaly, Managing Director, Banque régionale de la solidarité Côte d’Ivoire

28/05/2010
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Tiornan-Coulibaly

«La BAD et la BRS peuvent évoluer dans un partenariat en vue de développer l’emploi indépendant en Afrique en général et en Côte d’Ivoire en particulier», a déclaré M. Coulibaly.

Question : Pouvez-vous nous présenter la Banque régionale de solidarité (BRS Côte d’Ivoire)?

Réponse: La Banque régionale de solidarité (BRS Côte d’Ivoire) est une filiale du Groupe des banques régionales de solidarité,  BRS SA, holding financier ayant son siège social à Niamey au Niger.

Le capital social de départ du groupe, d’un montant de 24 milliards de FCFA, est détenu majoritairement par des investisseurs institutionnels dont la part souscrite est acquise en portage [NDLR : à travers une cession des parts], en vue d'une cession ultérieure à des privés, en particulier à un actionnariat populaire, y compris, la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) à travers le Fonds d’Actions Communautaires de l’UMOA (FAC UMOA); la Banque ouest africaine de développement (BOAD) ; la Commission de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine.

Une vingtaine de banques et établissements financiers, six compagnies d’assurance, dix institutions de micro finance ainsi qu’une caisse de sécurité sociale de la sous région participent également au capital de BRS SA au titre de l’actionnariat de référence. Le réseau bancaire du Groupe BRS couvre l’ensemble des pays de l’UEMOA avec la création simultanée de huit filiales de droit local, toutes, entrées en activité en 2005.  

Question: Quels sont les objectifs de la BRS?

Réponse : La BRS est une institution dédiée à la lutte contre la pauvreté. Elle a pour mission d’assurer le financement des projets d’investissements générateurs d’emplois et de revenus. Notre cible se compose des couches de la population dites économiquement faibles, et n’ayant pas un accès aisé aux services bancaires classiques tel que les diplômés sans emploi de l’enseignement supérieur, général, technique ou professionnel, des écoles, des arts et métiers; les apprentis ayant achevé leur formation; les coopératives non financières d’ouvriers, d’agriculteurs, d'éleveurs, de pêcheurs ou d’artisans; les opérateurs de micro activités de production aspirant au développement ou à la modernisation de leur activité; les institutions de micro finance (SFD) pour le refinancement des projets d’investissement de leurs membres ou clients et les jeunes déscolarisés.

Nos actions visent essentiellement à renforcer la contribution du secteur financier dans la lutte contre la pauvreté dans les pays de l’Union économique et monétaire d’Afrique de l’Ouest (UEMOA), en agissant sur le binôme «emplois-revenus». Elle fait appel à toutes les bonnes volontés souhaitant exprimer une forme de solidarité agissante au bénéfice des plus nécessiteux.

Question: Quels sont les objectifs de la Banque régionale de solidarité en participant aux Assemblées annuelles du Groupe de la BAD?

Réponse : J’aimerais tout d’abord exprimer toute la fierté qui m’anime de voir toute l’Afrique réunie en Côte d’ivoire pour parler de son avenir.

Notre présence à ces assemblées est pour nous l’occasion de nous enrichir des expériences des autres et également de proposer pendant les discussions nos idées en matière de lutte contre la pauvreté. La BRS se doit d’être présente à tous les rendez-vous qui parlent de l’amélioration des conditions de vies des populations africaines.

Question: Quels sont selon vous, les domaines de partenariat que votre institution et le Groupe de la BAD peuvent explorer pour développer l’emploi indépendant?

Réponse : La BAD et la BRS peuvent évoluer dans un partenariat en vue de développer l’emploi indépendant en Afrique en général et en Côte d’Ivoire en particulier. Comme nous le savons, la Banque œuvre depuis plus de quarante ans au développement économique et au progrès social des pays africains.

Elle doit continuer à jouer ce rôle efficacement, en partenariat avec le Groupe des banques régionales de solidarité. Dans cette dynamique de synergie, nous pouvons envisager des partenariats à un triple niveau avec la BAD:

  • Utiliser la bonne connaissance qu’a la BAD de nos économies et des besoins des populations afin de bâtir des stratégies d’intervention cohérentes;
  • La BAD finance assez souvent de grandes infrastructures notamment des aménagements hydro agricoles.

La BRS pourrait accompagner les populations bénéficiaires de ces équipements par des crédits adaptés, toute chose qui manque cruellement. Enfin, la BRS pourrait envisager avec la BAD et ses partenaires la possibilité de bénéficier de fonds de garanties dans le cadre de sa mission en direction des populations fragiles.