La BAD à 50 ans

26/05/2015
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1964 – 2015 : Abidjan, épicentre de la Banque

En choisissant Abidjan pour accueillir ses 50e Assemblées annuelles, la Banque africaine de développement (BAD) fait un clin d’œil à son histoire.

Il y a un peu plus de cinq décennies maintenant, le 9 novembre 1964, à Lagos, les gouverneurs de la Banque se réunissaient pour la première fois et donnaient corps à l’institution : ils en élisent le premier président, le Soudanais Mamoun Beheiry ; et décident d’établir le siège à Abidjan. Leur choix se porte sur la capitale économique ivoirienne. Les gouverneurs estiment alors qu’Abidjan présente de nombreux atouts : son caractère cosmopolite, la qualité de son infrastructure, sa facilité d’accès depuis et vers le reste de l’Afrique et le monde entier.

Les Assemblées annuelles de la BAD, qui font converger des milliers de participants venus assister aux nombreux évènements programmés sur une semaine, ont pris une envergure mondiale. Et, plus encore cette année que par le passé, ces Assemblées 2015 font l’objet d’une attention et suscitent des attentes toutes particulières. Logique, au vu des nombreux temps forts qui marquent cette édition au parfum d’histoire.

La journée du 26 mai 2015 est forte de symbolique, avec la commémoration du 50e anniversaire de la BAD. C’est toute l’histoire et le parcours de la Banque qui sont revisités, dans le cadre d’un forum de haut niveau présidé par Kwame D. Fordwor, doyen des anciens présidents de la Banque. Plusieurs des anciens présidents de la BAD ont répondu présents pour l’occasion, ainsi  que des personnalités de premier plan du continent, à l’instar de la présidente du Libéria, Ellen Johnson Sirleaf.

Les Assemblées annuelles témoignent de l’envergure croissante que la Banque a prise au fil de ses cinquante ans d’existence. Née d’un rêve et d’idéaux, portée par une poignée de visionnaires, la BAD est partie de rien ou presque, pour finir par s’imposer comme la première initiation de financement du développement en Afrique.

De 23 à 80 pays membres

Aujourd’hui, la Banque affiche près de 2 000 collaborateurs. Elle n’en comptait qu’une dizaine à peine, lors de ses premiers mois d’existence, à la fin de l’année 1964  – un personnel pionnier, mis à sa disposition par les administrations respectives des États Africains et d’autres institutions de développement.

Du côté des pays membres de l’institution, seuls 23 avaient répondu présents lors de sa fondation légale, le 10 septembre 1964. Ils sont 80 aujourd’hui. Le dernier en date, le Soudan du Sud, a  rallié le Groupe de la Banque le 30 avril 2015. La BAD couvre aujourd’hui l’ensemble des 54 pays d’Afrique, et aux pays régionaux – autrement dit les pays africains –, se sont associés des pays non régionaux dès les années 1980 – ils sont au nombre de 26.

Une force de frappe financière décuplée

Si la Banque a vu ses effectifs s’accroitre considérablement, que dire alors de son capital, multiplié quasi par 300 depuis sa création ? A sa naissance, celui-ci s’élevait à 370 millions de dollars EU – un montant assurément limité. La situation financière de l’institution reste d’ailleurs précaire durant plusieurs années, sans pour autant l’empêcher de lancer ses activités. En 1967, la Banque démarre ainsi ses premiers projets : un appui à la Banque de développement de Sierra Leone et la construction d’infrastructures routières au Kenya. En ce temps-là, la Banque focalise son action sur des projets dans les infrastructures et l’agriculture.

Aujourd’hui, le capital de la BAD a atteint les 100 milliards de dollars EU. Si l’augmentation s’est faite progressivement durant les deux première décennies de son existence, la fin des années 1980 et l’arrivée de financements issus des membres non régionaux ont permis à la Banque de croitre rapidement et de multiplier ses projets.

La Banque investit de nouveaux champs de l’économie

En 2005, l’arrivée à la tête de l’institution de Donald Kaberuka marque un nouveau grand tournant dans l’histoire de la Banque. Celle-ci investit progressivement de nouveaux champs de l’économie : le développement du capital humain, l’appui au secteur privé, le soutien institutionnel aux États fragiles, la promotion du rôle des femmes dans l’économie.

Face à la crise financière internationale, survenue en 2008, la Banque s’engage massivement dans le soutien aux économies africaines. La crise ne doit pas enrayer la dynamique de croissance dans laquelle le continent est lancé. Au final, la banque aura autant prêté et donné durant la décennie écoulée, que pendant ses quarante premières années d’existence.

Depuis sa création, Banque a mené à bien plus de 4 000 opérations, pour un total de plus de 100 milliards de dollars EU. La dynamique s’approfondit et s’accélère. Ce sont plus de 230 projets qui ont été financés sur l’année 2014, pour près de 7 milliards de dollars EU.

En cinquante ans, le visage de l’Afrique a changé et la Banque s’est adaptée. Elle travaille aujourd’hui à ce que la croissance de l’Afrique soit plus verte, plus durable et mieux partagée. Moderniser ses pratiques pour s’adapter aux nouveaux défis de l’Afrique est sans doute la meilleure façon de rester fidèle à la volonté de ses pères fondateurs : bâtir une Afrique solidaire et prospère pour tous.

Pour marquer ce 50e anniversaire dans le cadre des Assemblées annuelles 2015, le président Doçnald Kaberuka remet un Livre d’or au président Alassane Ouattara et aux autres chefs d’État présents lors du diner de gala offert par la Côte d’Ivoire le 26 mai 2015. Le demi-siècle d’histoire de l’institution aura donné un parfum particulier à ces assises, avec notamment une exposition multimédia (photos, vidéo frise chronologique) sur une vaste mosaïque digitale composée de neuf écrans géants, où défilent les différents projets de la BAD, avec leurs bénéficiaires.


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