La BAD appuie l’agropastoral et l’eau au Tchad avec des résultats tangibles

03/11/2013
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Les cycles de sécheresse récurrents que connaît le Tchad depuis plusieurs décennies ont rendu la production agricole particulièrement vulnérable et aléatoire, et ce en dépit des immenses potentialités en terre et en eau disponibles. Cependant, celles-ci diminuent au fil des années, à l’exemple du bassin du Lac Tchad dont la superficie est passée de 25000 km2 des années soixante, à environ 6000 km2 en 2004. 

Cette situation se traduit par une fluctuation de la production des produits vivriers de base plaçant le pays dans une situation de vulnérabilité quasi chronique face à l’insécurité alimentaire et la pauvreté. Aux aléas climatiques s’ajoutent d’autres contraintes, entre autres: la dégradation des sols consécutive à l’érosion hydrique et éolienne ; la baisse constante de la fertilité des sols ; la dégradation des pâturages ; l’accès à la terre à travers un cadre foncier favorable pour les petits exploitants ; l’accès aux semences et aux engrais adaptés afin d’augmenter la productivité des produits agricoles ; et le renforcement des capacités des organisations paysannes (OP) et des services d’appui, aux plans technique, organisationnel et financier. 

Les priorités

Afin d’éradiquer la pauvreté et l’insécurité alimentaire au Tchad, le Gouvernement a consenti d’énormes efforts à travers la mise en œuvre des stratégies successives de réduction de la pauvreté  identifiant toutes, la maîtrise de l'eau comme une solution incontournable au problème de l’insécurité alimentaire. Parmi ces stratégies, figurent, le Programme national de développement (PND) 2013-2015, le Programme national de sécurité alimentaire (PNSA) 2013-2020 et le Schéma directeur de l’eau et de l’assainissement (SDEA) 2003/2020 qui prévoit l’aménagement de 100 000 hectares supplémentaires. 

S’agissant du secteur agricole, les cinq axes stratégiques du plan quinquennal de développement de l’Agriculture 2013-2018 sont : la maîtrise et la gestion de l’eau ; l’intensification et la diversification des productions agricoles ; le renforcement du dispositif de gestion et de prévention des crises alimentaires ; le renforcement de OP et des services d’appui et ; l’appui à la promotion des filières porteuses. 

De plus, la volonté du gouvernement de consolider les actions menées dans le secteur de l’eau se traduit par l’élaboration plus récente du plan d’actions prioritaires pour le secteur couvrant la période 2010-2015. En exécution de ce plan, le gouvernement envisage de réaliser 4889 points d’eau, 452 mini réseaux d’AEP, 1000000 de latrines institutionnelles et communautaires et de vulgariser les latrines familiales dans les villes et villages.

Appui de la BAD

La BAD soutient les différentes politiques de développement du Tchad et les priorités nationales à travers ses documents de stratégies successifs. De 1974 (date de début des interventions de la BAD au Tchad) à 2013, le Groupe de la BAD a investi environ 547,5 millions d’UC (751,005 FCFA = 1,51528 $ = 1,14490 Euros) à travers 89 opérations sur toute l’étendue du territoire tchadien. Plus de 48,7% soit environ 266,7 millions d’UC de ce financement sont allés dans deux secteurs (agriculture et eau et assainissement), avec pour objectif global la réduction durable de la pauvreté et l’amélioration continue des conditions de vie des populations tchadiennes. 

Dans le secteur agricole, les interventions de la BAD, au nombre de 33 opérations pour un volume d’engagement de plus de 227,9 millions d’UC, visent d’une part, l’amélioration de la productivité et de la production agricoles, le renforcement des capacités des exploitants agricoles, des promoteurs privés et des services techniques des administrations publiques en matière de gestion de l’eau et des ouvrages réalisés. 

D’autre part, il s’agit de sensibiliser sur les enjeux des changements climatiques et la vulgarisation des nouvelles innovations techniques  permettant de promouvoir une agriculture plus résiliente ; de promouvoir le genre et la construction d’infrastructures rurales. 

Quant aux interventions dans le secteur de l’eau et de l’assainissement, elles portent sur 7 opérations pour un montant de 38,8 millions d’UC, et s’inscrivent  dans la droite ligne des objectifs du gouvernement dans le cadre de l’atteinte des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).  A savoir porter le taux d’accès à l’eau potable de 42,9% à 60% en 2015 et le taux d’accès à l’assainissement de 11% à 35%.  

Les résultats

  • Secteur agricole 

L’intervention de la BAD a contribué de manière satisfaisante à l’amélioration des infrastructures rurales. A travers les différents projets du développement rural, elle  a contribué, entre autres, aux réalisations suivantes: construction de 11 barrages, de 205 puits villageois/maraîchers, de 11 marchés communaux et plus de 800 km de pistes rurales réhabilitées, aménagement de 16 443 ha de terres cultivables, plantation de 634 ha d’agro foresterie. 

En outre, le secteur de l’élevage et de la pêche, la BAD a contribué à la réalisation d’infrastructures visant l’amélioration des produits et sous-produits de l’élevage avec la construction et la réhabilitation d’infrastructures de production, de transformation et de commercialisation, la gestion des pâturages et des marchés à bétail. 

Spécifiquement, dans le secteur de l’levage, les principales réalisations sont les suivantes: 70 puits pastoraux, 55 mares, 8 marchés à bétail, 6 abattoirs, 33 aires d’abattage, 20 hangars/étals de boucherie, 8 parcs de vaccination, 2 unités de transformation de lait,  la mise en place d’un Système d’Information sur les marchés ; l’aménagement de 10 périmètres pastoraux,  la construction et l’équipement d’un Centre de contrôle de qualité des denrées alimentaires, et la vaccination de 1200000 têtes de bovins. 

Avec la mise en œuvre du Projet de développement de la pêche, la Banque a contribué au renforcement des capacités de 2230 opérateurs dans le secteur de la pêche, à la construction des infrastructures de pêches (5 débarcadères, 1 marché de poissons), 1 bureau pour la Direction de la Pêche et de l’Aquaculture ; 12 bureaux pour les s/secteurs de pêche. A travers le Projet d'appui à la filière coton-textile, la Banque a contribué à la mise en place de 32 champs-écoles qui ont permis de former 410 chefs d’exploitation en techniques de production. L’impact de ces opérations se traduit par le renforcement de la diversification des activités du secteur agricole et par une meilleure gestion et exploitation des ressources. 

  • L’eau et l’assainissement 

Les différents projets mis en œuvre dans le secteur de l’eau et de l’assainissement ont permis la construction de plus de 1305 points d’eau dont 804 forages équipés de pompes manuelles ou solaires au bénéfice de plus d’un million de personnes dans les régions de Batha, Logone Occidental, Logone oriental, Tandjilé, Lac, Moyo-Kebbi Ouest, Guéra, Salamat, Wadi Fira, Région du Lac ; 502 latrines construites (Tandjilé, Mayo-Kebbi Ouest) ; 510 dispositifs de lave-main dans les écoles et dispensaires (Tandjilé, Mayo-Kebbi Ouest) ; 3 laboratoires d’analyse d’eau réalisés à N’Djamena, Pala et Laï. 

Ces réalisations contribuent à la baisse du taux des maladies d’origine hydrique en faisant passer le taux d’accès à l’eau potable de 32% à 65% dans le Mayo Kebbi et de 30% à 56% dans le Tandjilé. Ces résultats sont en ligne avec les objectifs que s’est fixé le gouvernement d’ici à 2015, r notamment  porter le taux d’accès à l’eau potable à 60% contre 42,9% en 2011.