La Bad au Burkina Faso : une intervention centrée sur la mobilisation de l'eau

03/11/2013
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Contexte et coordination de l’aide

Le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD ou la Banque) appuie le développement du Burkina Faso depuis plus de 43 ans. Les premières opérations de la BAD dans le pays datent en effet de 1970. La BAD a financé au total 96 opérations pour un montant d’environ 1037 millions d’UC équivalent à  830 milliards de francs CFA. La répartition des financements des opérations traduit une prédominance des infrastructures (transport, énergie, eau et assainissement) qui représentent 42% du montant total des opérations financées, suivie de la gouvernance pour 22%, l’agriculture pour 19% et enfin, le social pour 16%. 

La Banque est active dans le domaine de la coordination de l’aide publique au développement (APD) dans le pays. Elle préside depuis juillet 2013 jusqu’en juin 2014 le mécanisme de coordination des partenaires techniques et financiers (PTF) au Burkina Faso sous la forme d’une Troïka composée de 3 représentants des PTF : la BAD en tant que Présidente, le Canada et le Système des Nations Unies comme Vice-Présidents. Elle est également chef de file pour les infrastructures et chef de file suppléant pour l’emploi. 

La Banque est active dans les cadres sectoriels de l’économie et des finances, les infrastructures économiques, l’emploi, le développement rural et le secteur privé.

Par le passé, la BAD a été chef de file du Cadre général d’organisation des appuis budgétaires entre 2008 et 2009. Elle était aussi chef de file des partenaires de la Stratégie de renforcement des finances publiques (SRFP) entre 2009 et 2010. 

Stratégie de la BAD et portefeuille

Pour aider le Burkina Faso à relever ses défis et tirer partie de ses opportunités, la stratégie de la Banque repose sur deux piliers : i) le développement des infrastructures structurantes de soutien à la croissance et ii) la consolidation de la gouvernance. Le premier pilier vise à : i) renforcer la compétitivité du secteur privé, pour en faire un moteur de la croissance, en réduisant les surcoûts de transaction inhérents à faible qualité des infrastructures, ii) faciliter le commerce régional en connectant les zones de production aux marchés. Le second pilier vise à : i) renforcer les réformes économique et sectorielle, financière et institutionnelle en rapport avec les standards internationaux et communautaires, ii) consolider la stabilité macroéconomique et maintenir la viabilité de la dette publique et, iii) améliorer le climat des affaires et stimuler la diversification économique. 

La stratégie appuiera également les aspects transversaux, notamment la réduction des disparités régionales et sociales, dont l’accès des femmes aux facteurs de production, l’emploi des jeunes et le développement des compétences, le renforcement des capacités dans le domaine du changement climatique et pour une transition vers une économie verte et, les études économiques et sectorielles d’aide à la prise de décisions à caractère public.

Le portefeuille actif de la BAD, au 30 octobre 2013, comporte 11 projets incluant 4 projets multinationaux, soit un engagement total de 338,71 millions d’UC, équivalent à plus de 266 milliards de FCFA. Le portefeuille est composé uniquement de ressources du guichet FAD (100%). Il s’étale sur cinq secteurs. Sa décomposition traduit la prédominance des infrastructures avec 5 opérations dont 2 projets dans le transport (172.31 millions d’UC), deux dans le secteur eau et assainissement (32.91 millions d’UC) et un projet dans l’énergie (25.15 millions d’UC). Les infrastructures représentent  donc 260.37 millions d’UC, soit 77% du portefeuille actif actuel. Elles sont suivies du secteur social avec trois projets pour un montant de 57 millions d’UC  (17%) et trois pour appuyer le développement rural dans le secteur de l’agriculture avec un montant de 21.34 millions d’UC (6%). 

La Banque vient d’approuver en début de ce mois d’octobre le projet d’assainissement des quartiers périphériques de la ville de Ouagadougou pour 33,02 millions d’UC, (soit 25.6 milliards FCFA) entièrement financé sous forme de dons. Deux autres opérations en cours d’instruction devraient être approuvées avant la fin de l’année 2013, il s’agit notamment des projets d’aménagement de routes de désenclavement internes pour 46,438 millions d’UC (soit 36 milliards de FCFA) et de celui  de la gestion participative des forêts classées (PGFC/REDD+) d’un montant de 8 millions d’UC  (soit 6.2 milliards FCFA).

Agriculture et sécurité alimentaire

Le secteur primaire occupe une place prépondérante dans l’économie du Burkina Faso. Il emploie 80% de la population totale. Environ 31,3% du PIB provient des activités agro-sylvo-pastorales. L’économie reste fortement tributaire des activités agro-sylvo-pastorales et de l’exploitation des ressources minières. Les aléas climatiques constituent une contrainte importante au développement agricole et à la sécurité alimentaire des populations. Ces aléas peuvent entrainer des variations du PIB de l‘ordre 4 points. Pour permettre d’assoir une croissance durable et inclusive, le pays devra développer des investissements structurants sur toute la chaîne de valeur et renforcer les capacités des petits producteurs pour passer d’une agriculture pluviale à une agriculture irriguée intensive avec des PME agricole.

L’intervention de la Banque dans le secteur a été recentrée, ces dernières années, sur la mobilisation systématique de l’eau, la gestion durable des ressources naturelles, le renforcement des capacités des institutions du secteur agricole, et l’amélioration de de la production, de la productivité agricole et l’accès aux marchés, tout en favorisant la conservation de la base des ressources naturelles.

Depuis le début de ses opérations au Burkina Faso, la contribution de la Banque en soutien au secteur agricole a été de l’ordre de  190 millions d’UC soit environ 152 milliards de FCFA. Ce financement a permis  particulièrement la réalisation d’une centaine d’ouvrages hydroagricoles, l’aménagement de 1957 Ha en maitrise totale des eaux, l’aménagement et la valorisation de 20450 ha de bas-fonds, la récupération et valorisation de 58271 ha , la réalisation de 1000 km de pistes rurales ainsi que 200 forages et puits pastoraux. Ces investissements ont permis l’augmentation de la production agricole nationale (30 000 tonnes dans la région de l’Est et de 52 000 tonnes dans les régions de l’Ouest (Comoé, Léraba et Kénédougou) et l’accroissement des revenus annuels des producteurs grâce à la diversification, à la sécurisation des productions et au renforcement des capacités.

Ces investissements seront renforcés très prochainement par le programme de renforcement de la résilience à l’insécurité alimentaire et nutritionnelle dans le Sahel et le projet d’appui à la réalisation des infrastructures agricoles, en cours de formulation, pour un montant global de 52 Milliards de FCFA.