La BAD finance une étude pour l’amélioration de l’accès à l’énergie électrique au Tchad et au Cameroun

09/10/2013
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Le Conseil d’administration du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) a approuvé le 7 octobre à Tunis le  financement par le Fonds africain de développement (FAD) de l’étude du projet d’interconnexion des réseaux électriques du Cameroun et du Tchad. Le projet vise la réalisation d’une ligne de transport électrique de 700 km entre Ngaoundéré, Maroua (Cameroun) et Ndjamena (Tchad), d’une bretelle de 250 km entre Maroua (Cameroun), Mogrom et Ndjamena (Tchad), et d’un programme d’électrification rurale le long de chaque couloir de ligne.

Cette étude a pour objectif de déterminer la faisabilité technique, financière et institutionnelle du projet ainsi que son impact environnemental et social ; d’identifier les localités le long de la ligne devant être visées par l’électrification rurale ; et de définir le cadre institutionnel et commercial du projet. Sa durée est de vingt mois à partir de janvier 2014 et son coût  estimé à environ 4,6 millions de dollars EU. L’étude sera financée par un don et un prêt du FAD dont le montant cumulé est de 3,78 millions de dollars EU et les contributions des pays, d’environ 0,84 million de dollars EU. Le Pool énergétique de l’Afrique centrale (PEAC), désigné comme organe d’exécution, en assurera la mise en œuvre.

La réalisation de cette ligne d’interconnexion, l’une des plus importantes infrastructures qui s’inscrit dans le cadre global d’interconnexion des réseaux électriques des pays membres de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC), permettra de fournir une énergie plus fiable et à des prix plus abordables au Cameroun et au Tchad, où les taux d’accès à l’électricité sont actuellement très faibles – de 18 % et 3 % respectivement –, et donc de favoriser un développement économique durable.

Les deux pays disposent de ressources énergétiques appréciables. Au Cameroun, le potentiel hydroélectrique est estimé à 12 000 MW. Cependant, seulement 6 % de ce potentiel est valorisé. Au Tchad, des ressources gazières sont encore inexploitées et le pays dispose d’appréciables potentialités en énergie solaire et éolienne. L’interconnexion permettrait de créer des synergies entre les productions des deux pays et de renforcer les échanges électriques. La mise en œuvre de cet important projet contribuera à améliorer le taux national d’électrification très faible de ces deux pays tout en renforçant la coopération et l’intégration régionale en Afrique centrale.

L’étude s’inscrit dans la droite ligne des diverses stratégies de la BAD, notamment sa stratégie décennale pour la période 2013-2022 et sa stratégie d’intégration régionale pour l’Afrique centrale 2011-2015.  Celles-ci mettent l’accent sur le développement des infrastructures et l’intégration régionale. L’étude s’inscrit aussi dans la vision stratégique de la CEEAC (horizon 2025) et dans les stratégies de développement du Cameroun et du Tchad qui accordent une attention particulière à la promotion de l’intégration économique, la croissance et la réduction de la pauvreté à travers le développement des infrastructures régionales. Les deux pays ont, dans ce cadre, conclu des protocoles d’accord pour la réalisation de ce projet d’interconnexion électrique en 2007 et la mise en place d’un comité inter-États de pilotage du projet en 2009.

La définition de la portée et de la méthodologie de l’étude est le fruit d’un travail collaboratif des experts nationaux, de la BAD, de banques multilatérales de développement et de partenaires au développement.