"Livestock have the potential of ensuring Chad’s food security”-Interview with AfDB Bayemi Gabriel, Fragile States Project Facility head in Chad

22/11/2010
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Bayemi Gabriel 5943

En contribuant pour 50% au Produit intérieur brut(PIB) et en faisant vivre  40% de la population rurale, le secteur de l’élevage est l’un des poumons de l‘économie tchadienne,  estime Gabriel Bayemi, spécialiste en Développement Humain à l’Unité de des Etats fragiles (OSFU) de la Banque africaine de développement.  L’élevage est d’ autant plus important qu’il  constitue un potentiel en matière de garantie de sécurité alimentaire, précise-t-il. Interview.

Question : La Facilité en faveur des Etats fragiles finance  une étude sur la transhumance et le recensement du cheptel au Tchad.  Pourquoi cet intérêt pour le secteur de l’élevage ?

Réponse : Ce secteur occupe une place importante dans l’économie du tchadienne, en contribuant pour 53% au PIB du secteur rural et en faisant vivre environ 40% de la population rurale. Par ailleurs, le cheptel représente un capital financier d’environ 1 000 milliards de Francs CFA.  Quant à la valeur de la production viande et de lait, elle était estimée à 155 millions FCFA en 2002. Toujours sur le plan statistique, on note que l’élevage constitue 30% des exportations du Tchad et plus de 50% des exportations hors pétrole.  C’est donc dire que l’élevage contribue fortement à la lutte contre la pauvreté, tout en constituant un potentiel en matière de garantie de sécurité alimentaire.

Question : Vous privilégiez les études et la collecte d’informations.  Sur quoi devraient déboucher ces études et informations statistiques?

Réponse : L’étude sur la transhumance et le recensement général de l’élevage vont contribuer à une meilleure connaissance du secteur et du phénomène de la transhumance,  et en outre à l’élaboration d’un code pastoral actualisé afin de résoudre les conflits récurrents entre les pasteurs et les agriculteurs.  Enfin, ces travaux  permettront une meilleure planification du développement de l’économie rurale.

Question : Sur la base du dialogue avec le gouvernement, à travers le bureau de la BAD  au  Tchad et les fréquentes missions  sur le terrain, auriez-vous une idée de la vision globale du gouvernement pour le secteur de l’élevage ?

Réponse : Le gouvernement est conscient des potentialités du pays et de l’importance de l’élevage dans l’économie nationale. Pour cette raison, il compte moderniser le sous-secteur avec l’aide de ses partenaires techniques au développement, dont la BAD, et transformer sur place les produits de l’élevage.

La plus-value passe par la modernisation

Question : Une des préoccupations  du gouvernement semble être la question de la plus-value.  L’exploitation actuelle du secteur n’apporte pas de plus-value, vu que le produit de l’élevage est essentiellement exporté sur pied.  Comment remédier à cette situation ?

Réponse : Comme je l’indiquais tantôt, la plus-value dans l’élevage au Tchad passe par la modernisation du sous-secteur et la valorisation des produits du secteur par des structures implantées dans le pays.

Question : Quelles sont les autres secteurs appuyés par la FEF et ceux que vous  comptez soutenir dans l’avenir ?

Réponse : A  ce jour, la Facilité en faveur des Etats fragiles appuie également le renforcement des capacités de la Division de la formation du Ministère de la santé publique.  En outre, le dialogue engagé avec le gouvernement permettra de financer de nouvelles opérations avant fin juin 2012.  Au nombre de celles-ci, on a la mise en œuvre de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE),  la finalisation du recensement général de la population et de l’habitat,  la mise à jour de la Stratégie nationale de réduction de la pauvreté (SNRP) et l’appui à la filière semences.

Question : Un mot sur le partenariat  de la FEF avec le bureau national  de la BAD au Tchad et les autres secteurs de la Banque ?  Comment travaillez-vous ?

Réponse : Nous travaillons en parfaite synergie et bénéficions de tout l’appui nécessaire de la part du représentant résident et de tout son personnel.  Ce qui permet d’avoir déjà des résultats palpables sur le terrain.