Low Access to Water and Sanitation Mainly Results from Water Poor Management, Pollution, Waste and Inadequate Infrastructure, Water Expert Says

15/05/2012
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«Qu’est-ce que l’accès  à l’eau ? Où en est l’Afrique en matière de desserte en eau et assainissement? Quelles sont les réalisation de la Banque en la matière, dont elle et les bénéficiaires peuvent s’enorgueillir? »

26 mois nous séparent de la date butoir de l’OMD pour l’eau

Awa Bamba, spécialiste en chef au département de l’eau et assainissement de la Banque africaine de développement (BAD), a fait un exposé sur ce triptyque, estimant, non sans optimisme, qu’à moins de 26 mois de la date butoir fixée pour l’atteinte des objectifs de développement du millénaire pour l’eau, cette denrée n’est toujours pas à la portée de tous. « L’accès à l’eau est un droit fondamental et une nécessité absolue à la survie. L’accès à l’eau est aussi une condition sine qua non de développement durable et de croissance inclusive », affirme-t-elle.

Les critères de l’accès à l’eau : quantité, qualité, distance et temps

A l’instar des autres organisations spécialisées dans le développement, la quantité, la qualité, la distance, le temps sont les facteurs que la BAD prend en compte dans la formulation de l’accès à l’eau, explique-t-elle, précisant qu’il faut 20 litres d’eau saine par habitant par jour de manière régulière, disponible à une distance de moins d’un kilomètre de l’utilisateur.

L’eau en Afrique est mal gérée, polluée et gaspillée

Selon Mme Bamba, la question de l’accès à l’eau en Afrique n’est pas essentiellement une question de disponibilité de la ressource. Elle estime qu’un tiers des pays africains ont des problèmes d’insuffisance de ressources en eau, mais son faible taux d’accès est surtout lié à sa mauvaise gestion, sa pollution et son gaspillage (50 pour cent de l’eau produite est gaspillée ou non comptabilisée). Le manque d’infrastructures est aussi l’une des raisons. « En règle générale, les infrastructures de mobilisation de l’eau au sud du Sahara sont faibles et ne permettent réellement d’extraire qu’environ cinq pour cent des ressources en eau des pays à des fins économiques et sociales, contre 70 pour cent en Afrique du Nord», indique-t-elle.

L’Afrique à la traine, mais des efforts encourageants sont perceptibles

L’experte en eau souligne également qu’avec respectivement 61 pour cent et 30 pour cent de sa population ayant accès à l’eau potable et à des installations sanitaires adéquates en 2010, l’Afrique est en retard sur l’atteinte les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) en la matière avec un déficit de financement annuel de plus de 9 milliards de dollars. Les disparités entre l’accès à l’eau et l’assainissement restent importantes. Cependant, en dépit du bilan globalement négatif, Mme Bamba salue et encourage les énormes efforts fournis par les pays membres régionaux (PMR) ces 15 dernières années sur l’ensemble des OMD. De son point de vue, l’engagement ferme des PMR, au 6e Forum mondial de l’eau, en mars 2012 à Marseille, « de contribuer au fonds fiduciaire de l’Initiative pour l’approvisionnement en eau et l’assainissement en milieu rural (IAEAR) comme bailleurs», est un signal fort, qui procure grand espoir, que l’eau demeure la source de vie, et la raison d’espérance de vivre des couches encore vulnérables en Afrique.»

La collaboration entre la BAD, les partenaires au développement et les pays membres régionaux

L’objectif de l’initiative est d’approvisionner 275 millions de personnes en eau potable et 295 million de personnes en assainissement d’ici 2015 pour un investissement total de 14,2 milliards de dollars, répartis entre la BAD (30 pour cent) ; les PMR (20 pour cent) ; les partenaires techniques et financiers (50 pour cent). Mme Bamba affirme par ailleurs que la BAD a impliqué toutes les parties prenantes de l’IAEAR afin de desservir 39 millions de personnes en eau et 30 millions en assainissement dans 23 pays entre 2003 et 2011.

Femmes et enfants à la corvée d’eau

En dépit des efforts déployés, nombreux sont les femmes et les enfants à peiner, à chaque pas, dans des sentiers étroits des zones rurales en Afrique, à la recherche de cette ressource précieuse.  Des milliers de filles ne bénéficient toujours pas d’une éducation de base faute d’installations sanitaires appropriées dans les écoles. Selon Mme Bamba, la question de l’accès à l’eau en Afrique n’est pas essentiellement une question de d’indisponibilité de la ressource.

Les conséquences de choix politiques et stratégiques inadaptés

Du point de vue de Mme Bamba, les défis majeurs sont entre autres, les choix politiques et stratégiques inadaptés et l’inadéquation entre les ressources requises et celles effectivement déployées.

Les ressources pour le financement à court terme du secteur de l’eau et assainissement en Afrique

Le Groupe de la Banque envisage d’investir à peu près 2.5 milliards de dollars pour le financement du secteur de l’eau et de l’assainissement sur la période 2013-2015. Sur ces fonds, 42 pour cent permettront de lever 2,4 milliards de dollars additionnels auprès des autres partenaires techniques et financiers pour desservir 34 millions d’habitants en milieu rural. A peu près 50%  du financement de la Banque serviront à satisfaire 4.5 millions de personnes dans les zones urbaines et péri-urbaines. Le reste des fonds, soit 150 millions de dollars, servira à financer des activités de gestion intégrée des ressources en eau ainsi que de gestion des bassins transfrontaliers afin d’améliorer la gestion des ressources en eau et de renforcer la résilience au changement climatique. Jouant de sa position privilégiée en Afrique, la Banque lèvera des fonds additionnels pour accroitre le financement du secteur en renforçant les partenariats existants et en nouant de nouvelles alliances.  

Les rôles de la BAD : financement, conseil et assistance technique

Concluant ses propos, Mme Bamba souligne que la BAD continuera de jouer son rôle de conseil et d’assistance technique auprès des PMR, tout en favorisant les synergies et l’approche intégrée pour des résultats durables. Elle renforcera ses activités de collecte de données et de dissémination de résultats. L’institution poursuivra également, dira-t-elle, ses efforts de mobilisation de financements aussi bien traditionnels qu’innovants afin que tout Africain ait accès à l’eau potable et une installation sanitaire adéquate, conditions minimales pour un développement économique et social durable et équitable.