Mali: 33.6 billion FCFA and an additional 76.2 billion FCFA for the development of irrigation

05/06/2009
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Le Conseil d’administration du Fonds africain de développement (FAD) a approuvé, en sa session du 27 mai 2009, à Tunis, l’octroi d’un prêt de 33,6 milliards de F CFA, soit environ 65,65 millions de dollars E.U., pour le financement du Programme de développement de l’irrigation dans le bassin du Bani et à Sélingué (PDI-BS), au Mali. 

Ce financement représente environ 31 % du montant total du programme, estimé à 109, 8 milliards de FCFA (environ 215 millions de dollars E.U.).

C’est en qualité de chef de file des bailleurs de fonds du programme que la Banque africaine de développement a apporté une assistance technique et méthodologique pour l’identification et la formulation du PDI-BS. Il a aussi assisté le Gouvernement du Mali à mobiliser auprès d’autres partenaires financiers 76,2 milliards de F CFA (soit environ 149,35 millions de dollars E.U.).

Ces autres co-financiers du PDI-BS ainsi que leur contribution se présente comme suit : le Fonds international de Développement Agricoles (FIDA) : 8,42 milliards de F CFA ; le Fonds Koweitien pour le Développement Economique Arabe (FKDEA) : 7,80 milliards de F CFA ; la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD) : 10 milliards de F CFA ; le Fonds Saoudien de Développement (FSD) : 5,10 milliards de F CFA ; la Banque Import Export de Corée (KE) : 10,40 milliards de F CFA ; le Fonds de l’OPEP pour le Développement International (OFID) : 4,77 milliards de F CFA ; la Banque Islamique de Développement (BID) : 10 milliards de F CFA ; la Banque Arabe pour le Développement Economique en Afrique (BADEA) : 4,91 milliards de F CFA ; la Banque d’investissement et de développement de la CEDEAO (BIDC) : 5 milliards de F CFA ; et la Banque mondiale : 2,22 milliards de F CFA.

Ce programme est le résultat d’un engagement à long terme de la BAD auprès du Gouvernement du Mali pour le développement de l’irrigation à travers les différents cycles précédents du Fonds africain de développement.   

Le programme sera exécuté sur six ans de 2010 à 2015. Il prévoit la construction de deux seuils de dérivation : un au niveau de Djenné sur le Bani et un à Kourouba sur le Sankarani.

Sa première phase porte sur l’aménagement et la mise en valeur de 32 545 ha dont 24.540 ha de terres rizicoles en submersion contrôlée, 915 ha de riziculture en double culture sous maîtrise totale de l’eau, 6.820 ha de bourgoutières pour le développement de l’élevage, 554 ha de cultures maraîchères et 270 ha de mares piscicoles. Le programme augmentera le niveau de mobilisation de ressources en eau du Bani grâce à la création d’une retenue de 300 millions de m3. Le PDI-BS consolidera les actions engagées dans le cadre du Programme de mise en valeur des plaines du Moyen Bani et du Projet d’aménagement du périmètre de Maninkoura. La réalisation du seuil de Kourouba sécurisera l’alimentation en eau du périmètre de Manikoura et l’ensemble du potentiel irrigable estimée à 5.000 ha situé à l’aval immédiat du barrage de Sélingué.

Au total, il est attendu au terme de la première phase une production additionnelle annuelle de 52.000 tonnes de riz paddy, 3.620 tonnes de légumes, 588 tonnes de viande bovine, 6 millions de litres de lait et 880 tonnes de poisson. Le programme constitue donc  une bonne réponse à la crise alimentaire. Il touchera directement près de 12.000 exploitations, soit environ 130.000 personnes, dont la plupart sont des femmes.

L’expérience du seuil de Talo a été capitalisée et bien prise en compte. Le comité de bassin du Bani cadre de consultation des usagers, des collectivités locales et de l’administration, sera renforcé et dynamisé. L’aménagement du seuil de Djenné constitue une haute priorité du Gouvernement et répond à une demande pressante des populations.

Le seuil de Djenné créera une synergie bénéfique avec celui de Talo, qui permettra de réguler le cours du Bani et, par conséquent, de générer ainsi des impacts socio-économiques majeurs dans l’ensemble du Bassin de la rivière Bani. Globalement, le programme contribuera à la sécurité alimentaire, et à la réduction de la pauvreté au Mali. En effet, sa mise en œuvre permettra de combler le déficit en riz (bilan alimentaire 2007/2008) et fera même du Mali une puissance agricole exportatrice de riz.

Au plan environnemental, le PDI-BS contribuera à la restauration des écosystèmes fortement dégradés par les sécheresses récurrentes de ces dernières années ; et ce faisant il permettra à l’environnement de mieux s’adapter aux changements climatiques.

Le PDI-BS, le plus grand projet agricole financé par le Fonds africain de développement, est un programme majeur de part les fortes attentes des populations et des autorités et aussi par son envergure. Sa mise en œuvre constitue un grand défi. Une équipe de cadres nationaux compétents pour son exécution, le soutien des autorités nationales, l’appropriation du programme par les populations, et leur forte mobilisation sont des gages de réussite. 


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