Mobilizing African Diaspora: Sharing Experiences with South Korea, India and China

25/05/2010
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Rédigé par Francis Yedan

Comment mobiliser la diaspora africaine pour le développement des Etats fragiles? Pour répondre à cette question, les exemples de la Corée du Sud, de l’Inde et de la Chine ont édifié les participants à cette rencontre organisée sur la question le mardi 25 mai 2010.   

Faisant savoir que l’industrialisation est le seul moyen d’accéder à la prospérité, Seung-Hun Chun, président de l’Institut coréen d’études sur le développement, a relevé que la diaspora avait les capacités pour apporter la paix et la sécurité à travers l’industrialisation. Mais comment son pays s’y est-il pris pour transformer la diaspora en facteur de moteur de l’industrialisation?

Quatre politiques ont été élaborées à cet effet. Assurer une stabilité sociale pour cette diaspora, avoir une vision nationale de développement, attirer les scientifiques, les ingénieurs, les économistes… en leur proposant des conditions propices, notamment financière, similaires à celles dont ils bénéficient dans leurs pays de résidence», a-t-il répondu.

En outre, cette diaspora a bénéficié de conditions d’investissements favorables et d’intéressement. A titre d’exemple, la diaspora au Japon a été convaincue d’investir dans des projets qui lui étaient destinés. Pour le président de l’Institut coréen d’études sur le développement, l’Afrique ne peut prospérer sans industrialisation mais elle dispose de talents pour y parvenir.

Il a également recommandé d’aller étape par étape, en démarrant par la gestion de l’environnement et profiter des groupes favorables; utiliser au mieux les ressources et disposer d’une main d’œuvre hautement qualifiée.

M. Anup Pujari, du département des affaires économiques du ministère indien des Finances, est favorable à l’exode des cerveaux, si cela peut éviter qu’ils soient dans la rue comme c’est le cas dans bon nombre d’Etats fragiles. Son approche consiste à utiliser cette diaspora qui a réussi, comme un modèle, une source d’inspiration pour les populations restées sur place.

A travers cette stratégie, il s’agit de faire rêver les locaux à travers une bonne utilisation de l’énergie et du talent de la diaspora, à qui on pourrait demander de financer les études de leurs jeunes frères issues de leurs régions d’origines. Accorder des facilités à la diaspora et donner de l’importance à la culture, à l’intellect et la créativité.

«Les Chinois de l’étranger sont une ressource précieuse pour la Chine. La diaspora chinoise est le noyau de notre activité, le point de départ pour une politique pertinente.» Lin Yong, professeur et directeur adjoint de l’institut chinois d’études ethnique de Fujian Academy of Social Sciences, démontre ainsi tout l’intérêt que son pays accorde au moteur de développement que constitue la diaspora.

Plusieurs organes, dont le bureau des chinois de l’étranger et le gouvernement, maintiennent des relations avec la diaspora, se chargent de la mise en œuvre de politiques qui leur sont destinées. L’élaboration de lois et de règlements pertinents octroyant des statuts particuliers et des facilités d’investissement sont des mesures mises en œuvres pour encourager le retour.

En sa qualité de donateur, la représentante de M. Jerzy Pomianowski, responsable du Partenariat pour la gouvernance démocratique à l’OCDE, a souligné la nécessité d’un dialogue, d’une collaboration étroite entre la diaspora et les dirigeants de leurs pays d’origine afin que l’offre et la demande ne soient pas supérieur l’une par rapport à l’autre.

Chaque entité devra définir de façon précise ses besoins et préoccupations afin que les deux parties conjuguent leurs efforts sur les objectifs de développement du pays  parce que le défi le plus important est la faiblesse des capacités des gouvernements nationaux. La volonté politique, selon elle, manque dans la plupart des cas et il faut savoir ce que l’on veut offrir à cette diaspora.

Cette position de la représentante de l’OCDE a été partagée par Samura Kamara, ministre des Finances de la Sierra Leone, pour qui la diaspora doit faire partie de l’agenda de la politique nationale parce qu’elle représente une valeur cachée.

Cependant, des difficultés existent pour capitaliser cette ressource d’autant que la Sierre Leone n’a pas de cadre juridique, de mesures incitatives pour accompagner ce flux inverse, comme c’est le cas en Chine. Toutefois, il a reconnu la contribution de ses immigrés dans le développement des pays post conflits. Ces mesures qui favorisent la diaspora au détriment des locaux sont selon lui appropriées pour arriver à mobiliser ces derniers. «Pour chaque dollar que vous dépenser sur un membre de la diaspora cela a une importance pour la pays», a-t-il conclu.

Magaret Kilo, chef de l’unité des Etats fragiles à la BAD avec pour mission d’aider les Etats au renforcement des capacités, a relevé que l’objectif de cette rencontre était de permettre aux réseaux de professionnels de rencontrer les gouvernements en vue d’une collaboration pour assister les Etats fragiles. «Notre objectif à la Banque est de servir de catalyseur entre les réseaux de professionnels et les gouvernements. Cette première étape était de faciliter une rencontre.»


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