Objectifs du Millénaire pour le Développement : nécessitée de changer d’orientation

18/09/2013
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Coïncidant avec l’ouverture de la 68ème session de l’Assemblée générale des Nations Unies, et une semaine, jour pour jour, avant le Débat général sur le programme de développement pour l’après-2015, les échanges du 17 septembre de la 6ème édition du Forum mondial Convergences consacrée aux objectifs du Millénaire (OMD) pour le développement a donné le ton.

D’ores et déjà, un bilan des OMD a été esquissé et des visions pour l’après 2015 ont été proposées, assorties de recommandations pour accélérer les progrès dans les pays les moins avancés au cours des 1000 jours qui nous séparent de la date butoir.

Les experts sont unanimes : les objectifs du Millénaire pour le développement ont aidé les gouvernements, les ONG et la société civile à orienter leurs politiques et leurs actions. Ils ont, en outre, permis aux partenaires techniques et financiers de planifier l’aide au développement.

Le Rapport du Groupe de personnalités de haut niveau chargé d’étudier le programme de développement pour l’après-2015 a constitué le point de départ des échanges. Il souligne que la réduction de la pauvreté la plus rapide de l’histoire de l’humanité a été observée lors des treize années qui ont suivi l’entrée dans le nouveau millénaire : le nombre de personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté international a diminué d’un demi-milliard. Le taux de mortalité infantile a diminué de plus de 30% et près de trois millions d’enfants supplémentaires sont sauvés chaque année par rapport à l’an 2000. Ces progrès sans précédent découlent d’un ensemble de facteurs tels que la croissance économique, l’amélioration des politiques et un engagement mondial en faveur des OMD.

S’appuyant sur ces résultats positifs, les dirigeants mondiaux ont convenu, à Rio en 2012, de définir de nouveaux objectifs et de nouvelles cibles dans le respect des droits humains universels. Il s’agit notamment de mettre fin à l’extrême pauvreté grâce au développement durable et de mettre en place les éléments constitutifs d’une prospérité durable pour tous.

Les omissions des OMD

Ainsi un nouveau programme de développement devrait reposer sur les points forts des OMD et aller au-delà des objectifs qui ne se sont pas suffisamment appliqués à cibler les personnes les plus pauvres ou victimes d’exclusion et n’ont pas tenu compte des effets dévastateurs des conflits et de la violence sur le développement. Autres facteurs importants, une bonne gouvernance et des institutions qui garantissent l’état de droit, la liberté d’expression ainsi qu’un gouvernement transparent et responsable. Et, par-dessus tout, un mode de croissance inclusif qui favorise la création d’emplois.

Selon certains experts, le plus grand échec réside dans la définition même de ces OMD et dans le fait que ces objectifs ont omis d’intégrer les aspects économiques, sociaux et environnementaux du développement durable tel que l’envisage la Déclaration du Millénaire. De fait, l’environnement et le développement n’ont jamais été correctement traités en même temps. Il est nécessaire de créer désormais un cadre holistique et de mettre un accent sur l’inclusion sociale en permettant aux jeunes d’avoir une grande place dans l’économie sociale.

Les collectivités territoriales et la société civile doivent également continuer à jouer leur rôle, en permettant de remonter les interpellations des populations les plus pauvres au plus haut niveau des Etats. De fait, ces populations doivent être associées lors de la définition et l’élaboration des plans intégrés, notamment dans le cadre de la préservation de l’environnement.

Enfin, les pays qui ont connu des progrès remarquables tels la Chine et l’Inde doivent servir de modèle aux pays les moins avancés. Ces Etats, qui connaissent une microstabilité, ont, en effet, une « politique d’avenir » en matière d’infrastructures et autres secteurs économique et social. En outre, ils mettent en pratique des politiques ouvertes et le transfert des connaissances.

Changement de paradigme

Un changement de paradigme du développement est donc nécessaire. Selon le Rapport du Groupe de personnalités de haut niveau, le programme pour l’après-2015 sera un programme universel qui devra se baser sur cinq grandes réorientations transformatrices : (i) passer de la réduction à l’éradication de la pauvreté sous toutes ses formes et s’assurer que chacun, indépendamment de son appartenance ethnique, sexe, situation géographique, handicap, race ou autre critère, jouisse des droits humains universels et des opportunités économiques les plus élémentaires ; (ii) placer le développement durable au cœur des débats et stopper la progression alarmante du changement climatique et de la dégradation de l’environnement ; (iii) transformer les économies pour créer des emplois et favoriser un mode de croissance inclusif ; (iv) construire la paix et créer des institutions efficaces, transparentes et responsables pour tous et (v) créer un nouveau partenariat mondial. Un nouvel esprit de solidarité, de coopération et de responsabilité mutuelle doit, en effet, être à la base du programme pour l’après-2015.

Une révolution en matière de données pour le développement durable est également requise avec une nouvelle initiative internationale pour améliorer la qualité des statistiques et des informations mises à la disposition des citoyens.