Omar Kabbaj : La BAD doit se positionner comme acteur central du développement en Afrique

18/05/2005
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Omar Kabbaj : La BAD doit se positionner comme acteur central du développement en Afrique

L’intervention de M. Kabbaj s’est déroulée en présence du Général Olusegun Obasanjo, Président du Nigeria, des différents ministres des finances représentant les Gouverneurs de la BAD et du Fonds africain de développement (FAD) et de nombreux participants représentant diverses institutions financières et de coopération multilatérale et bilatérale.

Dans cette allocution qui était sa dernière en tant que Président de la BAD, M. Kabbaj a procédé à un examen minutieux des défis auxquels la Banque se trouvera confrontée au cours des prochaines années. En premier lieu, il a indiqué que la Banque devra « faire fond sur les acquis importants des dix dernières années et utiliser judicieusement les ressources considérables disponibles pour financer de nouvelles opérations de prêt et de don. »

Il a ensuite estimé indispensable que la Banque continue d’axer ses opérations sur la réduction de la pauvreté « car il n’est pas d’objectif plus noble pour notre institution que de sortir de la pauvreté absolue les millions d’Africains qui y vivent encore». Le Président Kabbaj a souhaité que la Banque maintienne « son haut niveau de professionnalisme et d’intégrité dans la gestion de ses ressources humaines et préserve la transparence et le mérite dans le recrutement, la promotion et le licenciement du personnel. »

M. Kabbaj a également jugé « indispensable de préserver la compréhension, la coopération et le respect qui se sont instaurés pendant la décennie écoulée entre les instances décisionnelles de la Banque que sont le Conseil des Gouverneurs, le Conseil d’administration et la Direction ».

La sauvegarde de la solidité et de la discipline financières de la BAD, l’exploitation et le renforcement des nombreux partenariats qu’elle a noués avec les organisations multilatérales et bilatérales, les institutions de Brettons Woods en particulier, la mise en œuvre efficace et prudente du Plan d’action pour consolider et tirer parti des acquis des dernières années, sont au nombre des aspirations que M. Kabbaj a formulées pour le Groupe de la Banque au moment où il « s’apprête à passer le bâton de commandement au nouveau Président ».

Etablissant le bilan des performances de la Banque pour l’année écoulée, le Président de la BAD a cité notamment quatre initiatives qui ont été lancées pour permettre aux pays membres régionaux de faire face aux nouveaux défis auxquels ils sont confrontés:

  • l’Initiative pour l’alimentation en eau et l’assainissement en milieu rural, dont l’objectif est d’accélérer l’accès durable à l’eau et l’assainissement dans les zones rurales de l’Afrique et d’accroître le taux de couverture à 80% à l’horizon 2015 ;
  • La création du Mécanisme en faveur des pays sortant d’un conflit, avec une allocation de quelques 150 millions de dollars sur trois ans à prélever sur le revenu net de la BAD et un autre montant de 150 millions de dollars sur les ressources du FAD ;
  • L’adoption de nouvelles dispositions favorisant la conduites des opérations dans les pays à revenu intermédiaire (suppression des commissions d’engagement, réduction de 50 à 40 points de base de la marge d’intérêt sur les nouveaux prêts, réduction de 120 à 60 jours du délai précédant la publication de l’évaluation de l’impact environnemental) ;
  • La politique révisée en matière de promotion du secteur privé dans les pays membres régionaux .

Au cours de son intervention,  M . Kabbaj a passé en revue différents thèmes d’intérêt majeur parmi lesquels les résultats économiques et les défis du développement de l’Afrique, l’appui international aux efforts de développement de l’Afrique, les opérations du Groupe de la Banque et ses résultats financiers au regard du contexte international.

Le Président de la BAD s’est félicité des progrès enregistrés sur le continent africain au cours des dernières années. Il a cité en particulier:

  • le fait que les armes se soient tues dans une bonne partie du continent ;
  • le fait qu’après une crise économique prolongée, suivie par des réformes radicales, un nombre croissant de pays africains commencent à enregistrer et à maintenir des taux de croissance économique élevés ;
  • qu’une nouvelle  dynamique ait été imprimée à l’initiative du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD) qui a eu pour effet de donner une impulsion nouvelle à la coopération et à l’intégration régionales et de promouvoir les principes de la démocratie, de la bonne gouvernance et de la gestion saine de l’économie.