Participants Seek Financial Instruments to Reduce Continent’s Dependence on Foreign Exchange

24/05/2010
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Rédigé par Louis S. Amédé

Quoique pas nouvelle, la problématique de la gestion des réserves de change a acquis une nouvelle importance qui justifie que la Banque africaine de développement (BAD) ait choisi d’y apporter une contribution.

Et si l’Afrique se dotait d’un Fonds obligataire domestique (FODA)?

La question est au centre des préoccupations de la Banque africaine de développement (BAD) qui a porté sur les fonds baptismaux, à cet effet, une «Initiative des marchés financiers africains» (IMFA).

Cette instance conçue prioritairement pour favoriser le développement sur le continent de marchés obligataires domestiques, a organisé le lundi 24 mai 2010 à Abidjan, en marge des Assemblées annuelles de la Banque, un atelier sur «la gestion stratégique des réserves de change». La perspective en toile de fond  étant «le développement des marchés obligataires en Afrique».

Développer des alternatives de financement

De l’avis de Thierry De Longuemar, vice-président Finance de la BAD, «développer des sources alternatives de financement s’impose désormais comme une nécessité pour les pays africains qui tiennent là, le principal moyen de réduire leur dépendances à l’endettement en devises étrangères».

En effet, la récente crise financière s’est traduite pour les pays africains par un renchérissement des coûts de financement sur les marchés de capitaux, qui a réduit leurs options de source de financement.

Edifiant sont les exemples du Kenya, de l’Ouganda, de la Zambie et du Nigeria qui avaient dû se rabattre sur leurs marchés domestiques pour mobiliser les ressources additionnelles dont ils avaient besoin pour financer leurs économies.

Cette perspective nouvelle conjuguée à la forte croissance des réserves de change des banques centrales africaines, a remis au goût de l’heure la question de la gestion active de ces ressources -dont l’enveloppe globale était estimée en 2007 à 369 milliards USD pour l’ensemble du continent.

Et la BAD prend le pari de leur "recyclage" dans le FODA qu’il compte financer avec pour option d’investissement dans un premier temps, «les obligations souveraines en devises locales».

La Banque, qui espère être accompagnée dans les premiers pas de ce fonds par certaines Banques centrales africaines, a réuni un panel composé de Lamido Yuguda de la Banque centrale du Nigeria (CBN), Emmanuel Assilamehoo de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) et Masaru Tanaka de la Banque du Japon, pour échanger sur les expériences des uns et des autres en matière de gestion des réserves de change de leurs institutions.

Si tous sont d’avis, avec Thierry De Longuemar, que la création d’un fonds obligataire domestique pourrait être un facteur «d’approfondissement des marchés domestiques et d’élargissement de la base d’investisseurs dans les marchés obligataires africains», ils divergent relativement dans les approches adoptés par leurs institutions dans la gestion des ressources.

Ainsi là où la BCEAO fait l’option d’une gestion active par elle-même des 50% résiduelles de réserves de change qu’elle conserve dans ses caisses (après que l’autre moitié soit conservée auprès du Trésor français) sur la base de paramètre de sécurité et de liquidité plutôt que  de profit, la CBN fortement orientée confie la gestion de ses 40,3 milliards de dollars à fin avril 2010 de réserves à des gestionnaires privés d’actifs.

Et les Banques centrales asiatiques réunies au sein de l’Executive Meeting of East Asia and Pacific Central Banks (EMEAP) mixent la gestion directe et le recours aux gestionnaires privés d’actifs pour faire fructifier les 3 milliards de dollar de réserves détenus en commun.

Malgré la différence des expériences, Lamido Yuguda, Emmanuel Assilamehoo et Masaru Tanaka sont arrivés à la conclusion que «le développement de marchés obligataires africains est nécessaire dans une approche de diversification des portefeuilles des banques centrales».

Pour autant «la BCEAO ne saurait réinvesti ces réserves de change dans le rachat de dette publique locale de ces Etats membres», a précisé le directeur adjoint des opérations de marché de la BCEAO. Et qui a toutefois «admis des possibilités de rachat de titres publics d’autres pays du continent à condition d’un rating de 3A».

Une posture encadrée par les impératifs d’arbitrages entre sécurité, liquidité et rendement des placements. Mais qui, à l’en croire, est sans entamer la détermination de l’institution monétaire régional Ouest africaine à œuvrer au renforcement de l’efficience et de la viabilité du marché obligataire régional.

«Pour les pays dont les avoirs de réserve dépassent largement la taille du volet de liquidités nécessaire à des interventions de change, il n’est pas indispensable que la totalité de ces réserves soit placées dans des titres souverains extrêmement liquides et garantis. Une partie des réserves de change et plus généralement une partie des avoirs en devises détenus par les entités publiques, peut être gérée différemment», a conclu Thierry De Longuemar.

La nécessité d’accélérer le développement des marchés financiers nationaux ou régionaux prend des allures de priorités incontournables. Et la BAD s’inscrit dans cette dynamique, avec le projet du fonds obligataire domestique africain.


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