Symposium « Renforcement des capacités en vue d’atteindre les ODM en Afrique » : Mobiliser toutes les énergies au service de la réalisation des ODM

17/05/2005
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Symposium « Renforcement des capacités en vue d’atteindre les ODM en Afrique » : Mobiliser toutes les énergies au service de la réalisation des ODM

Thème retenu cette année: le « Renforcement des capacités en vue d’atteindre les ODM en Afrique. »

Le haut responsable nigérian, qui  a réaffirmé le soutien de son pays aux  institutions de développement,  avait à ses côtés  Kingsley Y. Amoako, Rodrigo de Rato, Omar Kabbaj, respectivement Secrétaire exécutif de la CEA, Directeur général du FMI  et Président de la BAD. 

Auparavant, M. Kabbaj avait souligné qu’« il existe un consensus général sur le fait qu’aujourd’hui notre continent, notamment au sud du Sahara, est largement derrière les autres en termes d’avancées vers la réalisation des ODM. La première indication est que le principal objectif, qui est de réduire la pauvreté de moitié d’ici à 2015, ne sera pas atteint par la plupart des pays, même si certains progrès pourraient être accomplis vers la réalisation des autres objectifs ».

 «Le renforcement des capacités est la clé du développement  dont  les pays africains ont besoin pour briser le cercle vicieux de la pauvreté et réaliser des progrès en vue d’atteindre les Objectifs de développement du Millénaire », a-t-il ajouté. 

Le secrétaire exécutif de la CEA  a pour sa part souligné « la nécessité de déployer un effort significatif pour atteindre les ODM, même si des avancées ont été enregistrées en Afrique du Nord ». M. Amoako a rappelé que plusieurs études soulignent clairement que « l’efficacité des investissements dépend avant tout de la qualité des ressources humaines ». Il a aussi déploré, au passage, la fuite des cerveaux . « La paix et la sécurité sont également des éléments essentiels pour le renforcement des capacités, la pauvreté n’étant pas la seule en cause », a précisé M.Amoako. « Les programmes d’ajustement structurel et le VIH/SIDA,  qui ont un impact sur les forces vives de nos sociétés sont aussi des facteurs limitants pour le développement des capacités »  a-t-il poursuivi.

Pour sa part, le Directeur général du Fonds monétaire international a déclaré que « Les résultats  économiques satisfaisants du continent créent des conditions propices, mais il reste encore beaucoup de travail  à faire. Nous allons appuyer les pays africains à réaliser plus de croissance et réduire la pauvreté », a déclaré M. Rato, ajoutant que le Fonds a joué un rôle important dans le processus de Monterrey. Les pays africains continueront de bénéficier des Conseils de l’Institution de Bretton Woods . « Ces  conseils vont changer au fur et à mesure des améliorations. Des mécanismes  seront mis en place pour servir d’alerte aux pays, à l’inclusion de ceux qui n’ont pas besoin de financement du Fonds », a indiqué M.Rato.

Pour sa part, le ministre zambien des Finances, M. Ngandu Peter Magande, très en verve, a déclaré que « très souvent on évoque l’absence de volonté politique pour justifier la situation des africains » mais en réalité, a-t-il dit, il s’agit d’une question de  « leadership. Plutôt que d’utiliser des concepts compliqués, nous devons tout simplement lutter contre la faim. Pour cela nous devons trouver de nouvelles approches, en ayant à l’esprit qu’il s’agit de faire autrement ». Pour conforter son propos, le responsable zambien a indiqué que « certains ministres sont incapables de citer plus de quatre ODM. Quant aux Chefs d’Etat nous n’allons pas les soumettre à un examen car se sont nos supérieurs… ». « C’est ce décalage entre les actes et les paroles qu’il faut combler », si nos voulons parvenir à nos fins.

Le ministre d’Etat béninois chargé de la planification et du développement  M. Zul Kifl Salami a estimé lui, « qu’en lieu et place de développement des capacités, nous devons plutôt parler de « développement comportemental ». « Nous excellons dans la formulation de politiques et de stratégies, mais ce qui manque véritablement,  c’est la modification des comportements », a-t-il indiqué.

Le Vice-Président Afrique de la Banque mondiale M. Gobind Nankani a  quant à lui opté pour le parler vrai en lançant un appel à toutes les parties prenantes au développement de l’Afrique à franchir le pas. « Nous devons être courageux et nous demander qu’elle est valeur ajoutée de cette coopération. Depuis des années, des milliards de dollars ont été injectés dans cette assistance représentant un quart  de l’assistance totale à l’Afrique mais, a-t-il souligné, les succès sont toujours sous-tendus par une appropriation des programmes de développement.