Women of the AfDB

08/03/2013
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Women make up more than half of the African population. The African Development Bank recognizes this and supports the important role of women on the continent both in the projects and programs it finances, and the contributions of its own female staff. On the occasion of International Women’s Day, we pay tribute to a few female Bank staff members, who dedicate their time and energy to the institution and to Africa. It was impossible to do a portrait of each and every one, but here is a selection of a few women leaders, who inspire us on a daily basis.


Anne Kabagambe: “We should aim even higher”

Anne Kabagambe, Director of Cabinet and Chief of Staff, was born in Kisoro, in southwestern Uganda. Growing up, she spent her formative years in Uganda and the United States, where she attended the University of California, San Diego, and Columbia University in New York, studying international relations and economics.  Anne later pursued a second master’s degree in public policy at George Washington University in Washington, DC mid-way through her career at the Bank. Anne’s first job was representing the City of New York at trade and investment opportunities overseas in China, India and the Middle East.

Question: What woman or women influenced you most in your life and career?

Answer: I’ve always been influenced by women who have wanted to make a difference in the political arena. So the woman who comes to mind immediately is Liberian President Ellen Johnson Sirleaf. I first met her in Abidjan, Côte d’Ivoire, after her service as Finance Minister in her country. She had this absolute confidence that there is nothing a woman cannot do; and there was no doubt in my mind that she was going to be a force to reckon with in the political future of her country.

Question: What place does the promotion of the status of women occupy in your division/department?

Answer: There are twelve departments within the Presidency complex (UPRST), out of which five are headed by women: IACD (Integrity and Anti-Corruption), TRIB (Administrative Tribunal), OMBU (Ombudsman), SEGL (Secretary General) and SAPR (Chief of Staff and Director of Cabinet). I would be the first person to say that we should aim even higher, and that there is a lot more work to be done. But this should not simply be the promotion of women at the workplace and within their job responsibilities, but also the promotion of their overall well-being at home and with their families.

Question: Word of advice for women today?

Answer: My advice to the women in the Bank is to read the book Lean In by the CEO of Facebook, Sheryl Sandberg. I hope this is timely advice since the book will be out on the market this coming week. Sandberg addresses the challenges faced by women in the workplace and “the invisible barriers” that hinder career progress. I would like to especially recommend the book to the members of the Women’s Network who may consider setting up its own “Lean in Circle” as a support group. In my judgment, this is a modern equivalent of The Feminine Mystique by Betty Friedan, which was considered revolutionary at the time.


Akissa Bahri : «Encourager les femmes à oser et à foncer davantage»

Coordinatrice de la Facilité africaine de l’eau (FAE), la Tunisienne  Akissa Bahri est une experte reconnue dans son domaine. Agronome de formation et titulaire d’un Doctorat en  Ingénierie des ressources en eau, elle a poursuivi ses études supérieures en Tunisie, puis en France et en Suède.
Akissa Bahri a mis son expertise au service du continent africain – après avoir travaillé sur le pourtour méditerranéen et le Moyen-Orient.

Voilà près de trente ans que cette Tunisienne s’attelle aux problématiques de gestion des ressources en eau et d'utilisation agricole des eaux usées, des boues résiduaires et de leurs impacts sur l'environnement. Alliant théorie et pratique, elle mène des travaux de recherche et conduit des projets sur le terrain.

Question :  Akissa, quelles femmes vous ont inspirée, sinon influencée, dans votre parcours tant personnel que professionnel ?

Réponse : Sur le plan personnel,  ma mère et ma grand-mère, bien sûr, et plus généralement les femmes tunisiennes d’hier et d’aujourd’hui, parce qu’elles sont l’exemple de femmes courageuses qui ont souvent dû, et doivent encore, parfois, lutter  à contre-courant pour réussir, et qui ne baissent pas les bras devant l’adversité.  

Au niveau professionnel, une scientifique exceptionnelle m’a beaucoup inspirée : Wangari Maathai,  une femme passionnément engagée dans des causes importantes, telles que la protection de l’environnement, les droits de la personne, la paix et  la démocratie. Elle a fait de ces causes sa vocation, surmontant des obstacles inimaginables pour atteindre les résultats qu’on lui connait aujourd’hui.

Question :   Quelle place l’enjeu de la promotion de la femme occupe-t-elle au sein de la FAE ?

Réponse : Une place très importante. D’une part, près de la moitié des employés de la Facilité sont des femmes. Et, au niveau des opérations, nous avons beaucoup insisté pour que la Stratégie de la Facilité 2012-2016 inclue la question de l’intégration et de la parité des femmes, et pour que cela se reflète effectivement dans nos projets ; ce n’est pas encore au point mais on y travaille avec cœur.  

Question :   Un conseil pour les femmes d’aujourd’hui ?

Réponse : Bonne question ! Difficile de prétendre connaitre la formule du succès puisque moi-même je ne cesse d’apprendre.  J’aimerais peut-être encourager les femmes à oser et à foncer davantage. Ne pas hésiter à aller plus loin, à avoir de l’ambition, à rêver plus haut et plus grand,  à ne pas hésiter à sortir des sentiers battus. On a parfois tendance, en tant que femme, à s’autocensurer, à hésiter, à se remettre en question - mais bon, ce n’est pas forcément le seul faits des femmes. Je pense qu’il est aussi important de s’entraider, de soutenir les femmes des générations qui nous suivent, de partager notre savoir et notre expérience avec elles, de les encourager et de mettre leur potentiel en valeur pour qu’elles se fassent davantage confiance. Et pourquoi pas, par la suite, célébrer ensemble  leur succès !


Agnès Soucat : «Les femmes d’aujourd’hui ont le monde à leur portée»

Tout à la fois médecin, nutritionniste et économiste, Agnès Soucat dirige la division baptisée « Développement humain » de la BAD. Après avoir grandi au cœur de la campagne bourguignonne et lorraine, la jeune étudiante en médecine dotée d’un Master en nutrition a quitté les cieux hexagonaux, s’envolant vers les Etats-Unis pour y poursuivre son cursus estudiantin et décrocher un nouveau Master, en santé publique cette fois, puis un PhD (Doctorat) en économie de la santé – à Baltimore.

Mais c’est en Afrique, plus exactement au Bénin, que la jeune Française a entamé sa carrière, exerçant à la fois à l’hôpital universitaire de Cotonou comme pédiatre et sur un projet de santé publique et de recherches à Pahou.

Question : Quelles femmes vous ont inspiré, sinon influencé, dans votre parcours, tant personnel que professionnel ?  

Réponse : Les femmes de ma famille, mère, tantes et cousines, sont toutes des femmes droites et passionnées dotées de fortes personnalités. Elles sont ma force. J’ai également  toujours eu une grande admiration pour les femmes écrivains et libres, comme George Sand ou Marguerite Duras, des femmes en avance sur leur époque.  Je suis aussi touchée par des femmes extraordinaires comme Sœur Emmanuelle ou Mère Theresa, qui accomplissent des miracles par la force de leur engagement. Hillary Clinton est également une inspiration pour moi, comme le sont également Angela Merkel ou Ellen Sirleaf-Johnson, par leur solidité dans l’adversité. Professionnellement, j’ai beaucoup d’admiration pour le ministre Ngozi Okonjo-Iweala 1  et pour Oby Ezekwesili 2 , avec qui j’ai travaillé à la Banque mondiale. J’ai également beaucoup appris de Manphela Ranphele 3  et de Joy Phumaphi 4, deux femmes au service du développement humain en Afrique

Question : Quelle place occupe la question de la promotion de la femme au sein de la division que vous dirigez ?

Réponse : Je dirige le département de développement humain, donc la femme est au cœur de tout ce que nous faisons. Aujourd’hui, la réalité des femmes africaines est en train de changer, mais trop de femmes en Afrique vivent encore des situations incroyablement difficiles, et doivent quotidiennement faire face à la violence, à l’insécurité, au manque de services, et à la discrimination dans la redistribution des ressources, tant familiales que privées.  La santé de la femme, le contrôle de sa fécondité et donc l’accès au planning familial et à la santé de la reproduction, sont des éléments fondamentaux pour que la femme puisse développer tout son potentiel professionnel et humain. Aujourd’hui, le continent africain est la seule région du monde où les femmes meurent encore prématurément de causes que l’on pourrait aisément prévenir. L’éducation des filles, leur implication dans les sciences et la technologie, sont une autre priorité majeure de notre département. Tous nos projets visent à donner aux filles toutes les opportunités pour accéder à toutes les filières, sans discrimination. Nos programmes d’emploi visent également à favoriser l’entrée des filles sur le marché du travail et à faciliter l’entrepreneuriat féminin, ainsi que l’implication des femmes dans l’élaboration des politiques publiques.

Question : Un conseil à donner aux femmes d’aujourd’hui ?

Réponse : Les femmes d’aujourd’hui ont le monde à leur portée. Mon conseil : poursuivre leurs rêves et faire ce pour quoi elles sont passionnées, d’étudier et de se lancer dans toutes les carrières, de s’impliquer dans la vie citoyenne, la vie publique, mais aussi  de prendre le temps de voir leurs enfants grandir. Les carrières peuvent attendre, mais les  premières années d’un enfant sont une période unique et magique. L’arrivée croissante  des femmes dans le monde du travail pose la question de l’équilibre d’une vie familiale. Et cette question est valable pour les hommes aussi !

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[1] Devenue en 2007 directrice générale de la Banque mondiale, cette Nigériane en a démissionné en 2011 pour  devenir ministre des finances de son pays, un poste qu’elle avait déjà – brillamment - occupé entre 2003 et 2006. En 2012, elle a été l’un des trois candidats à la présidence de la Banque mondiale.

[2] Ancienne vice-présidente de la Banque Mondiale pour la Région Afrique, également ex ministre de l’Education du Nigeria, elle est l’un des cofondateurs de l’ONG Transparency International.

[3] Médecin, ex directrice générale de la Banque mondiale, Mamphela Ramphele était une amie proche du militant anti-apartheid Steve Biko (mort en prison en 1977). En février 2013, à 65 ans, elle a annoncé lancer un nouveau parti politique sur la scène sud-africaine, dit Agang (« Construire » en sesuthu).

[4] Cette ex ministre de la santé au Botswana, où elle a été le fer de lance de la lutte contre le Sida, est devenue directeur adjoint de l’OMS en 2003. Aujourd’hui, elle est directrice exécutive de l'Alma (Alliance des dirigeants africains contre le paludisme).


Nnenna Nwabufo: “We must remain humble despite the heights we attain”

Nnenna Nwabufo, Director of Programming and Budget Department, was born in Nkwerre, in Eastern Nigeria, and grew up in Enugu and Lagos, Nigeria’s former capital and the country’s commercial capital. Nnenna studied at the University of Lagos and Henley Management College in Henley-on-Thames, United Kingdom. She holds an MSc in Economics and an MBA. Nnenna’s first professional job was with Chase Manhattan Bank in Lagos, where she started out working in Operations, reporting on letters of credit issued and paid, before moving to the Budget Department and later to the Treasury Department.

Question: What woman or women influenced you most in your life and career?

Answer: I have been influenced both by many men and women. All around me and everywhere I go, I am influenced when I see good, humble and hard-working people.

Question: What place does the promotion of the status of women occupy in your division/department?

Answer: Unfortunately, out of 26 staff members in COBS only four (15 per cent) of us are women.

Fortunately, we are expecting another woman to join us by the 1st of April.  Despite this fact, I am happy to be leading the team and would definitely provide encouragement to the women members of the team to put in their best professional performance on the job. They have to be ready to compete for good opportunities to improve their status both in the department and the Bank at large. And, of course, whenever there are vacancies, we have to ensure that women candidates that qualify are given a fair chance.

Question: Word of advice for women today?

Answer: Let us be hard-working, focused, friendly, respectful and supportive to one another. Above all, we must remain humble despite the heights we attain.