Projet d'appui aux communautés de pêcheurs de Tulear
Overview
- Reference: P-MG-AAF-001
- Approval date: 16/11/2005
- Start date: 26/10/2006
- Appraisal Date: 04/08/2005
- Status: OngoingOnGo
- Implementing Agency: SERVICE REGIONAL DE LA PECHE ET DES RESOURCES HALIEUTIQUES (SRPRH)
- Location: SUD-OUEST DE MADAGASCAR
Description
1. Le Projet d'appui aux communautés des pêcheurs comprend quatre composantes:
(i) Renforcement des capacités;
(ii) Aménagement et Gestion durable des ressources halieutiques;
(iii) Développement de la production; et
(iv) Coordination et gestion du Projet. Les composantes du projet sont décrites ci-dessous.
A.Composante Renforcement des capacités
2.Le renforcement des capacités a pour objectif d'organiser les pêcheurs et d'apporter les services d'animation et de formation nécessaires afin que leurs organisations puissent être capables de gérer leur patrimoine commun, d'accéder au crédit et de défendre les intérêts de leurs adhérents. Il a également pour objectif d'apporter une assistance technique pour la mise en place d'un système de crédit au bénéfice des populations de la zone du Projet, de dynamiser les activités réalisées par les femmes et de contribuer à consolider le dispositif de prévention contre le VIH/SIDA mis en place par le Gouvernement malgache. Enfin, le renforcement des capacités permettra d'aider l'administration des pêches à former des ingénieurs halieutiques, des charpentiers navals et des mécaniciens de moteurs hors bord indispensables pour un développement à long terme du secteur de la pêche.
3.Organisation des bénéficiaires: Des organisations de base seront créées (là où elles n'existent pas encore) dans chaque village de la zone du projet (au total 92 villages). Ces organisations seront renforcées à travers l'animation et la formation de leurs membres. Elles seront les principaux interlocuteurs du projet et de l'administration des pêches dans les villages. Le projet financera les services d'animation et de formation nécessaires à la constitution et ou au renforcement de ces organisations de base.
4.Assistance pour la mise en place du crédit: Une assistance technique sera apportée afin de fournir l'expertise nécessaire à la gestion de nouveaux produits de crédit et à l'ouverture de nouveaux points de service. Cette assistance technique comportera deux types d'activités:
(i) une étude avec comme objectifs de réaliser un diagnostic socio-économique afin de définir les meilleures modalités de garantie et de mise en place des nouveaux produits de crédit, d'élaborer un programme d'extension des activités des antennes et de définir les conditions techniques et financières nécessaires à cette extension.
(ii) 1'appui en organisation et en formation aux techniciens et agents de crédit de l'IMF sur les procédures à mettre en place pour introduire les nouveaux produits de crédit et d'épargne et sur la gestion, l'encadrement des emprunteurs et le recouvrement des nouveaux produits de crédits. L'assistance technique sera confiée à un opérateur spécialisé dans le microfinance.
5.Appui spécifique aux femmes: Les actions suivantes seront financées au profit des femmes:
(i) des formations en transformation des produits de la pêche (2.000 femmes);
(ii) des formations des formateurs du Centre de formation féminine de Tuléar aux nouvelles techniques de transformation et des équipements pour le renforcement de ce même centre ;
(iii) des microcrédits à 3.000 femmes mareyeuses pour le développement de l'activité de séchage et de commerce de poissons; et enfin,
(iv) la réalisation de 30 jardins maraîchers villageois pour diversifier les activités féminines et améliorer la nutrition dans le village et la formation de 30 organisations féminines pour la gestion et l'exploitation de ces jardins.
6.Lutte contre le VIH-SIDA: Le projet financera 35 actions de prévention contre le VIH-SIDA dans les communautés des pêcheurs, selon les modalités de réalisation du CNLS. Les activités suivantes seront réalisées dans le cadre de ces actions:
(i) la formation des membres des associations ou groupements;
(ii) une activité de sensibilisation auprès des autorités locales et notables;
(iii) une activité de communication;
(iv) une activité d'animation de groupe, réalisées séparément pour les hommes et pour les femmes.
7.Formation d'ingénieurs et de techniciens: Pour contribuer au renouvellement du personnel de la pêche, le projet apportera son appui à l'IH.SM pour la formation de 40 ingénieurs halieutiques spécialisés dans la gestion durable des ressources. Il apportera également un appui au Centre de formation technique de Tuléar pour l'ouverture d'une filière destinée à la formation de charpentiers navals en fibre de verre et en planches. Cet appui se fera par la création d'un atelier de charpenterie naval et le recrutement d'un enseignant architecte naval pour une durée de 18 mois. Un appui sera également apporté pour l'ouverture d'une filière permettant la formation de mécaniciens de moteurs hors bord. Comme le Centre technique dispose déjà de formateur spécialisé dans la mécanique, l'appui consistera en l'acquisition d'outillage permettant cette formation. Les prototypes de pirogues en fibre de verre et en planches fabriqués lors de la formation seront testés dans une vingtaine de communautés de pêcheurs à titre de démonstration.
B.Composante Aménagement et gestion durable des ressources halieutiques
8.De manière générale, la pêche a lieu dans les eaux côtières intérieures aux récifs et l'exploitation des mêmes lieux de pêche a entraîné la surexploitation des ressources, notamment celles des poulpes et la dégradation des écosystèmes marins et côtiers. En effet, malgré l'augmentation de l'effort de pêche, la production de la pêcherie traditionnelle semble stagner; certaines espèces se sont raréfiées et d'autres sont en voie de disparition (holothuries ou concombre de mer), compromettant le renouvellement de la ressource. Le projet entreprendra donc des actions d'aménagement et de gestion des ressources.
9.Aménagement des zones de pêche de poulpes: L'expérience menée à Andavadoka décrite au paragraphe 3.1.4 sera dupliquée dans la zone du projet. Dix zones seront aménagées par an pendant 5 ans, soit un total de 50 zones. Ces zones seront choisies en collaboration avec les populations concernées et les intervenants dans le programme d'aménagement. Les aménagements se feront avec la collaboration de l'Institut halieutique et des sciences marines de Tuléar (IH.SM), les ONG WCS et Blue Ventures, les communautés villageoises et les opérateurs du secteur. WCS qui a déjà participé activement à l'expérience d'Andavadoka assurera la formation des ONG qui seront recrutés pour la sensibilisation des pêcheurs et du suivi des mesures d'aménagement; l'IH.SM sera chargé du suivi scientifique. L'aménagement consistera, en collaboration avec tous les intervenants concernés, à fermer de manière rotative des fractions importantes des zones de pêche pour une durée déterminée en fonction de la biologie des poulpes (période de reproduction et croissance).
10.Enquête cadre et enquête pilote de production: La dernière enquête cadre sur la pêche traditionnelle date de 1990. Le Projet financera une enquête cadre nationale dont l'objectif est de faire un inventaire exhaustif des unités de pêches (pêcheurs, pirogues et engins de pêche, villages) et de constituer un cadre d'échantillonnage de la population étudiée. L'enquête cadre fournira des éléments de base pour un schéma national d'aménagement des pêcheries. Une enquête pilote d'évaluation des captures sera ensuite réalisée dans la zone du Projet, sur un échantillon représentatif de cette zone, pour y évaluer la production. Cette dernière enquête sera conduite annuellement pour suivre l'évolution de la production et mieux gérer la ressource tout le long de la durée de vie du Projet. Un consultant international bio-statisticien (24 mois), un consultant national bio-statisticien (36 mois) et un consultant national informaticien (18 mois) seront recrutés dans le cadre du projet afin d'appuyer la DPRH dans la conception, la mise en oeuvre et l'exploitation des résultats des enquêtes. Les frais de fonctionnement et les équipements nécessaires à la réalisation de ces enquêtes seront financés par le Projet.
11.Exploitation de nouvelles zones de pêche: On estime à environ 85.000 tonnes la disponibilité des ressources (poissons) côtières pouvant être capturées par la pêche traditionnelle si elle est modernisée. Par ailleurs, il y a des indices montrant qu'un stock de langoustes non exploité existe au-delà de la barrière de récif. Le projet financera une activité de pêche destinée à entraîner les pêcheurs à exploiter (dans la zone de Tuléar) les zones de pêches situées au-delà de la barrière de récif. Dans la zone de Tôlagnaro, le projet s'intéressera d'abord à la localisation de stocks de langoustes en dehors des récifs. Cette activité sera menée avec l'IH.SM pour le suivi scientifique des opérations et un opérateur privé. A cet effet, le projet acquerra une embarcation, les engins et autres équipements de pêche (sondeurs, GPS) ainsi que l'expertise nécessaire par le biais d'un expert régional, patron pêcheur professionnel, ayant une expérience confirmée dans les différents types de pêche (langoustes aux casiers, démersales et pélagiques).
12.Promotion de l'aquaculture: Le projet apportera un appui à l'IH.SM pour entreprendre des essais de grossissement de langoustes à partir de larves capturées dans le milieu naturel en se basant sur les résultats obtenus dans certains pays asiatiques (Inde). Par ailleurs, cet institut a mis au point des méthodes d'élevage des concombres de mer et de culture d'algues rouges. Le projet apportera un appui pour la vulgarisation de ces méthodes auprès de pêcheurs intéressés. La culture d'algues sera pratiquée par les femmes.
C.Composante Développement de la production
13.Cette composante comprend les activités relatives à l'acquisition de moyens de production, la formation des pêcheurs à de nouvelles techniques de pêche du poulpe, la mise en place des DCP et la construction de débarcadères.
14.Acquisition de moyens de production: Le projet apportera, à travers le crédit, un appui aux pêcheurs, pour le financement des équipements suivants:
(i) L'acquisition de 50 moteurs hors bord de 5 à 10 CV pour équiper les pirogues de type Vézo pouvant embarquer un équipage de quatre à six personnes pêchant à la ligne (palangrotte, palangre, turlutte et ligne de traîne) et au filet maillant de 100 m, dotées de glacières d'une capacité de 500 kg;
(ii) La dotation en engins de pêche de 2.000 pirogues, identiques à ceux utilisés actuellement; et
(iii) L'acquisition de 200 caisses isothermes (glacières) pour les petits collecteurs/collectrices actifs dans la pêcherie traditionnelle.
15.Les activités de crédits seront financées par Vola Mahasoa (VM) qui recevra une ligne de crédit d'un montant de 362.000 UC financé entièrement par Gouvernement sur les fonds de l'Agence Malgache de la Pêche et de l'Aquaculture. La ligne de crédit sera octroyée par l'Etat à VM sous forme de prêt remboursable et dans le cadre d'un accord que cette institution signera avec le Gouvernement. VM bénéficiera également, de la part du projet, d'une assistance technique pour l'étude et la mise en place de ces crédits (paragraphe 4.5.4).
16.Le financement de la commercialisation des produits de pêche, et autres petites activités commerciales, ainsi que des engins de pêches (filets, hameçons, etc.) sera assuré par les 5 antennes (Bezaha, Ankililoaka, Sakaraha, Tuléar et Betioky) de Vola Mahasoa (VM). Le système de crédit qui sera appliqué consistera à constituer les pêcheurs en groupes de caution solidaire (GCS) de 5 personnes au minimum. Les GCS acceptent de se cautionner mutuellement, en cas de défaillance d'un membre. Ils sont localisés à proximité physique les uns des autres, acceptent de se former en suivant la méthodologie de VM et de se faire réévaluer à chaque fin de cycle. Ils recevront des prêts dont les montants varieront entre 50 US$ et 200 US$ et qui seront remboursés sur une durée ne dépassant pas 12 mois. Le taux d'intérêt est fixé à 3,5 % par mois (méthode dégressive soit 21% de taux d'intérêt annuel) et prendra en compte l'objectif de couverture des coûts et de pérennité. VM pourrait également mobiliser l'épargne chez les pêcheurs et les mareyeuses puisque la nouvelle législation qui vient d'être adoptée permet aux IMF non mutualistes de collecter l'épargne. Le recours au GCS pour garantir le remboursement des crédits est une méthode qui a déjà montré ses preuves aussi bien chez les clients de VM et chez ceux d'autres institutions de mircofinance.
17.Le financement des équipements des pêcheurs (moteurs hors-bord, engins de pêche, caisses isothermes), dont les montants varieront entre 500 US$ et 2.500 US$ se fera à travers des actions pilotes de crédit qui seront également conduites par Vola Mahasoa. Avant d'accéder au crédit, les groupes de solidarité des pêcheurs constitueront un apport (en espèces) de 10 % du montant du crédit et ouvriront des comptes d'épargne auprès de Vola Mahasoa. Les prêts seront consentis sur une période ne dépassant pas 36 mois, mais les remboursements se feront sur une périodicité mensuelle.
18.Formation des pêcheurs à de nouvelles techniques de pêche du poulpe : La pêche aux poulpes pratiquée à Tuléar consiste à capturer les poulpes a l'aide de pieux ou harpons sur la barrière corallienne, entraînant à la fois des blessures aux prises et la destruction de la barrière et des niches d'habitats du poulpe par piétinement et fragmentation du corail. La production capturée se vend de 3 à 4 Euros le kg selon le poids. Toutefois, il existe des méthodes alternatives de pêche qui permettent une capture des poulpes sans leur occasionner de blessures tout en protégeant leur habitat naturel. Les animaux ainsi capturés se vendent jusqu'à 10 E le kg. Le projet se propose donc de former 500 pêcheurs malgaches à ces techniques de pêche.
19.Mise en place de DCP: Le projet financera l'implantation, au-delà de la barrière de récifs de 25 dispositifs de concentration de poissons (DCP) en se basant sur les essais de la FAO qui a obtenu des résultats intéressants dans certaines zones du littoral. Les DCP seront localisés dans les zones où il existe un aménagement de la pêche aux poulpes, pour permettre aux pêcheurs de ces zones d'avoir une activité alternative. Les bénéficiaires seront impliqués dans la conception et l'installation des DCP et seront responsables de leur entretien.
20.Construction de débarcadères: Des débarcadères seront construits dans les 20 villages où la production est importante. Chaque débarcadère comprendra une plate-forme viabilisée de 150 m² environ de surface comportant un revêtement en terre-plein, des latrines, et un local pour un groupe électrogène. La plate forme sera dotée de facilités (adduction d'eau, électricité, fosse septique, dispositif de gestion des déchets) permettant à la production débarquée d'être traitée dans des conditions sanitaires conformes aux normes européennes. Le choix des sites des débarcadères sera convenu avec les pêcheurs et les opérateurs. Une étude sera menée par un consultant pour la conception d'un débarcadère type. Les débarcadères seront cédés aux communes rurales qui confieront leur gestion à des opérateurs privés.
D.Composante Coordination et gestion du projet
21.La responsabilité de la coordination et de l'exécution du Projet sera dévolue au Service Régional de la Pêche et des Ressources Halieutiques (SRPRH) de Tuléar conformément au principe admis du recours aux structures nationales pour la mise en oeuvre des Projet et programmes. Cette option est conforme à la déclaration de Paris sur l'harmonisation et à la Politique de décentralisation/déconcentration engagée par le Gouvernement malgache. Elle a, par ailleurs, été discutée et admise par les partenaires au développement. Le SRPRH est organisé comme suit:
(i) un chef de service;
(ii) trois chefs de division technique (pêche industrielle, pêche traditionnelle et aquaculture);
(iii) un chef de division statistique; et
(iv) un chef de division administrative et financière.
22.Le Gouvernement et la Banque ont, néanmoins, reconnu que la capacité du SRPRH est insuffisante pour exécuter le Projet et sont convenus de le renforcer par le recrutement sur les sources du prêt d'une assistance technique (un expert en développement participatif, un environnementaliste, un spécialiste des acquisitions, un comptable et un expert en suivi- évaluation) fournie par un bureau d'études et du recrutement d'un personnel de soutien (secrétaires, chauffeurs) sur financement du Gouvernement. Le Projet offrira des opportunités de formation au profit des cadres de la DRPH et du SRPRH dans le domaine de la gestion et de l'exécution des projets afin de contribuer à la création d'une capacité d'exécution des projets dans l'administration des pêches aussi bien au niveau régional dans la province de Tuléar qu'au niveau national. Le Gouvernement et la Banque sont, par ailleurs, convenus que les profils du chef de service et du chef de la division pêche traditionnelle devront être adaptés pour tenir compte du nouveau mandat étendu du SRPRH et que par conséquent le choix des titulaires de ces postes devra faire l'objet d'une procédure de sélection rigoureuse, sur une base compétitive et d'accord partie entre les deux partenaires.
23.Le Projet apportera, par ailleurs, un appui logistique et financier pour renforcer le SRPRH et l'aider à exécuter ses nouvelles missions. Cet appui comprendra le financement du fonctionnement, l'acquisition de 2 véhicules tout terrain et de 2 barques de transport, l'acquisition d'un logiciel comptable et les prestations d'un auditeur externe. L'acquisition de véhicules tout terrain est justifiée par le manque de moyens de transport aussi bien au niveau du SRPRH que de la DPRH et de la nécessité de tels moyens pour l'exécution du Projet. Le Gouvernement et la Banque sont convenus que, dorénavant, toutes les interventions dans le secteur de la pêche au niveau de la province de Tuléar seront coordonnées par le SRPRH.
Objectives
L'objectif spécifique visé par le PACP est de promouvoir un développement durable de la pêche traditionnelle maritime à travers le renforcement des organisations des bénéficiaires et des services de l'état, une gestion concertée et responsable des ressources halieutiques et un équipement adéquat des pêcheurs.
Rationale
1.La pêche joue un rôle de plus en plus important dans le secteur rural et dans l'économie du pays en général; elle contribue pour 7% au PIB et procure environ 500.000 emplois directs et indirects. La pêche traditionnelle maritime joue un rôle important dans ce sous-secteur aussi bien dans la satisfaction des besoins du pays en protéine (plus de 90% de la consommation locale) que dans l'apport en devise (environ 16 millions de $US par an). Elle représente, dans la plupart des cas, la seule source de revenus pour une population estimée à 59.000 pêcheurs. C'est la pêche traditionnelle, qui présente dans le sous-secteur de la pêche, des perspectives de développement; d'ailleurs, c'est sur elle que le plan directeur de la pêche compte pour augmenter la consommation de poisson de 7 à 8 kg/habitant/an en 2008.
2.Malgré l'importance de la pêche traditionnelle dans l'économie nationale, celle-ci connaît de sérieuses difficultés de développement. La production stagne à 70.000 tonnes par an et les rendements plafonnent à 3 tonnes par pirogue et par an. Les pêcheurs sont sous-équipés. Les embarcations qu'ils utilisent ne permettent que des marées de courte durée dépassant rarement les 6 heures, dont une bonne partie est consacrée au déplacement du village au lieu de pêche. Une forte majorité des pêcheurs limite sa zone de pêche aux lagons. Seulement 16% d'entre eux déclarent opérer en dehors de cette limite. La concentration des efforts de pêche dans la zone des lagons engendre des effets de surexploitation dont les résultats commencent à être visibles avec la raréfaction, voire la disparition, de quelques espèces de poissons et la dégradation des écosystèmes marins et côtiers. Les pêcheurs traditionnels n'ont pas d'accès au crédit, ce qui limite considérablement les possibilités de développement de ce sous-secteur. Les organisations de pêcheurs ne sont pas encore suffisamment structurées pour être à mesure de gérer de manière durable la ressource halieutique. Par ailleurs, le manque de données statistiques fiables ne permet pas de mettre en place une véritable politique d'aménagement et de développement du sous-secteur. Le Projet contribuera à lever ces contraintes pour permettre un développement durable de la pêche traditionnelle maritime.
Benefits
1.La production additionnelle due au projet, en année de croisière, serait d'environ 3.000 tonnes de poissons et 800 tonnes de poulpes. Le taux de rentablité économique du Projet est estimé à 20%.
2.Le PACP bénéficiera à 92 villages de pêcheurs totalisant une population de 70.000 personnes. L'augmentation de la production halieutique, en plus de son effet sur le revenu des bénéficiaires, engendrera une amélioration de la nutrition dans tous les villages de la zone du projet.
3.Les microcrédits bénéficieront à environ 3.000 femmes pour le développement du petit commerce de produits alimentaires. Elles pourront développer leurs activités et contribuer à couvrir leurs besoins essentiels. Les organisations de femmes qui le désirent bénéficieront de formation dans le domaine de la conservation du poisson. Une trentaine de villages bénéficieront de jardins maraîchers, ce qui contribuera à améliorer la nutrition dans ces villages.
4.La prévention contre le SIDA à travers la réalisation d'un nombre supplémentaire d'actions dans le cadre de l'intervention du Conseil National de Lutte contre le SIDA va contribuer à faire connaître la maladie et ses modes de prévention à un nombre accru de personnes. Il est estimé qu'un nombre d'environ 30.000 personnes seront mieux informé sur la maladie à la fin du Projet.
Key contacts
GUINEO Vaidjoua - OSAN4
Costs
| Finance source | Amount |
|---|---|
| ADF | UAC 6,325,000 |
| Government | UAC 755,000 |
| Total | UAC 7,080,000 |
