Projet de valorisation des eaux dans les régions de Dosso et de Tillaberi
Overview
- Reference: P-NE-AAC-008
- Approval date: 05/10/2006
- Start date: 18/04/2007
- Appraisal Date: 15/11/2005
- Status: OngoingOnGo
- Implementing Agency: DIRECTION AMENAGEMENT EQUIPEMENT RURAUX AGRICOLES - DAERA
- Location: Régions de Dosso et de Tillabéri
Description
Le projet d'une durée de 5 ans concerne les régions agro-pastorales de Dosso et de Tillabéri. Il entend assurer une plus grande maîtrise des eaux de surface et souterraines, en promouvant la réalisation et la valorisation d'ouvrages hydro-agricoles, les techniques de petite irrigation et la gestion rationnelle des ressources naturelles. Sur la base d'une démarche participative et décentralisée, le projet permettra le développement de 1.200 ha de cultures de décrue et de 680 ha de cultures irriguées, ainsi que la régénération de près de 9.500 ha de terres dégradées. Le projet apportera un appui particulier à la question foncière, à la gestion communautaire des ressources naturelles, à la structuration des organisations paysannes et à la promotion des femmes. Les principales composantes du projet sont: (A) Aménagements, (B) Mise en valeur, (C) Renforcement des capacités et (D) Gestion du projet.
La composante Aménagements comprend la création de petits ouvrages de mobilisation des eaux de surface (barrages, digues déversantes, mares, seuils, etc.), l'aménagement de périmètres irrigués à l'aval de certains ouvrages de stockage, la promotion de jardins irrigués ainsi que les actions de regénération des écosystèmes agro-forestiers, de récupération des terres dégradées et de lutte contre l'érosion des bassins versants. Cette composante intègre donc des aménagements structurants destinés à valoriser l'eau, et des actions de protection de l'environnement destinées à préserver le capital productif, et qui associeront étroitement les populations concernées.
A travers les composantes Mise en valeur et Renforcement des capacités, le projet propose une diversification de la production agricole et l'amélioration des techniques culturales appuyées par un renforcement de l'encadrement des agriculteurs. Le projet contribuera également à l'amélioration du bilan fourrager des zones d'intervention. Le projet appuiera également des actions de recherche développement avec l'INRAN et contribuera au renforcement de la sécurité foncière des exploitants par le biais des commissions foncières (COFO). De nombreuses actions de formation viendront appuyer le renforcement des capacités au niveau local.
La dernière composante concernera la gestion du projet (aspects financiers et suivi-évaluation notamment), à travers une Cellule de coordination légère basée à Niamey et disposant de deux antennes à Dosso et à Tillabéri. Cette Cellule sera sous la tutelle du Ministère du développement agricole, et aura pour mission principale de coordonner l'ensemble des activités du projet qui seront confiées à un certain nombre d'opérateurs (entreprises, bureaux d'études, ONG, administration, etc.). Un accent particulier sera porté sur une gestion axée sur les résultats, ainsi que sur le suivi et la mesure de l'impact du projet, notamment vis à vis des femmes. Le suivi environnemental du projet sera confié au bureau d'évaluation environnementale et des études d'impact (BEEEI) qui a autorité en la matière.
Dans le détail, les activités du projet concerneront:
(i) la réalisation de 10 petits ouvrages de mobilisation des eaux (seuils, micro-barrages) permettant la décrue sur environ 750 ha et l'irrigation sur 200 ha,
(ii) le renforcement de 12 ouvrages existants permettant la sécurisation de la décrue sur 450 ha et de l'irrigation sur 180 ha,
(iii) la création dans le dallol Bosso de 300 ha de petits jardins irrigués,
(iv) la réalisation de 20 puits pastoraux, la construction de 10 parcs de vaccination, l'aménagement de 3 mares pastorales, le balisage de 250 km de couloirs pour le bétail,
(v) des actions d'agro-foresterie sur 2.500 ha, d'enrichissement de pâturage sur 4.000 ha et de récupération de terres dégradées sur 3.000 ha,
(vi) la construction de 50 km de pistes d'accès, de 12 banques de céréales, de 10 boutiques d'intrants et de 15 puits villageois, (vii) l'appui conseil, la vulgarisation et la formation en direction de plus de 12.000 exploitants, dont au moins 6.000 femmes, et (viii) l'aide à la mise en place de 10 COFOCOM et 30 COFOB.
Objectives
L'objectif sectoriel du projet est de contribuer à la réduction de la pauvreté des populations des régions de Dosso et de Tillabéri. L'objectif spécifique est de rendre ces populations moins vulnérables aux crises alimentaires par la valorisation et la préservation du capital productif.
Rationale
La République du Niger est située au coeur même des pays à écologie sahélo-saharienne; de ce fait, d'importantes contraintes pèsent sur le développement de sa production vivrière. Les conditions climatiques sont d'une telle rigueur que sur près de ¾ du territoire national la pluviométrie est inférieure à 300 mm ce qui ne permet pas de pratiquer une agriculture quelque peu intensive. Les ressources en eau pérennes sont limitées au fleuve Niger à l'Ouest du pays, mais intéressent en fait une faible partie du territoire. Les eaux issues du ruissellement pluvial représentent environ 30 milliards de m3, mais on estime que seulement 1 % de cette eau est exploité. Le reste est non seulement perdu, mais constitue un facteur d'érosion et de dégradation intense pour des sols souvent fragiles.
En 2005 un document de stratégie nationale de développement de l'irrigation et de collecte des eaux de ruissellement a été validé, traduisant ainsi la volonté des Autorités à soutenir l'intensification agricole par une meilleure maîtrise de la ressource en eau. Cette attention particulière est d'ailleurs clairement exprimée dans la Stratégie de développement rural (SDR), adoptée en 2004 par le Gouvernement. Un des objectifs prioritaires est de sécuriser la production agricole en créant autour de sites de rétention des eaux de ruissellement un environnement favorable à l'agriculture de décrue, à l'irrigation, aux activités pastorales, et à la protection des bassins versants.
Le présent projet entend ainsi développer au niveau des régions de Dosso et de Tillabéri, fortement touchées par la dégradation des conditions climatiques, la maîtrise des eaux par la réalisation d'un certain nombre de petits ouvrages structurants (petits barrages, seuils, puits, forages, etc.) qui permettront une sécurisation des productions agricoles. Le projet tirera profit de l'expérience de projets similaires actuellement financés par la Banque dans les régions de Tahoua, Zinder et Diffa.
Benefits
Les actions du projet permettront de sécuriser et diversifier la production agricole et pastorale au niveau des différents sites d'intervention répartis dans les régions de Dosso et de Tillabéri. Ces régions enregistreront globalement un accroissement annuel de plus de 8.000 tonnes de céréales et de 10.800 tonnes de légumes. L'accroissement en production animale sera de 2.200 tonnes de viandes et de 1.16 million de litres de lait par an en année de croisière. Ce regain d'activité contribuera ainsi à l'augmentation des revenus des paysans, à la sécurisation alimentaire, à l'emploi et à la fixation de la main d'œuvre rurale. Les exploitations familiales d'environ 1 ha connaîtront un accroissement d'au moins 3 fois de leur revenu net. Quelques 12.000 exploitants seront directement concernés par le projet, et c'est une population de près de 100.000 personnes qui bénéficiera des impacts du projet. En appuyant les comités de gestion et les organes déconcentrés, et à travers la démarche participative mise en œuvre, le projet contribuera aussi à former les nouveaux acteurs de la décentralisation. Le projet aura donc un impact sur l'auto-promotion du monde rural à travers une responsabilisation des populations et le développement des ressources humaines.
Les femmes seront étroitement associées à la mise en œuvre et aux activités du projet, et en constitueront une cible privilégiée: production maraîchère, petit élevage, transformation et commercialisation, encadrement, formation, alphabétisation, sécurisation foncière, etc. Au total, plus de 50.000 femmes bénéficieront des activités du projet. La modernisation des systèmes de petite irrigation allègera la pénibilité du travail et permettra une intensification des productions. Les femmes bénéficieront de conditions de vie améliorées par un accès facilité à la terre, la construction de puits villageois, la réalisation de pistes d'accès et l'équipement de centres de santé. Les femmes seront largement intégrées dans les organes de gestion des aménagements et infrastructures. La prise en compte de leurs centres d'intérêt (maraîchage, petit élevage, commerce, artisanat, etc.) permettra ainsi aux femmes de disposer de revenus complémentaires substantiels. Les familles bénéficieront d'une situation nutritionnelle améliorée reposant sur une disponibilité suffisante en denrées alimentaires par ailleurs davantage diversifiées. Les actions prophylactiques de santé publique et les mesures spécifiques de santé pour les femmes et les enfants contribueront à mieux protéger les groupes vulnérables qu'ils constituent. Les actions de sensibilisation et d'information relatives à la planification familiale s'inscriront dans le cadre plus global de la prise en compte de la forte dynamique démographique du pays.
Key contacts
ATTIOGBEVI-SOMADO Eklou - OSAN2
Costs
| Finance source | Amount |
|---|---|
| ADF | UAC 13,000,000 |
| Government | UAC 1,930,000 |
| Total | UAC 14,930,000 |
