Projet mobilisation eau Maradi
Overview
- Reference: P-NE-AAC-009
- Appraisal Date: 01/11/2010
- Board Presentation: 16/03/2011
- Status: LendingLEND
- Implementing Agency: DIRECTION AMENAGEMENT EQUIPEMENT RURAUX AGRICOLES - DAERA
- Location: Région de Maradi
Description
Compte tenu des objectifs du projet, ce dernier devrait s'articuler autour de trois composantes principales:
(i) composante aménagements,
(ii) composante renforcement des capacités, et
(iii) gestion du projet.
La composante Aménagements comprend la création de petits ouvrages de mobilisation des eaux de surface (barrages, digues déversantes, mares, seuils, etc.), la promotion de jardins irrigués, la récupération des terres dégradées et de lutte contre l'érosion des bassins versants. Cette composante intègre donc des aménagements structurants destinés à valoriser l'eau, et des actions de protection de l'environnement destinées à préserver le capital productif, et qui associeront étroitement les populations concernées.
Les principales activités physiques prévues concernent
(i) des lâchers d'eau directs dans le lit du goulbi pour un volume annuel de 23, 7 millions de m3 d'eau transférés par an à partir du barrage de Jibiya;
(ii) 3 mini barrages;
(iii) 23 seuils d'épandage, 10 réhabilitations de seuils d'épandage sur le goulbi de Maradi, 6 surcreusements de mares hors goulbi;
(iv) 120 périmètres irrigués de 10 à 20 ha chacun au niveau des fermes pilotes, 1040 puits maraîchers, 4700 ml de protection et correction des berges par épis en gabions;
(v) le désenclavement des sites de production par la réalisation de 60 Km de pistes rurales;
(vi) l'amélioration du capital productif par la préservation de l'environnement pour la sécurisation des sites de production à travers la mise en oeuvre de 30.000 banquettes agro-sylvo-pastorales sur une superficie totale de 5.000 ha, 250 ha de plantations, 300 km de haies vives autour des périmètres irrigués, 2 500 ha de parcs agroforesterie, 1 500 ha d'aires de pâturages à enrichir.
A travers la composante Renforcement des capacités, le projet propose une diversification de la production agricole et l'amélioration des techniques culturales appuyées par un renforcement de l'encadrement des agriculteurs. Le projet contribuera également à l'amélioration du bilan fourrager des zones d'intervention. Le projet appuiera également des actions de recherche développement avec l'INRAN et contribuera au renforcement de la sécurité foncière des exploitants par le biais des commissions foncières (COFO). La composante viendra également en appui au processus de décentralisation en offrant la possibilité aux nouvelles collectivités mises en place de réaliser un certain nombre d'infrastructures de base. De nombreuses actions de formation viendront appuyer le renforcement des capacités au niveau local.
La dernière composante concernera la gestion du projet (aspects financiers et suivi-évaluation notamment), à travers une Cellule de coordination légère basée à Maradi, au sein de la direction régionale du génie rural. Cette Cellule sera sous la tutelle du Ministère du développement agricole, et aura pour mission principale de coordonner l'ensemble des activités du projet qui seront confiées à un certain nombre d'opérateurs (entreprises, bureaux d'études, ONG, administration, etc.). Un accent particulier sera porté sur une gestion axée sur les résultats, ainsi que sur le suivi et la mesure de l'impact du projet, notamment vis à vis des femmes. Le suivi environnemental du projet sera confié au bureau d'évaluation environnementale et des études d'impact (BEEEI) qui a autorité en la matière.
Objectives
L'objectif sectoriel du projet est de contribuer à terme à l'allégement de la pauvreté par un renforcement de la sécurité alimentaire. Le projet a pour objectif spécifique la valorisation des eaux à partir d'ouvrages existants (barrage de Jibiya) ou à réaliser (petits barrages, seuils d'épandage, mares aménagées, etc.).
Rationale
La République du Niger est située au coeur même des pays à écologie sahélo-saharienne; de ce fait, d'importantes contraintes pèsent sur le développement de sa production vivrière. Les conditions climatiques sont d'une telle rigueur que sur près de ¾ du territoire national la pluviométrie est inférieure à 300 mm ce qui ne permet pas de pratiquer une agriculture quelque peu intensive. Les ressources en eau pérennes sont limitées au fleuve Niger à l'Ouest du pays, mais intéressent en fait une faible partie du territoire. Les eaux issues du ruissellement pluvial représentent environ 30 milliards de m3, mais on estime que seulement 1 % de cette eau est exploité. Le reste est non seulement perdu, mais constitue un facteur d'érosion et de dégradation intense pour des sols souvent fragiles.
En 2005 un document de stratégie nationale de développement de l'irrigation et de collecte des eaux de ruissellement a été validé, traduisant ainsi la volonté des Autorités à soutenir l'intensification agricole par une meilleure maîtrise de la ressource en eau. Cette attention particulière est d'ailleurs clairement exprimée dans la Stratégie de développement rural (SDR), adoptée en 2004 par le Gouvernement. Un des objectifs prioritaires est de sécuriser la production agricole en créant autour de sites de rétention des eaux de ruissellement un environnement favorable à l'agriculture de décrue, à l'irrigation, aux activités pastorales, et à la protection des bassins versants.
La région de Maradi est une zone extrêmement pauvre, située au sud-est du pays. Plusieurs de ses bassins versants, soumis à une pression démographique toujours croissante, sont partagés avec le Nigéria, ce qui nécessite la mise en œuvre d'une approche globale et concertée, et un cadre de gestion cohérent à l'échelle des deux pays. La préservation et la valorisation de la ressource en eau et en terres agricoles nécessitent de façon urgente, la réalisation d'actions efficaces de conservation des eaux et des sols, capables de maintenir une activité agricole durable et d'assurer ainsi la survie des populations rurales confrontées aux effets de la sécheresse. Le projet entend donc assurer une maîtrise des eaux de surface et souterraine, et bénéficier des apports en eau du barrage de Jibiya au Nigéria. Il tirera profit des leçons de projets similaires actuellement financés par la Banque dans les régions de Tahoua, Zinder, Diffa, Dosso et Tillabéri et prendra en compte le processus de décentralisation en cours, caractérisé aujourd'hui par la mise en place effective des communes.
Benefits
Les superficies concernées par le projet concernent 7.500 ha dont 2 500 ha de grande irrigation et 5.000 ha de décrue. Au total, plus de 105.000 personnes seront directement touchées et près de 200.000 indirectement. Les productions agricoles additionnelles attendues par an sont estimées à 180.000 tonnes. La production animale additionnelle par an sera de 118 bovins de réforme, 1.464 caprins et 150.000 litres de lait.
Key contacts
TARHOUNI Mouldi - OSAN2
Estimated Cost
| Amount |
|---|
| UAC 15,000,000 |
