Appui sécurité alimentaire régions Louga Matam Kaffrine
Overview
- Reference: P-SN-A00-005
- Appraisal Date: 15/11/2012
- Board Presentation: 25/03/2013
- Status: LendingLEND
- Implementing Agency: GOUV. DU SENEGAL /MINISTERE DE L'ECO. DES FINANCES ET DU PLAN
- Location: Régions de Matam, Louga et Kaffrine
Description
Le projet va s'articuler autour de trois composantes:
Composante 1 - Développement des infrastructures agricoles et d'élevage : Dans le secteur de l'élevage, le projet interviendra surtout dans la zone sylvopastorale du Ferlo (régions de Louga et de Matam), marquée par la faiblesse des précipitations et la dégradation de l'environnement. Le projet interviendra dans le domaine de l'hydraulique pastorale en construisant 10 nouveaux forages équipés de châteaux d'eau et d'abreuvoirs, en réhabilitant 10 anciens forages et en procédant à l'extension de réseaux (environ 5 km) pour des forages existants. En complément de ces infrastructures et en liaison avec les unités pastorales concernées, 12 points de stockage et de vente d'aliments pour bétail seront mis en place, ainsi que 25 parcs de vaccination. Le projet développera aussi, en liaison avec les services des eaux et forêts et les collectivités locales, des activités de protection des ressources naturelles par la mise en place de conventions locales (plans locaux de développement/plan d'occupation et d'aménagement des sols) et la création/entretien de pare-feux (500 km visés). Dix (10) mares pastorales existantes seront également aménagées (surcreusement et aménagement des accès), afin d'accroître leur capacité et durée de vie. Des interventions ciblées seront apportées en direction des petits ruminants, par un appui à la modernisation des habitats avec parcs de nuits. Au total 80 bergeries et 60 chèvreries modèles seront construites, dont la moitié au moins sera réservée aux femmes. L'aviculture traditionnelle sera prise en compte par le développement de 60 poulaillers modèles au niveau des villages et destinées exclusivement aux femmes.
S'agissant du secteur agricole, le Projet interviendra par la mise en place de petites infrastructures hydro-agricoles diversifiées. Dans la région de Kaffrine et dans certaines zones de la région de Louga, il favorisera l'aménagement de 1.200 ha de bas-fonds et de plaines d'épandage de crues pour la riziculture d'hivernage et le maraîchage. Pour cela, des petits ouvrages de rétention (micro-barrages, seuils d'épandage, etc.) seront construits dans les zones d'écoulement, à l'instar des aménagements réalisés par le PAPIL/BAD dans les régions de Tambacounda et de Kolda. Pour les activités dans les bas-fonds, près de 60% des parcelles seront cultivées par les femmes (riziculture, maraichage, etc.). Afin de préserver les sites aménagés contre l'ensablement et en même temps de lutter contre l'érosion des terres de versants sur lesquels sont pratiquées les cultures pluviales, il est prévu des actions de conservation et restauration des sols (techniques de CES/DRS) sur une superficie voisine de 300 ha. Le projet facilitera aussi la mise en place de 30 banques de céréales, à proximité des sites aménagés. Environ 20 jardins maraîchers et arboricoles portant sur une superficie de 80 ha seront également aménagés spécifiquement pour les groupements féminins. Ils comprendront la construction de 60 nouveaux puits, des équipements de pompage (solaire ou électrique), des petits châteaux d'eau et des systèmes de distribution mixtes (bassins, systèmes goutte à goutte, etc.) suivant le niveau des groupes concernés.
Le projet favorisera aussi l'aménagement de petits périmètres irrigués horticoles en utilisant l'eau excédentaire de forages ou en réalisant de nouveaux forages. 40 sites seront concernés, pour une superficie totale de 500 ha (100 ha à partir des eaux de forages existants et 400 ha à partir des nouveaux forages). Pour ces périmètres, au moins 25% des superficies seront réservées exclusivement aux femmes, les 75% restant cibleront prioritairement les jeunes. Le projet financera les clôtures et favorisera l'installation de haies vives pérennes autour des périmètres. Pour assurer la sécurisation du foncier vis-à-vis des femmes (bas-fonds, jardins maraîchers, petits périmètres), le projet les appuiera dans les démarches nécessaires auprès des conseils ruraux concernés. Pour faciliter l'accès et la commercialisation, le projet prévoit au total la réhabilitation de 270 km de bretelles et pistes rurales permettant de favoriser l'accès aux sites aménagés, ainsi que la construction de 40 magasins de stockage dans les périmètres irrigués adossés aux forages. Ces infrastructures seront localisées en fonction des zones faisant l'objet d'aménagements et raccordables à des voies de communication existantes. Certaines de ces activités (aménagement de bas fonds, de jardins maraîchers, réhabilitation de bretelles d'accès aux sites agricoles, banques de céréales) seront soutenues par la stratégie de vivres pour création d'actifs (VCT) et de vivres contre formation (VCF) pour les communautés impliquées, avec l'appui du PAM.
Composante 2 - Appui à la mise en valeur et à l'organisation des producteurs et des éleveurs: Dans le domaine de l'élevage, le Projet appuiera la structuration d'environ 25 Unités Pastorales, à l'instar des pratiques déjà en vigueur dans la zone (cf. projets PAPEL II/BAD et PRODAM II/FIDA). Il s'agira notamment d'appuyer, en collaboration avec les services de l'hydraulique, la création ou la redynamisation des Association d'usagers des forages (ASUFOR), pour asseoir une gestion durable des points d'eau, conformément à la politique nationale en vigueur. Le Projet apportera des appuis ciblés pour l'amélioration des pratiques et en matière de santé animale. Il appuiera la vaccination du cheptel pour les groupements et éleveurs bénéficiant des infrastructures mises en place, la complémentation en aliment (3.000 tonnes d'aliment de bétail usiné et de graines de coton, 1.500 blocs compléments minéraux vitaminés) et la constitution de réserves fourragères (acquisition de 25 motofaucheuses). A destination des femmes, le Projet assurera la formation de 1.500 vaccinatrices pour la volaille traditionnelle et appuiera l'intermédiation pour favoriser les opérations d'embouche (au moins 500 femmes visées). Le Projet apportera aussi un appui pour l'installation et le renforcement d'une dizaine de mini laiteries, intégrant la collecte du lait, en vue de favoriser le développement de bassins laitiers. Les services décentralisés du Ministère de l'élevage assureront le conseil aux éleveurs dans les UP appuyées par le Projet. Pour les diverses acquisitions en intrants et équipements, le projet mettra en place un système incitatif impliquant le secteur privé et en rapport avec le système financier décentralisé et certains mécanismes de crédit en place (FONSTAB, ressources du PMIA, etc.). Dans ce processus, les bénéficiaires apporteront une contribution minimale au financement et bénéficieront de formations et d'un accompagnement de proximité.
L'appui conseil en matière d'agriculture englobera les aspects techniques (vulgarisation, technologies agricoles nouvelles, entretien et gestion des aménagements) et socio-économiques (économie et gestion des exploitations individuelles, organisation et fonctionnement des groupements d'exploitants). Le projet fournira aux groupements, selon un système à coût partagé, les petits équipements de base et une dotation initiale en intrants. Le projet assurera un appui organisationnel pour la gestion des infrastructures hydro-agricoles mises en place, en créant et formant des comités chargés d'assurer l'entretien, la maintenance et la gestion des ouvrages. Le projet développera des actions d'appui conseil et de vulgarisation, en s'appuyant sur les dispositifs de conseil agricole existants, notamment ceux de l'Agence nationale de conseil agricole et rural (ANCAR). Les interventions du Projet porteront aussi sur un appui à la transformation des productions agricoles et la professionnalisation des acteurs. Pour promouvoir la transformation locale des productions agricoles, le Projet appuiera notamment le développement de 64 petites unités de transformation/conditionnement (moulins, décortiqueuses, égraineuse, etc.) des produits alimentaires issus des filières retenues. Comme pour les activités d'élevage, ces acquisitions se feront en impliquant le secteur privé et les institutions de micro finances, et requerront une contribution des bénéficiaires. La professionnalisation des acteurs comprendra le renforcement des capacités par des actions d'information et de sensibilisation, par des formations techniques, syndicales et en gestion, et par un appui à la structuration des OP, etc. Les OP recevront des appuis différenciés selon leur niveau d'organisation, pour tendre progressivement vers l'autonomie et la professionnalisation, incluant un renforcement des structures faîtières. Environ 125 OP seront concernées par ces activités et bénéficieront aussi du soutien de la stratégie de vivres contre formation (VCF) appuyée par le PAM.
Composante 3 - Gestion du projet: La mise en uvre du Programme se fera en respectant les principes d'efficacité de la coordination, d'efficience dans la gestion, et de subsidiarité. La coordination du Projet sera assurée par le Comité technique du PNIA. Ce Comité aura notamment en charge le suivi de la mise en uvre du projet à travers le dispositif du SAKSS. Sur le terrain, la coordination des activités sera assurée par deux équipes légères placées respectivement sous la tutelle technique du Ministère de l'Agriculture et du Ministère de l'élevage. Ces équipes disposeront de l'autonomie de gestion administrative et financière, pour les activités relevant de leur domaine d'intervention. Elles disposeront d'un personnel qualifié, recruté sur base concurrentielle et rôdé aux procédures de gestion, d'acquisition et de suivi-évaluation. Les détails opérationnels seront arrêtés précisément ultérieurement lors de la préparation du projet.
Objectives
L'objectif du PASA-Lou/Ma/Kaf est de contribuer à la sécurité alimentaire et à la réduction de la pauvreté rurale dans les régions de Louga, Matam et Kaffrine. Plus spécifiquement le projet vise l'accroissement durable des productions végétales et animales, l'amélioration des revenus des petits producteurs (agriculteurs et éleveurs) et des femmes en particulier. Pour atteindre ces différents objectifs, le projet améliorera l'accès des petits producteurs, des femmes, et de leurs organisations à des infrastructures de production diversifiées, notamment en matière de maîtrise de l'eau et de désenclavement, ainsi qu'à des services, appuis et technologies adaptées et efficaces. La mise en uvre du projet accordera une attention toute spécifique aux questions liées à la promotion du genre (accent porté sur les interventions en faveur des femmes et des jeunes) et à la viabilité écologique (prise en compte de mesures de mitigation au niveau environnemental et d'actions d'adaptation au changement climatique).
Rationale
Le PASA-Lou/Ma/Kaf s'exécutera sur une période de cinq ans et touchera équitablement les secteurs de l'agriculture et de l'élevage, tout en prenant en compte de façon transversale les questions liées au genre, à l'environnement et au changement climatique. Les activités liées au pastoralisme viseront de manière plus spécifique les régions sylvo-pastorales de Louga et Matam, tandis que les activités agricoles cibleront davantage la région de Kaffrine et le Sud de la région de Louga, étant entendu que des activités d'intégration de l'agriculture à l'élevage seront partout promues. Certaines activités seront soutenues par des stratégies de vivres pour création d'actifs (ou vivres contre travail: VCT) et de vivres contre formation (VCF) pour les communautés impliquées. Ces démarches visent à stimuler la mobilisation des communautés bénéficiaires pour la réalisation des activités ciblées en leur apportant un appui sous forme de rations alimentaires. Pour des raisons d'efficacité et d'impact, le Projet concentrera ses interventions et activités dans terroirs et communautés rurales présentant un potentiel et pouvant devenir des pôles de développement à l'échelon local. Seront ainsi ciblées, les zones pour lesquelles existent notamment:
(i) un potentiel productif aménageable de façon durable,
(ii) une dynamique locale traduite par des initiatives communautaires et un engagement fort des collectivités,
(iii) des possibilités de désenclavement des zones de production,
(iv) la proximité d'un marché local ou régional, ainsi que des débouchés et opportunités de marchés pour les différents produits, et
(v) des organisations paysannes et des groupements inscrits dans une dynamique de structuration et de durabilité.
Benefits
Entre autres résultats attendus, le programme permettra d'induire un accroissement des productions annuelles végétales et animales, une augmentation des revenus pour les producteurs, avec un ciblage particulier pour les groupes vulnérables (petits producteurs, femmes et jeunes).
Plus en détail les avantages et résultats suivants sont visés:
SECURITE ALIMENTAIRE Production céréalière additionnelle9.500 tonnes/an Production maraîchère additionnelle13.000 tonnes/an Production de viande additionnelle5.300 tonnes en 5 ans
ACCROISSEMENT DES REVENUS Producteurs de bas-fonds50.000 à 250.000 FCFA/an Femmes des jardins maraîchers30.000 à 120.000 FCFA/an Femmes et jeunes des petits périmètres irrigués800.000 à 1.200.000 FCFA/an Valeur ajoutée par les productions de viande9,5 milliards de FCFA Valeur ajoutée par la valorisation du lait3,4 milliards de FCFA
GROUPES VULNERABLES TOUCHES Nombre d'éleveurs directement touchés par le projet 19.700 éleveurs dont 7.500 femmes et 3.400 jeunes Population totale bénéficiant directement du projet211.000 personnes dont 51% femmes Population totale bénéficiant des retombées du projet490.000 personnes dont 51% femmes
Key contacts
BOULENGER Francois-Xavier - OSAN2
Estimated Cost
| Amount |
|---|
| USD 45,000,000 |
