Etude sur les maladies emergentes et ré-emergentes pour le renforcement du système de veille sanitaire


Overview

  • Reference: P-TN-IBE-001
  • Approval date: 03/11/2009
  • Start date: 25/01/2011
  • Appraisal Date: 01/05/2009
  • Status: OngoingOnGo
  • Implementing Agency: GOUVERNEMENT DE TUNISIE MINISTERE DES FINANCES
  • Location: TERRITOIRE NATIONAL

Description

Les composantes du projet sont les suivantes:

(i) Analyse du profil épidémiologique des maladies émergentes et ré-émergentes;

(ii) Renforcement des capacités de l'ONMNE.

Composante I: Analyse du profil épidémiologique des maladies émergentes et ré-émergentes

Cette composante vise l'amélioration de la connaissance des maladies émergentes et ré émergentes dans le but d'organiser efficacement la veille sanitaire et la réponse. Cela nécessite la réalisation de plusieurs études et enquêtes, notamment sur:

(i) la morbidité et la mortalité par maladies transmissibles, y compris le paludisme et les IST/VIH/SIDA,

(ii) le risque microbiologique;

(iii) les risques liés aux changements climatiques et leurs effets sur la santé;

(iv) le risque lié aux leishmanioses;

(v) la prévalence des Papillomavirus Humains (HPV) et l'identification des souches en circulation en Tunisie;

(vi) le risque d'installation du Chikungunya et du virus de la vallée du Rift en Tunisie; vii) le codage de l'information médicale en milieu de pratique médicale libérale et le système de veille sanitaire basé sur le réseau des praticiens de ville; viii) la faisabilité d'un réseau de veille sanitaire basé sur les services hospitaliers des urgences pour détecter les phénomènes épidémiques saisonniers. Ces études utiliseront entre autres variables, les variables Genre et pauvreté. L'hypothèse est que les hommes tout autant que les femmes souffrent de ces maladies, mais les implications sociales et économiques de ces maladies ne sont pas les mêmes selon le genre. Une autre hypothèse est que la faible fréquentation des centres de santé par les hommes peut fausser les statistiques. La variable pauvreté (ou niveau de revenu) sera utilisée pour analyser les populations les plus vulnérables à ces maladies; le niveau de vulnérabilité sera analysée selon le genre.

Composante 2: renforcement des capacités de l'ONMNE

La réalisation de cette composante permettra à l'ONMNE de combler les lacunes décrites au paragraphe 1.3.2 et de jouer efficacement son rôle dans le dispositif sanitaire du pays. Le renforcement institutionnel de l'ONMNE sera effectué à travers le recrutement d'une assistance technique, la formation, l'acquisition d'équipements et la création d'une base de données. L'assistance technique sera composée de 7 expert-es pour accompagner la mise en place de programmes spécifiques de l'observatoire dans les domaines de l'épidémiologie des maladies infectieuses, des systèmes sentinelles, de l'analyse du risque biologique, de l'entomologie, de l'ornithologie, de la santé animale et vétérinaire, et de la climatologie.

Les activités de formation, à l'échelle nationale et internationale, seront de courtes durées pour préparer les cadres de l'institution et les membres (régionaux et périphériques) des réseaux sur lesquels s'appuieront les activités de collecte, d'acheminement et d'analyse des données. Ainsi deux cadres de l'ONMNE bénéficieront d'un stage de 6 mois à l'étranger dans les domaines du risque microbiologique et de l'impact du changement climatique sur la santé. Quatre cadres (femmes et hommes) de l'ONMNE effectueront des stages de 3 mois à l'étranger dans les domaines de la mise en place d'une base de données sur la morbidité et la mortalité des maladies transmissibles; du codage de l'information médicale et de la mise en place d'un système de veille incluant les praticiens privés; de la mise en place d'un réseau de veille sanitaire basé sur les urgences hospitalières pour détecter les phénomènes épidémiques saisonniers; et de la mise en place d'une unité de gestion des alertes au sein de l'ONMNE.

Les formations à l'échelle nationale concerneront:

(i) la mise en place et la gestion des systèmes d'informations sanitaires (45 hommes et femmes pendant 5 jours);

(ii) l'épidémiologie " de terrain " (120 hommes et femmes pendant 5 jours); divers thèmes à raison de 4 sessions d'une semaine par an avec les membres des réseaux.

L'acquisition d'équipements concerne:

(i) le matériel informatique et de moyens de communication pour développer des applications de surveillance grâce aux nouvelles technologies de communication;

(ii) le matériel roulant en vue de développer la capacité opérationnelle des équipes de l'observatoire;

(iii) le matériel de laboratoire (matériel de capture et piégeage des vecteurs et des réservoirs de maladies, réactifs de diagnostic et milieux de transport, matériel d'acheminement des produits biologiques et besoins en équipements informatiques des laboratoires de surveillance).

La création d'une base de données est la mise en place d'un système exhaustif de collecte de données permettant d'avoir une idée réelle de la situation en complétant le système passif actuel de routine à partir des maladies à déclaration obligatoire. Ce nouveau système permettra d'inclure systématiquement les données des programmes de lutte contre les pathologies prioritaires, les enquêtes, les publications des équipes médicales, les travaux et thèses, les données hospitalières et celles de la médecine privée.


Objectives

La finalité est l'amélioration de l'état de santé de la population tunisienne. Le but du projet est de renforcer le dispositif national de surveillance épidémiologique pour lutter efficacement contre le risque de survenue des maladies émergentes et ré-émergentes.


Rationale

La valorisation des ressources humaines et le renforcement du progrès social en Tunisie occupent une place de choix dans la stratégie de développement du XIème Plan dans la mesure où le capital humain est considéré comme le moteur du développement. Dans le domaine de la santé, le Plan prévoit le renforcement du système sanitaire et l'amélioration de la qualité des prestations ce qui permettra d'accroître l'espérance de vie. L'un des axes stratégiques est le renforcement de la sécurité sanitaire du pays et la consolidation des programmes préventifs de santé. Il s'agit notamment:

(i) d'assurer la continuité des programmes de lutte contre les maladies transmissibles pour maintenir le bénéfice de leur éradication (paludisme, bilharziose, choléra) ou leur élimination (polio, rougeole, lèpre) ou leur contrôle (tuberculose, SIDA, maladies hydriques);

(ii) et de mettre en place de nouveaux systèmes de surveillance épidémiologique: systèmes sentinelles, réseau de laboratoires vigiles, systèmes d'alerte climatologique.

L'ONMNE a été créé en 2007 pour répondre à ce besoin de renforcement de la capacité du dispositif national de surveillance dans les domaines de la protection précoce et de l'alerte rapide vis-à-vis des maladies nouvelles et émergentes et celles autochtones à potentiel épidémique. Elle a organisé la veille sanitaire à l'avènement de la pandémie récente de la grippe aviaire et de celle en cours de la grippe A (H1N1). Ces deux épreuves ont mis en évidence ses faiblesses: insuffisance d'expertise dans les différents domaines de la veille sanitaire, insuffisance du plateau technique pour mettre en place les réseaux d'information et de communication nécessaires, insuffisance de la structure de gestion administrative et financière. L'intervention de la Banque devra donc comporter une composante de renforcement institutionnel de l'ONMNE pour combler ces lacunes.

L'appui de la Banque à l'exécution du volet santé du XIème plan stratégique de développement est en phase avec le règlement sanitaire international adopté par l'OMS en 2005 en ce sens qu'il vise le renforcement du système d'information sanitaire pour s'adapter aux transitions démographiques et épidémiologiques en cours. Ce financement de la Banque permettra au pays de renforcer la qualité des données sur les maladies émergentes et ré-émergentes (y compris le VIH/SIDA et le paludisme) et de renforcer la surveillance, contribuant ainsi à l'amélioration du système de santé et au bien-être des populations.

L'appui est également en conformité avec le Pilier N° 3 de la stratégie 2007-2011 de la Banque pour la Tunisie à savoir la consolidation du capital humain. Certes, ce pilier se concentre prioritairement sur le renforcement des passerelles entre le monde éducatif et le monde du travail pour assurer une plus grande adéquation formation/emploi et contribuer ainsi à la réduction du chômage, mais la stratégie a prévu de financer, par l'intermédiaire d'un don, l'étude sur les maladies émergentes et ré-émergentes. La qualité des données sera renforcée par la formation de personnel à tous les niveaux. Par ailleurs, des projets susceptibles d'être financés par la Banque dans d'autres domaines prioritaires du XIème plan pourraient naître de la présente intervention: construction du laboratoire national d'hygiène et de l'Ecole nationale de santé publique, élaboration du schéma directeur national de santé.

L'utilisation d'un don PRI se justifie également par l'approfondissement du dialogue de politique économique avec le pays et la connaissance des contraintes de développement. Elle est conforme aux Directives révisées relatives à l'administration et l'utilisation du fonds d'assistance technique pour les pays à revenu intermédiaire (octobre 2005). Les activités éligibles sont: le renforcement des capacités, l'appui institutionnel, les études sectorielles et autre travail d'analyse de portée nationale. L'intervention de la Banque se justifie par son expérience en matière de système d'information sanitaire dans les pays membres régionaux et dans la lutte contre les maladies transmissibles. Les maladies émergentes et ré-émergentes en Tunisie étant principalement des maladies transmissibles, cette expérience sera mise à profit pour affiner les réponses du système de santé sur la base d'information fiable et garantir ainsi la sécurité sanitaire du pays.


Benefits

L'appui institutionnel à l'ONMNE lui permettra d'assumer durablement son rôle au sein du dispositif sanitaire du pays, à savoir doter la Tunisie de systèmes d'informations sanitaires performants dans les domaines de la détection précoce et de l'alerte concernant les risques que représentent les maladies nouvelles et émergentes. La sécurité sanitaire des populations tunisiennes, en particulier celles vulnérables, vis-à-vis des risques liés aux maladies émergentes, ré-émergentes et à potentiel épidémique sera renforcée. Le projet permettra en particulier de maintenir le bénéfice de l'éradication du paludisme.


Key contacts

LANNES Laurence Elisabeth - OSHD3


Costs

Finance source Amount
MICFUAC 581,223
GovernmentUAC 187,766
TotalUAC 768,989

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