Eliminer la consommation de bois de chauffe dans le secteur cacao


Overview

  • Reference: P-Z1-C00-045
  • Approval date: 22/12/2011
  • Start date: 11/10/2012
  • Appraisal Date: 02/05/2011
  • Status: OngoingOnGo
  • Implementing Agency: COCOAMASTERS CIG
  • Location: Cameroun, STP et Guinée Equatoriale

Description

L’objectif sectoriel du projet est de contribuer à l’atténuation de la déforestation et à la réduction de la pauvreté dans le Bassin du Congo. Ses objectifs spécifiques sont:

(i) Introduire l’énergie renouvelable pour réduire la consommation du bois de chauffage dans le secteur du séchage du cacao;

(ii) Impliquer les femmes rurales dans la gestion de ces unités et dans la vente du « cacao vert », et

(iii) Introduire des arguments écologiques au sein du marché international des matières premières agricoles (services écologiques, faibles émissions de carbone, et la conservation des forêts). Ces objectifs sont à atteindre dans trois régions, à savoir la Région du Sud-Ouest du Cameroun (SWR), l’île de São Tomé (STP) et la Province de Bioko Sud de la Guinée Equatoriale.

Les activités du projet sont groupées en 5 composantes:

1. Gestion forestière et pratiques durables

2. Moyens de subsistance et développement économique

3. Contrôle écologique et socio-économique et données de référence

4. Avantages du marché de carbone paiement des services d’écosystème

5. Gestion du Projet

La présente opération est un projet pilote, dont la durée d’exécution est prévue sur trois ans. Le caractère pilote du projet tient essentiellement à sa dimension réduite dans la mesure où pas plus que 50 unités d’une nouvelle technologie ainsi que 25 micro-entreprises seront introduites, et au fait qu’il est destiné à tester sur le terrain les hypothèses, conçues sous formes d’activités. Le projet explorera le potentiel du marché international des matières premières d'accommoder des arguments écologiques. Par ailleurs, le projet contribuera aussi à la production d’outils normatifs qui permettront, entre autre, de mesurer et d'analyser les émissions de gaz à effet de serre dans la chaîne de transformation du cacao.

Le financement du projet sera assuré par un don du Fonds Forestier du Bassin du Congo (FFBC). Ce mode de financement est conforme à la politique actuelle du Groupe de la Banque pour les pays ciblés et à celle du FFBC qui limite tous ses financements à des dons.

Le don du FFBC servira au financement des biens, services et travaux nécessaires à la réalisation du projet.


Objectives

L’objectif sectoriel du projet est de contribuer à l’atténuation de la déforestation et à la réduction de la pauvreté dans le Bassin du Congo. Ses objectifs spécifiques sont:

(i) Introduire l’énergie renouvelable pour réduire la consommation du bois de chauffage dans le secteur du séchage du cacao;

(ii) Impliquer les femmes rurales dans la gestion de ces unités et dans la vente du « cacao vert », et

(iii) Introduire des arguments écologiques au sein du marché international des matières premières agricoles (services écologiques, faibles émissions de carbone, et la conservation des forêts). Ces objectifs sont à atteindre dans trois régions, à savoir la Région du Sud-Ouest du Cameroun (SWR), l’île de São Tomé (STP) et la Province de Bioko Sud de la Guinée Equatoriale.


Rationale

Faisabilité technique: Le projet offre une technologie hautement innovante, qui est moins coûteuse, facile à opérer et durable. Il consiste d’une combinaison de l’énergie solaire passive et de biogaz comme source supplémentaire pour maîtriser l’intermittence de l’énergie solaire. Le système de séchage a été mis au point avec la coopération de Farmers For the Future, un réseau de technologues et de scientifiques qui se focalisent sur le développement de technologies appropriés dans les pays pauvres. Les fours combinés sont des unités simples, basées sur des modèles existants. L’énergie solaire est captée dans un conteneur thermiquement isolé qui fait circuler l’air chaud à travers les fèves. En l’absence d’une insolation suffisante, le biogaz produit dans un digesteur fournit la chaleur. Le digesteur fermente des résidus agricoles: le liquide qui est extrait et gâché quand le cacao est récolté et les cabosses de cacao. Ces résidus agricoles sont un substrat idéal pour le biogaz. Elles sont abondamment présentes là où les cultivateurs sèchent d’habitude leurs fèves, c’est-à-dire, au village, près de la plantation. La production du biogaz peut donc se faire d’une manière durable. Un grand avantage de ces fours: là où d’autres programmes pour améliorer le séchage de cacao visent simplement à réduire la consommation du bois de chauffe, le présent projet fait un pas radical en éliminant cette consommation.

Les fours innovants peuvent être manufacturés localement, transportés, et exploités après une formation de base. Des modules de formation pour la construction et la gestion des fours ont été développés. La construction d’un four avec une capacité de séchage de 600 kg, coûte autour de 2.000 Euros. Ceci peut représenter un profit qui pourrait être gagné, tous les deux ans, par les micro-entreprises tenues par les femmes.

Cette technologie offre des bénéfices techniques au planteur individuel et rend très tangible la faisabilité économique du projet. Les petits cultivateurs de cacao en Afrique Centrale utilisent couramment des différentes méthodes de séchage: sécher dans l’air ouverte, « fours de brousse » à bois qui sont construites ad hoc près d’un site de récolte, et des fours connu comme le « four de l’Union Européenne (qui utilise toujours le bois). Toutes ces méthodes débouchent sur des désavantages. Outre l’extraction massive de la biomasse des forêts, ces désavantages sont les suivants:

(i) la contamination fumigène des fèves qui conduit à une réduction sensible du prix du produit, voire le rejet;

(ii) la torréfaction des fèves car réchauffées trop rapidement et qui est une raison de rejet;

(iii) la perte de poids des fèves causée par un réchauffement rapide, ce qui signifie moins de profit;

(iv) une diminution de la qualité des fèves (pH, taux d’humidité, valeurs en acide incorrectes); et

(v) la pollution de l’environnement due à la fumée, ce qui peut provoquer aussi des maladies respiratoires chez ceux qui assurent le séchage des fèves. Tous ces désavantages sont évités par l’introduction de la nouvelle technologie. Ceci se traduit immédiatement par des bénéfices économiques et médicaux pour le paysan individuel.

Rentabilité économique et financière: L’objectif principal de ce projet est la génération rapide des bénéfices tangibles pour deux groupes de gens appauvris: les petits cultivateurs du cacao et les femmes aux villages cacaoyères. Les éléments de la chaîne de production qui donnent des profits considérables – allant de la propriété des plantations, au commerce local, le transport, le stockage, le séchage, les transactions sur le marché international jusqu’à la production industrielle de produits finis – sont hors de la portée de ces femmes et des planteurs. Le projet mettra un de ces éléments – le séchage – sous leur contrôle ce qui ajoutera de la valeur au produit. Ainsi la production du cacao devient plus attractive pour les cultivateurs. Les femmes commercialiseront cette valeur ajoutée, pour la redistribuer entre elles-mêmes et les planteurs.

Le marché mondial du cacao demeure une arène compétitive, gouvernée principalement par des critères de qualité. Les fèves séchées par la nouvelle technologie non seulement satisfont ces critères, elles sont substantiellement améliorées. La nouvelle méthode pourrait augmenter la valeur du cacao par 10 à 20%. En plus, les 50 fours du projet produiront des fèves uniformes ce qui est un autre avantage parce que les acheteurs préfèrent des lots uniformes qui ne demandent pas de triage. A part cette amélioration importante de la qualité, les fèves « incarneront » le deuxième volet du projet, à savoir la production d’avantages écologiques :

(i) les fèves ont une empreinte faible en carbone et autres gazes à effet de serre, parce qu’elles ont été séchées sans la combustion de bois;

(ii) elles aident à conserver la forêt en réduisant la consommation de bois, et

(iii) conséquemment à protéger les services écologiques qui proviennent de cette forêt. Plusieurs acheteurs et producteurs industriels de chocolat sont prêts à offrir une « prime verte » pour ces avantages. Notre hypothèse est qu’une telle prime peut ajouter 5 à 10% au prix — similaire à la prime offert aux producteurs de cacao « bio » et « équitable ».

La stratégie de commercialisation qui rend le projet économiquement rentable, s’appuie donc sur ces deux séries de bénéfices: (1) l’amélioration de la qualité, qui sera récompensée sans difficultés parce qu’il y a un manque d’offre de cacao de haute qualité sur le marché mondial; et (2) les bénéfices écologiques, qui seront appréciés d’une façon individuelle par chaque acheteur. Le projet crée des instruments et des plateformes (site-Web) pour dialoguer sur ces points avec les acheteurs de cacao et les producteurs de chocolat. Le fait que le projet est financé par la BAD et par un fonds prestigieux comme le FFBC, facilitera ce « marketing vert » et les négociations autour des contrats de vente.

La viabilité économique du projet est basée sur la performance commerciale des micro-entreprises. La vente du « cacao vert » de haute qualité, ouvrira un cycle de réinvestissement qui permette la réalisation d’une stratégie de reproduction. Une microentreprise devrait générer un profit annuel assez grand pour financer et les salaires des femmes-gestionnaires, et les primes pour les paysans, et la construction d’une nouvelle structure de séchage tous les deux ans. Tout pris en compte – qualité et prime verte – on estime qu’une seule micro-entreprise qui gère deux fours de séchage, va générer un profit annuel net de 8000 euros. Chaque femme qui réussit pourra attirer et former, sur la base de ses connaissances solides, d’autres femmes et des nouvelles micro-entreprises. Ainsi le projet devient un programme autofinancé qui se réplique d’une façon autonome


Benefits

Le projet focalise le manque de technologies durables et efficaces pour le séchage de cacao. Cette situation continue à rendre les petits planteurs impuissants et les garde à la merci des négociants du cacao. La réduction, voire l’élimination de l’utilisation du bois de chauffage pour le séchage des fèves est cruciale, non seulement pour freiner la déforestation et la perte de la biodiversité, mais pour éliminer des injustices sociales dans le secteur du cacao.

Les planteurs de cacao en Afrique Centrale utilisent couramment des différentes méthodes de séchage qui débouchent souvent sur des désavantages. Outre l’extraction massive de la biomasse des forêts, ces désavantages sont les suivants:

(i) pour les fours à bois: la contamination fumigène des fèves qui conduit à une réduction sensible du produit voire le rejet des fèves par les négociants;

(ii) la torréfaction des fèves car réchauffées trop rapidement et qui est une raison de rejet;

(iii) la perte de poids des fèves causée par un réchauffement rapide, ce qui entraine une baisse du poids et donc du profit;

(iv) une diminution de la qualité des fèves (mesuré par le pH, le taux d’humidité, la valeur en acide);et

(v) la pollution de l’environnement due à la fumée, ce qui peut provoquer aussi des maladies respiratoires chez ceux qui assurent le séchage des fèves.

Ces éléments contribuent à maintenir le petit planteur dans un statut de simple producteur d’une matière première qui est susceptible d’être rejetée, où qui voit son prix être « manipulé » par les négociants qui sont libres « d’imposer » leurs critères d’achat. De plus, l’industrie du cacao est un secteur à prédominance masculine. Plusieurs groupes de femmes ont essayé de pénétrer précisément ce secteur du séchage, mais en vain. Le projet vise donc à renforcer la capacité de ces femmes en leur offrant la possibilité de devenir des gérantes des micro-entreprises qui possèdent les séchoirs et qui vendent les fèves à une valeur ajoutée significative. Bref, le projet concerne le traitement durable des fèves de cacao, conduit à une réduction de la pauvreté chez les planteurs, et favorise l’entrée des femmes dans le secteur.

Le projet est conforme aux stratégies prioritaires et aux actions qui figurent dans les Documents de Stratégie par Pays (CSP). Les volets d’intervention qui figurent dans les trois pays sont:

(i) la croissance pro-pauvres,

(ii) le renforcement des capacités de production agricole et des infrastructures, et

(iii) l’introduction des énergies renouvelables pour lutter contre le changement climatique.

Les interventions du genre et en particulier le contexte du programme African Women in Business Initiative de la BAD, sont représentés dans le présent projet. Egalement, le projet participe à la stratégie de la Banque pour promouvoir les énergies renouvelables, mise en oeuvre par son Clean Technology Fund.

Le Document de Stratégie par Pays Intérimaire de 2010-2011 pour le São Tomé et Príncipe (CSP-I), montre le grand capital environnemental de ce pays, qui est menacé par la déforestation, elle-même causée par la combustion du bois, la pauvreté au milieu rural, et le manque des ressources matérielles préalables à la conservation. En introduisant une technologie durable pour le développement rural, le projet aide à remédier à cette situation.

En plus, le CSP-I fait allusion au potentiel d’une production cacaoyère biologique avec un potentiel sur le marché du « commerce équitable ». C’est ici que le projet trouvera des partenaires qui souhaiteront sécher leurs fèves à l’aide de la nouvelle technologie. Ainsi auront-ils des arguments supplémentaires pour gagner des marchés (cacao « sans carbone » et « bio »).

La position de la Banque est basée sur la « création d’opportunités pour augmenter et pour diversifier les revenus des pauvres », qui est à trouver dans sa Stratégie pour le Secteur Agricole (2010-2014). Cette publication recommande le soutien à la production agricole et son interface en termes d’infrastructure, d’équipement socio-économique, et de gestion durable de l’environnement. Le projet se conforme aussi aux actions stratégiques énumérées dans son Programme de Gestion du Changement Climatique et, en particulier, un projet focalisant l’adaptation du secteur agricole au changement climatique (un programme sous la houlette du Global Environment Fund). Ce programme couvre l’amélioration et la conservation des forêts et des actions pour promouvoir des énergies renouvelables. La promotion des sources d’énergies alternatives (biomasse, mini-hydro) aidera à compenser la dégradation forestière et la dépendance du bois tout en préservant les écosystèmes fragiles.

Pour la Guinée Equatoriale, renforcer la production agricole est l’un de quatre secteurs prioritaires du Plan National de Développement Economique et Social (PNDES), autrement appelé: « Guinée Equatoriale 2020: Agenda pour la Diversification des sources de Croissance ». Le cacao est considéré comme l’un des rares secteurs avec un potentiel de croissance sur le marché mondial. La Banque soutient le financement de projets prioritaires conformes aux objectifs du PNDES, en vue de promouvoir la stratégie de diversification économique. Les impacts souhaités de cette intervention sont la promotion de l’emploi et d’encourager les populations à rester dans les milieux ruraux.

Pour le Cameroun, la Banque a trouvé dans le CSP de 2005-2009 deux supports qui doivent être améliorés. L’un d’eux concerne le marketing rural et les infrastructures d’énergie qui sont aujourd’hui considérés comme une priorité dans le CSP de 2010- 2011. Un autre handicap au développement est l’incapacité du pays à créer un secteur privé favorable. Les programmes de la Banque se focalisent donc sur des thèmes dans lequel le projet peut se situer, et notamment dans l’objectif principal de la croissance inclusive, pro-pauvres.

En plus, le Cameroun a le taux de déforestation le plus élevé en Afrique (27.5% des forêts sont dégradées et le taux de déforestation annuelle atteint 0.9%). Son gouvernement investit alors dans le développement des énergies renouvelables qui ne dépendent pas de la combustion du bois. La Banque elle-même est impliquée dans plusieurs de ces initiatives (essentiellement l’énergie hydro-électrique), suivant l’objectif d’améliorer l’accès à l’énergie en milieu rural.

Outre que de se conformer aux objectifs énumérés par les CSP de la Banque, le projet couvre également des objectifs globaux du FFBC: réduire le taux de déforestation et diminuer la pauvreté parmi les communautés dépendantes des forêts. En plus, il se conforme à trois de ces thèmes principaux: (1) Gestion forestière et pratiques durables (2) Avantages du marché de carbone et paiement des services d’écosystème, et (3) Moyens de subsistance et développement économique.


Key contacts

TSHIMBALANGA Mbombo Veronique - CBFF


Costs

Finance source Amount
Co-financierUAC 342,852
TotalUAC 342,853

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