Aperçu de la situation macroéconomique et perspectives
La profonde crise financière mondiale qui a éclaté à la fin de l’année 2008 a négativement affecté l’économie africaine à des degrés divers suivant les sous-régions et les pays. Dans l’ensemble, l’Afrique a enregistré en 2009 une croissance estimée à 2,5 %, soit moins de la moitié du taux d’avant la crise, ce qui s’est traduit pour la première fois en dix ans par une diminution du PIB réel par habitant. Au cours de l’année, l’Afrique a perdu environ 30 à 50 % de ses recettes d’exportation de 2008. En dépit d’un certain allégement de la facture des importations dû à la baisse des prix alimentaires et pétroliers, la balance commerciale globale s’est fortement détériorée. D’un excédent de 3,8 % du PIB en 2008, le compte courant du continent est passé à un déficit de 2,9 % en 2009. Le recul des recettes d’exportation et, dans quelques cas, de l’aide et des envois de fonds des travailleurs établis à l’étranger a mis les taux de change à rude épreuve. De même, l’excédent du solde budgétaire de 2,2 % du PIB en 2008 s’est transformé en un déficit de 4,4 % du PIB en 2009. Le service de la dette s’est lui aussi alourdi, passant de 5,2 % des exportations en 2008 à 7,5 % en 2009. Les plus touchés ont été les pays membres régionaux (PMR) émergents, notamment les marchés frontières comme l’Afrique du Sud et les Seychelles, et les pays riches en ressources tels que l’Angola et le Botswana. En revanche, les pays dépourvus de ressources ou enclavés, comme ceux de l’Afrique de l’Est ou de l’Ouest, ont mieux supporté la crise.
Malgré le sérieux ralentissement de la croissance du PIB provoqué par la crise financière et économique mondiale en 2009, les perspectivesde l’Afrique pour 2010 se sont sensiblement améliorées. Avec la reprise attendue de l’économie mondiale et la mise en oeuvre de politiques judicieuses, elle devrait atteindre une croissance d’environ 4,5 % en 2010 et 5,2 % en 2011, un niveau honorable, bien qu’en deçà du rythme de croissance antérieur à la crise. Pour surmonter la crise et remettre leurs économies sur la voie d’une croissance forte, il est essentiel que les pays africains puissent compter sur le soutien continu de la Banque. Ainsi par exemple, celle ci a adopté une approche flexible concentrant les ressources en début de programmes et restructurant les projets de manière à intervenir là où son appui est le plus requis pour répondre à la crise. En mars 2009, elle a mis en place la Facilité de liquidité d’urgence (FLU) d’un montant de 1,5 milliard d’USD (0,96 milliard d’UC) et l’Initiative de financement du commerce (IFC) dotée de 1 milliard d’USD (0,64 milliard d’UC), afin de répondre à la demande accrue de ressources émanant des PMR.En outre, les Conseils d’administration ont approuvé le Programme de liquidité pour le commerce mondial (GTLP) d’un montant de 0,5 milliard d’USD (0,32 milliard d’UC). Mis en place avec d’autres bailleurs de fonds, ce mécanisme de cofinancement a pour but d’octroyer aux banques locales disposant d’une couverture régionale, des lignes de crédit dédiées ou un financement destiné au commerce. Malgré ces contributions, la demande croissante de ressources financières des PMR a mis en lumière l’insuffisance de l’enveloppe de ressources dont dispose la Banque. Pour répondre au problème, celle-ci a commencé en 2009 à prendre des dispositions pour lancer plus tôt que prévu une augmentation générale du capital (AGCVI) l’aidant à faire face à la demande future des PMR. En outre, la revue à mi-parcours du FAD-XI a préparé la voie aux discussions sur la Douzième reconstitution des ressources du FAD (FAD-XII).
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