Instruments de prêt

Depuis le début de ses opérations il y a plus de quarante ans, la Banque apporte son aide au développement par le biais de divers instruments. Jusqu'au début des années 80, elle utilisait principalement les prêts projets (y compris les lignes de crédit) et l'assistance technique. Mais, depuis le milieu des années 80, le besoin de réformes structurelles a rendu nécessaire le recours à d’autres mécanismes, permettant d'accorder des prêts à l'appui de réformes et à décaissement rapide. C'est ainsi qu'ont été introduits les programmes d'ajustement structurel au niveau macroéconomique et les programmes d'ajustement sectoriel sur le plan sectoriel, financés respectivement par des prêts d'ajustement structurel et des prêts d'ajustement sectoriel.

Ce sont les institutions de Bretton Woods qui ont pris l'initiative de la conception et de la formulation de ces programmes. Progressivement, la Banque s'est insérée dans la mouvance, mais à titre complémentaire. Afin de renforcer sa participation future dans les opérations de prêt à l'appui de réformes, la Banque jouera un rôle plus actif dans les études préparatoires et le dialogue sur les politiques à mener afin d'enrichir le contenu et la conception des documents cadres de politique économique.

La Banque fera preuve de souplesse en recourant à une gamme équilibrée d'instruments afin de répondre aux besoins divers de ses clients. Dans ce contexte, elle se propose de renforcer le rôle des prêts d'ajustement sectoriel et des programmes d'investissements sectoriels (PIS), et de prendre part à la conception des programmes d'ajustement futurs visant à apporter des solutions aux questions ayant trait à ses domaines d'intérêt stratégique déjà évoqués. La Banque travaillera aussi en étroite collaboration avec la Banque mondiale à la conduite d'examens des dépenses publiques pour s'assurer que les ressources budgétaires sont affectées prioritairement aux domaines qui concourent à la réduction de la pauvreté.

Financée par le biais du Fonds d'assistance technique (FAT) du FAD, l'assistance technique vise à aider les PMR à renforcer leur capacité institutionnelle, essentiellement par la formation et les études, l'appui à la planification et les conseils sur les politiques à mener. La Banque s'emploiera
à accroître l'efficacité des opérations du FAT en effectuant des études sectorielles dans le cadre des documents de stratégie par pays pour s'assurer que les études sont pertinentes au point de vue opérationnel et tirées par la demande, et continuera d’aider les PMR à mobiliser des fonds pour leurs programmes d’assistance technique. En outre, elle adoptera une approche participative tout au long du cycle des projets, afin de s’assurer que la conception des études répond aux besoins des bénéficiaires cibles.

La Banque mettra davantage l'accent sur l'assistance liée au cycle des projets, en se souciant plus particulièrement de la qualité au départ, en vue de rehausser la qualité globale des projets. Afin de susciter de la part des bénéficiaires une adhésion plus forte en faveur de ses réalisations et la
prise en main de ces dernières dès la phase préparatoire, le Fonds adoptera un nouvel instrument permettant le préfinancement d’activités de lancement des projets au tout début du cycle des projets. Dans ce cadre, la Banque instituera un Mécanisme de financement de la préparation des projets au profit des seuls pays des catégories A et B. Enfin, les ressources du FAT seront utilisées pour faciliter la reprise du dialogue avec les PMR sortant de conflits et les aider à restaurer leur capacité institutionnelle.

Besoin de nouveaux instruments de prêt

La Banque continuera d’ajuster ses opérations en adaptant les instruments existants et, au besoin, en en adoptant d’autres, dans le souci d'une plus grande efficience de ses prestations face aux besoins changeants de ses clients.

Dans ce contexte, l'accent mis sur les approches participatives du développement a pour corollaire la nécessité d'une conception plus holistique du développement et, partant, l'abandon, dans une certaine mesure, de l'approche axée sur des projets spécifiques au profit de celle privilégiant des programmes, dans laquelle toutes les parties prenantes, notamment les bénéficiaires cibles de la société civile, la communauté des bailleurs de fonds et les pays emprunteurs, sont impliqués depuis le démarrage de la conception des programmes jusqu'à leur exécution, pour assurer leur appropriation par les PMR du Groupe de la Banque.

Dans la logique de la préférence accordée aux programmes et aux approches participatives, la Banque travaille en collaboration avec la Banque mondiale et d'autres partenaires au développement pour faciliter l'adoption et l'internalisation des programmes d'investissements sectoriels à l'échelon national.

À la différence des projets, les PIS servent de vecteur d'approches conjointes de la programmation par pays au niveau sectoriel et présentent, par conséquent, l'avantage de favoriser la coordination des actions des partenaires au développement sur le plan sectoriel. Ainsi, les PIS aident à réduire au minimum les doubles emplois, du fait que les opérations sont dirigées par l'emprunteur et que toutes les parties prenantes participent pleinement au programme de développement d'un PMR. Les PIS permettent la complémentarité et la synergie entre les partenaires au développement grâce à l'échange d'expériences, de pratiques exemplaires et d'enseignements tirés, ce qui minimise le risque d'échec et renforce l'impact sur le développement.

L'instrument de financement indiqué pour les PIS est le prêt d'investissement sectoriel, que la Banque utilise déjà dans le cadre de ses opérations actuelles : la Banque a en effet participé au financement de PIS au Malawi et en Éthiopie aux côtés de la Banque mondiale et d'autres partenaires au développement, et elle se propose de développer l'usage de ce nouvel instrument pour mieux répondre aux besoins changeants de ses clients.