FAQs


Qu’est-ce que le Groupe de la Banque africaine de développement?

La Banque africaine de développement (BAD) est une institution régionale multilatérale de financement ayant pour objectif de contribuer au développement économique durable et au progrès social des pays africains, qui constituent les pays membres régionaux (PMR) de la BAD. L’accord portant création de la Banque africaine de développement (BAD) a été signé par les Etats membres le 4 août 1963, à Khartoum, au Soudan. Il est entré en vigueur le 10 septembre 1964. Le Groupe de la BAD est composé de trois entités : la Banque africaine de développement (BAD), le Fonds africain de développement (FAD) et le Fonds spécial du Nigeria (FSN).

Première institution de financement du développement en Afrique, la BAD s’est donné comme priorités la lutte contre la pauvreté, l’amélioration des conditions de vie des populations africaines et la mobilisation de ressources pour le progrès économique et social de ses pays membres régionaux. Le siège de la BAD se trouve à Abidjan. 


Qu’est-ce qu’une banque de développement?

La mission d’une banque de développement est de favoriser l’investissement de capitaux publics et privés dans des projets et programmes de nature à contribuer au développement économique et social. Par voie de conséquence, la BAD n’est pas tournée vers des prêts individuels, mais vers le financement de projets de collectivités publiques ou privées. La BAD est l’une des cinq principales banques multilatérales de développement dans le monde, apportant des concours financiers à leurs pays membres respectifs, pour les aider à atteindre leurs objectifs de développement.


Pourquoi la Banque africaine de développement a-t-elle été créée?

Le but essentiel de la BAD est de contribuer au développement économique et au progrès social des pays africains, individuellement et collectivement.

Dans ce cadre, le défi majeur de la banque est la réduction de la pauvreté en Afrique. A cet effet, elle cherche à stimuler et à mobiliser les ressources intérieures et extérieures, à promouvoir l’investissement, ainsi qu’à fournir une assistance technique et pratique aux PMR. Depuis l’an 2000, la BAD, en partenariat avec de multiples organisations internationales et de développement parmi lesquelles l’Organisation des Nations Unies (ONU), la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI), s’est engagée à assister et à soutenir les PMR pour atteindre les Objectifs de développement du millénaire (ODM).


A qui appartient la BAD et pourquoi compte-t-elle parmi ses membres des pays non africains?

Les pays actionnaires de la Banque sont au nombre de 80 Etats dont 54 pays africains ou pays membres régionaux (PMR) et 26 pays non africains ou pays membres non régionaux (PMNR), essentiellement des pays d’Europe, d’Amérique et d’Asie. Au départ, seuls les Etats africains indépendants pouvaient devenir membres de la BAD. Cependant, face à la demande croissante en investissements des pays africains et en raison de la limitation des ressources financières dont dispose la BAD, le statut de membre a été ouvert aux pays non régionaux.

Cette ouverture, en 1982, a procuré des moyens de financement additionnels permettant à la BAD de contribuer au développement économique et social des PMR, en accordant des prêts à des conditions favorables. Elle lui a également apporté l’expertise des nouveaux pays membres et une crédibilité supplémentaire vis-à-vis de ses partenaires et des marchés. La Banque jouit de la cote AAA attribuée par les plus prestigieuses agences de notation internationale. Toutefois, le Groupe de la BAD garde un caractère africain affirmé, lié à ses origines géographiques et à sa structure. Ainsi, le continent africain représente son seul champ d’intervention et son président est toujours africain.


Quels types de projets la BAD finance-t-elle?

Le Groupe de la Banque africaine de développement finance des projets, des programmes et des études dans les secteurs de l’agriculture, de la santé, de l’éducation, des équipements collectifs, des transports et télécommunications, de l’industrie et du secteur privé. Depuis 1968, le Groupe de la BAD s’est également engagé dans le financement d’opérations hors projets dont les prêts d’ajustement structurel, les prêts de réformes institutionnelles et différentes formes d’assistance technique et de conseil en matière de politique. Le Groupe de la BAD a également élargi son rôle à de nouvelles initiatives telles que le Nouveau Partenariat pour le développement de l'Afrique (NEPAD), l’eau et le VIH/sida. Le Groupe de la BAD participe également à d’importantes initiatives de réduction de la dette. D’un montant de 5,6 milliards de dollars, l’initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE) vise ainsi à ramener la dette des 33 pays éligibles à des niveaux soutenables. Le Groupe de la BAD a également effacé en 2006 pour près de 9 milliards de dettes en faveur de ces pays, de manière à les aider à atteindre les Objectifs de développement du millénaire.


Comment la Banque africaine de développement fonctionne-t-elle?

Le conseil des gouverneurs est l’organe suprême de la banque. Chaque pays membre est représenté au conseil par un gouverneur et un suppléant. Le conseil des gouverneurs procède à l’élection du président de la BAD, lors d’une séance à huis-clos où ne sont admis que les gouverneurs et gouverneurs suppléants des PMR et PMNR. Le candidat à la présidence doit être présenté par le gouverneur du PMR dont il détient la nationalité. Il est élu pour un mandat de cinq ans, renouvelable une fois. Le conseil d’administration est chargé de la conduite des opérations générales de la banque, et, à cette fin, il dispose du droit d’exercer tous les pouvoirs de la BAD, à l’exception de ceux qui sont exclusivement réservés au conseil des gouverneurs.

Le président de la BAD est chargé de la gestion de la banque sous la direction du conseil d’administration. A cet égard, il rend compte de la bonne application des politiques et directives émises par le conseil. En juillet 2006, la BAD a lancé une profonde réforme institutionnelle afin de renforcer d’une part l’efficacité de ses opérations sur le terrain et, d’autre part, son rayonnement en tant que centre de partage des connaissances sur l’Afrique.

Le Groupe de la BAD compte actuellement quelque 1 500 fonctionnaires. Si la majorité du personnel est d’origine africaine, beaucoup d’employés proviennent du monde entier, à condition d’être ressortissant d’un pays membre. Dans la conduite des affaires de la BAD, le président s’appuie sur un économiste en chef et 5 vice-présidents qui supervisent 30 départements, avec 57 divisions et 6 unités organisationnelles.

Les activités du Groupe de la BAD sont contrôlées, en sus du département de l’audit, par un département indépendant d’évaluation et par un tribunal administratif interne. Soucieux d’améliorer la qualité de ses prestations et le dialogue avec les bénéficiaires de ses interventions, le Groupe de la BAD est doté de bureaux locaux dans 25 de ses pays membres régionaux, certains bureaux couvrant plusieurs pays.


D’où proviennent les ressources du Groupe de la Banque africaine de développement?

Les ressources de la BAD proviennent des souscriptions des pays membres, des emprunts effectués sur les marchés internationaux, et des remboursements et revenus des prêts. Ses ressources proviennent également des reconstitutions des ressources du FAD et du Fonds spécial du Nigéria (FSN). Le FAD a pour objectif de fournir des ressources concessionnelles aux PMR du groupe afin de renforcer leur productivité et leur croissance économique.

Ses ressources proviennent directement de contributions spéciales opérées par les Etats participants. Le FSN, créé par le gouvernement du Nigeria en février 1976 pour aider les membres les plus désavantagés de la BAD, accorde des prêts concessionnels assortis d’un taux d’intérêt de 2 à 4 % et remboursables en 25 ans.


Qui peut bénéficier du concours du Groupe de la BAD?

La plus grande part des ressources et des projets de la BAD est destinée aux pays membres régionaux (PMR).

Les PMR sont classés en trois catégories, en fonction de deux critères : (i) la solvabilité du pays ; et (ii) le PNB par habitant. La première catégorie de PMR regroupe les pays non solvables pour emprunter auprès de la BAD et affichant un PNB par habitant inférieur à un seuil établi, qui est actualisé chaque année (soit 1 205 dollars EU pour l’année fiscale 2013-2014). Ils sont uniquement éligibles aux ressources concessionnelles du Fonds africain de développement (FAD). La deuxième catégorie recouvre les pays disposant d’un PNB par habitant inférieur au seuil opérationnel et solvables. Dits « pays mixtes », ils sont éligibles aux ressources du FAD et de la BAD. La troisième catégorie est constituée des pays qui se situent au-dessus du seuil opérationnel et qui sont solvables. Ceux-là sont  uniquement éligibles aux ressources du guichet BAD.

Révisée en mai 2014, la politique de crédit du Groupe de la Banque permet, sous certaines conditions, à un pays FAD d’emprunter des ressources non concessionnelles auprès du guichet BAD.


Quel est le lien entre la Banque africaine de développement et la Banque mondiale?

La Banque africaine de développement, tout comme la Banque mondiale, est l’une des cinq banques multilatérales de développement dans le monde.

Les trois autres sont la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), la Banque asiatique de développement (BAsD) et la Banque inter-américaine de développement (BIAD). D’étroits liens de coopération et de partenariat lient la Banque mondiale et la BAD qui cependant conserve une indépendance totale.


Quel est l’impact de la Banque africaine de développement sur la vie quotidienne des Africains?

L'objectif primordial de la BAD est d'améliorer les conditions de vie sur le continent par le biais de diverses initiatives.

Par exemple, l'Afrique a le plus faible niveau de développement des ressources en eau, avec seulement 4% de ses ressources annuelles investies dans l'eau. Près de 40% des superficies cultivées sont irriguées et le potentiel énergétique est pratiquement inexploité. La gestion et le développement des ressources en eau sont parmi les problèmes les plus cruciaux qui se posent en Afrique.

Pour relever ces énormes défis sur le continent, la BAD a conduit l'eau de nombreuses activités connexes. Parmi les plus importantes de la BAD, il y a l’Initiative pour l’alimentation en eau potable et pour l’assainissement en milieu rural (IAEAR), qui vise à fournir l'accès à 33 millions de personnes supplémentaires à l'eau potable et d'assainissement d'ici 2010. La Banque participe également à d'autres initiatives majeures telles que la Facilité africaine de l'eau (FAE) et l’Initiative du NEPAD en eau et assainissement.

Dans la même veine, l'agriculture et du développement rural sont parmi les priorités de la BAD. Des projets pour soutenir la fourniture de l'infrastructure rurale et l'expansion de l'agrobusiness axés sur la sécurité alimentaire en Afrique ont été implantées. L'infrastructure routière, indispensable à l'intégration régionale et la clé pour atteindre les populations isolées, est également au cœur des actions prioritaires de la Banque et des projets.