Conférence économique africaine 2006

En collaboration avec d’autres organisations, la Banque africaine de développement a effectué l’étude à l’origine du livre intitulé L’Afrique peut-elle revendiquer sa place dans le 21ème siècle ?. Cet ouvrage arrivait à la conclusion qu’à l’aube du 21ème siècle, l’Afrique sub-saharienne contenait un grand nombre des pays les plus pauvres de la planète. Le revenu moyen par habitant y avait décliné depuis la fin des années 60. La répartition des revenus, des actifs et de l’accès aux services essentiels y était très inégale. Et la région contenait une proportion croissante des pauvres absolus de la planète, ceux qui sont pratiquement complètement démunis d’influence en ce qui concerne l’allocation des ressources. En outre, un grand nombre des problèmes afférents au développement sont principalement confinés à l’Afrique. Ces pays comprenaient des taux de scolarisation primaire inférieurs à la moyenne mondiale et un taux de mortalité infantile élevé. Des maladies endémiques - dont le paludisme et le VIH/Sida - imposent à l’Afrique des coûts au moins deux fois plus élevés que ceux observés dans n’importe quelle autre région du monde. Par ailleurs, un Africain sur cinq vivait dans un pays fortement bouleversé par un conflit.

La situation était encore aggravée par l’affaiblissement du continent africain au sein de l’économie mondiale : sa part des exportations de matières premières traditionnelles était en baisse, il n’arrivait pas à se diversifier au sein de nouvelles activités et il souffrait d’un exode de capitaux et de compétences vers les autres régions du globe. Le rapport constatait que de nombreux pays avaient entrepris des réformes économiques importantes, depuis l’amélioration de la gestion macroéconomique et la libéralisation des marchés et du commerce, en passant par l’expansion de l’espace alloué aux activités du secteur privé. Dans les régions où ces réformes se montraient durables - et lorsqu’elles s’accompagnaient de paix civile - elles avaient entraîné une accélération de la croissance et des revenus et une réduction de la pauvreté.

Que s’est-il passé en Afrique maintenant que cinq ans se sont écoulés depuis le début du 21ème siècle, et à quelles perspectives le continent est-il confronté ? La Banque africaine de développement projette d’organiser une Conférence internationale spéciale pour traiter notamment de ces questions.