Archives

Consciente du rôle important que le savoir joue dans les efforts visant à réduire la pauvreté et à améliorer la croissance économique, le Groupe de la Banque africaine de développement, en collaboration avec d’autres institutions, a lancé une étude dont les conclusions ont été publiées dans le rapport « L’Afrique peut-elle revendiquer le XXIe siècle ? » L’étude indique que les pays d’Afrique subsaharienne sont entrés dans le XXIe siècle avec d’énormes handicaps. Le continent abritant la plupart des pays les plus pauvres de la planète, il faut mettre l’accent sur la recherche et le partage du savoir pour sortir du cercle vicieux de l’ignorance, de la maladie et de la pauvreté. En ce début de siècle, le revenu moyen par habitant est inférieur au niveau des années 1960. Les revenus, les biens et l’accès aux services de base sont inégalement répartis. Et la région abrite une part sans cesse croissante des personnes les plus pauvres de la planète, avec peu de pouvoir pour influencer l’allocation des ressources. En outre, plusieurs problèmes de développement demeurent quasi exclusivement confinés en Afrique : taux de scolarisation primaire à la traîne, forte mortalité infantile et maladies endémiques, dont le paludisme et le sida, coûtant au continent au moins le double de ce qu’elles coûtent dans d’autres régions. Enfin, un Africain sur cinq vit encore dans des pays connaissant ou ayant connu des conflits.

Par ailleurs, la place de l’Afrique dans l’économie mondiale ne cesse de s’éroder, avec une part décroissante dans les exportations de produits de base traditionnels, peu de diversification dans d’autres activités économiques et une forte fuite de capitaux et de cerveaux vers d’autres régions.

L’étude a toutefois démontré que plusieurs pays avaient entrepris des réformes économiques importantes, amélioré la gestion macro-économique, libéralisé les marchés et le commerce et donné plus de marge de manœuvre au secteur privé. Là où ces réformes ont été soutenues – et renforcées par la paix civile –, elles ont augmenté la croissance et les revenus, chassant la pauvreté.

Se fondant sur ces perspectives, le management de la Bad a fait de la gestion du savoir un élément clé dans sa stratégie de repositionnement et de restructuration. Pour contribuer à la réduction de l’écart du savoir dans le continent, la Bad a lancé la Conférence économique africaine en novembre 2006 à Tunis (Tunisie), permettant aux décideurs économiques, aux économistes et aux chercheurs de se réunir pour partager leurs expériences et leur savoir. En 2007, la conférence s’est tenue à Addis-Abeba, où des représentants de la diaspora se sont joints à leurs collègues du continent pour insister sur l’importance de la recherche dans les efforts de développement.

A travers la Conférence économique africaine, le Groupe de la Bad étudie profondément des thèmes précis susceptibles de cotnribuer au développement de l’Afrique. La Conférence économique africaine fournit au Groupe de la la Bad un mécanisme de génération de produits du savoir, en se fondant sur des investissements déjà réalisés par le Groupe de la Bad et/ou sur des partenariats avec d’autres réseaux et institutions de recherché réputés dans le thème abordé. L’initiative d’organiser des conférences économiques sur le continent est une stratégie visant à aider les déciceurs économiques à travailler avec les chercheurs du monde entier pour réaliser des progrès économiques plus rapides et plus importants.