Face à la crise financière : L'impératif d'une action régionale pour l'agriculture en Afrique

Detlev Putez

Les agriculteurs africains pourraient  produire davantage de produits alimentaires essentiels et d’aliments du bétail pour les marchés intérieurs et régionaux, s’ils disposaient d’une meilleure infrastructure régionale et si les barrières commerciales étaient réduites. La gestion des ressources naturelles et la protection contre les maladies des végétaux et les épizooties nécessitent également une intervention collective transnationale.

La lenteur de l’intégration régionale, le sous financement chronique des organismes régionaux et sous régionaux et la faiblesse de l’infrastructure transnationale constituent autant d’obstacles à une riposte plus efficace à la crise. Les interventions à l’échelle régionale demeurent tributaires de la volonté politique et sont limitées par l’absence d’instruments efficaces pour les mener à bien. Une intervention régionale en faveur de l’agriculture pourrait aider l’Afrique à sortir plus rapidement de la crise financière et à mettre à profit les possibilités qui se présenteront par la suite.

Ce document résume les arguments en faveur d’une vision régionale de l’agriculture et du développement rural. Il passe en revue les succès ainsi que les problèmes rencontrés par la Banque africaine de développement et le FIDA. Il souligne que le développement et le financement des biens publics régionaux nécessaires pour l’agriculture, notamment les marchés régionaux, l’infrastructure transnationale, la protection des végétaux et des animaux contre les maladies et la gestion des ressources naturelles, pourraient aider dans une grande mesure les agriculteurs à mettre à profit les possibilités de croissance et de développement qui se présenteront après la crise.

Certains bailleurs de fonds, tels que la BAD et le FIDA, doivent renforcer leurs capacités régionales et aligner les mécanismes de financement et d’exécution, indépendamment des décisions d’emprunt des pays.

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