Intermédiation bancaire et prise de risques en Afrique : La protection des créanciers entre-t'elle en ligne de compte?

Tianshu Zhao, Université de Stirling, Victor Murinde, Université de Birmingham et Kupukile Mlambo Banque africaine de développement

Le document cherche à identifier et quantifier des mécanismes spécifiques par lesquels le cadre institutionnel de protection des droits des créanciers peut influer sur le développement du marché du crédit. Un modèle analytique intégré est défini pour montrer comment la prise de décisions, pour l’affectation de l’actif des banques entre les prêts et d’autres éléments d’actif productif concurrents, s’appuie sur : le risque et le rendement ; l’élasticité de l’offre spécifique à la banque ; et les coûts d’exploitation. Le modèle est élargi avec des paramètres relatifs au cadre institutionnel de protection des droits des créanciers, avant d’être estimé et testé sur la base d’une série de données asymétriques recueillies au moyen d’un panel sur des banques commerciales d’une vingtaine de pays africains, entre 1995 et 2008. Il en ressort que trois paramètres du cadre institutionnels poussent les banques à affecter une part plus importante de leurs actifs productifs aux opérations de prêts : niveau de code juridique plus élevé pour les créanciers ; meilleure applicabilité des droits juridiques ; et disponibilité de partage d’informations entre les banques. Toutefois, les trois paramètres semblent emprunter des voies différentes. L’applicabilité des droits juridiques passe, non seulement, par l’atténuation du risque de crédit des banques, mais également par un effet composite de la concurrence du marché et de la baisse des coûts d’obtention d’informations et d’exécution des contrats. Le paramètre des codes juridiques et le paramètre de partage d’informations reposent exclusivement sur l’effet composite.