Marge de manoeuvre budgétaire et séquestration du carbone en Ethiopie : Une éventuelle source non-traditionnelle de financement du développement pour atteindre les OMD

Abdoulie Sireh-Jallow, Banque islamique de développement

La crise financière et économique a accentué une situation déjà difficile pour l’Éthiopie. Arrivant juste après la crise alimentaire et énergétique dont l’Éthiopie commençait tout juste à sortir, la récession du commerce mondial générée par la crise financière et économique a rétréci l’espace fiscal de l’Éthiopie en termes de recettes des exportations. Tout cela faisait également suite à une situation où la perception des recettes en tant que pourcentage du PIB était en baisse depuis cinq ans. L’exercice d’évaluation des besoins de l’Éthiopie dans le cadre des OMD mené en 2004-2005 a révélé que le coût de réalisation des OMD en Éthiopie est environ de 121 dollars US par personne et par an, sur lesquels les coûts du secteur public sont estimés à 91 dollars US par personne et par an. D’autre part, la perception des recettes par personne a augmenté, passant d’environ 18 dollars US en 2001/2002 à environ 42 dollars US en 2007/2008. À ce rythme, la perception des recettes correspondra aux besoins pour la réalisation des OMD d’ici 2021/2022, soit six ans après la date-butoir de 2015. Dans une telle perspective, ce document examine la séquestration de carbone et les échanges de droits d’émission comme une possibilité pour accroître l’espace fiscal en Éthiopie. Cette option, en plus des nombreuses autres possibilités de sources non-traditionnelles de financement du développement, pourrait venir s’ajouter aux sources traditionnelles de l’aide publique au développement et contribuer à une gestion fiscale améliorée. En s’appuyant sur les principes REDD, ce document affirme qu’en respectant certains paramètres d’échanges de droits d’émissions de gaz carbonique, l’Éthiopie pourrait accroître son espace fiscal jusqu’à 140 millions de dollars US, ce qui équivaut à 0,4 % du PIB (2009) ou 3,4 % des recettes et subventions de la même année. Bien sûr, la réalisation de cet espace fiscal demande des interventions politiques complexes, dont certaines relèvent du cadre du marché international du carbone.