La croissance selon la destination des exportations : Le Commerce avec la Chine et la croissance des pays africains

Mina Baliamoune-Lutz, University of North Florida

J’effectue des estimations Arellano-Bond GMM à l’aide de données de panel sur la période 1995-2008 et j’étudie les effets de la croissance du commerce africain avec la Chine, en faisant la distinction entre les effets des importations et les effets des exportations et en contrôlant l’incidence de la concentration des exportations. Quatre résultats importants sont obtenus à partir de cette analyse empirique.  Tout d’abord, il n’y a aucune preuve empirique que les exportations vers la Chine favorisent la croissance de manière inconditionnelle. Deuxièmement, les résultats poussent à penser que la concentration des exportations renforce les effets des exportations vers la Chine sur la croissance, ce qui sous-entend que les pays qui exportent principalement une marchandise vers la Chine profitent davantage (en termes de croissance) que les pays qui ont des exportations plus diversifiées. Troisièmement, contrairement au point de vue général selon lequel l’augmentation des importations en provenance de la Chine aurait un effet négatif, les résultats empiriques montrent que la part de la Chine dans le total des importations d’un pays a un fort effet positif sur la croissance. Pour finir, tout porte à croire qu’il existe une relation en U inversé entre les exportations vers les pays développés et la croissance en Afrique. Dans l’ensemble, les résultats semblent étayer l’hypothèse de la croissance en fonction de la destination (par ex. que le choix des destinations des exportations d’un pays est important pour la croissance et le développement de ce pays). Je m’appuie sur ces résultats pour décrire quelques implications de politique.