Efficacité des transferts de fonds et de l'aide étrangère dans la promotion de l'épargne et l'investissement en Afrique sub-saharienne

Yéro Baldé, Université de Limoges

Cette étude examine l’impact macroéconomique des transferts de fonds sur l’épargne et l’investissement en Afrique subsaharienne (ASS). Elle analyse aussi de manière comparative l’efficacité des envois de fonds et de l’aide étrangère (aide publique au développement) dans l’encouragement de l’épargne et de l’investissement. Nous utilisons un échantillon de 37 et de 34 pays respectifs de l’ASS sur la période 1980-2004. À l’aide de méthodes d’estimation de doubles moindres carrés (DMC) et des moindres carrés ordinaires avec des effets fixes par pays, les résultats indiquent que les envois de fonds comme l’aide étrangère favorisent l’épargne et l’investissement en Afrique subsaharienne, mais que les envois de fonds sont beaucoup plus efficaces. Les coefficients des envois de fonds sont six à sept fois plus élevés que ceux de l’aide étrangère. Une augmentation de 10 % des envois de fonds provoque un accroissement de 7 % de l’épargne et de 6,5% de l’investissement, alors qu’une augmentation de 10 % de l’aide étrangère accroît l’épargne et l’investissement de 1,6 % et de 1 % respectivement. Selon ces résultats, les transferts de fonds, bien que moins importants en volume et en pourcentage du PIB, encouragent plus efficacement l’épargne et l’investissement en ASS que l’aide étrangère. Cependant, lorsque l’aide étrangère est utilisée de manière efficace, elle peut être un complément important aux envois de fonds en permettant aux ménages vulnérables de disposer d’un revenu supérieur au seuil de subsistance minimum et donc d’allouer une plus importante partie des transferts de fonds à l’épargne et à l’investissement.