Quelques aspects socio-économiques des aménagements Hydro-Agricoles en réponse aux impacts des changements climatiques dans les Départements du Mono-Couffo (Bénin, Afrique de l’ouest)

YABI Ibouraïma, AFOUDA Fulgence et BOKO Michel, Université d’Abomey-Calavi (UAC)

En réponse aux impacts des changements climatiques, des aménagements hydro-agricoles ont été faits dans les Départements du Mono-Couffo réputés comme une région de forte production agricole abritant plusieurs ‘’greniers’’ du sud-Bénin. Cette recherche présente quelques aspects socio-économiques de ces aménagements qui s’inscrivent dans la perspective du développement agricole au des changements climatiques en cours au Bénin.

Les données climatiques utilisées concernent les hauteurs pluviométriques décadaires et mensuelles extraites de la base de l’ASECNA-Cotonou. Ces données sont complétées par des informations relatives aux coûts d’aménagements, les produits cultivés, les avantages tirés, etc. Elles ont été collectées grâce aux investigations faites auprès des principaux acteurs concernés (producteurs, agents des services publiques de la promotion agricole, membres d’ONG à vocation agricole, etc.). A cet effet, la Méthode de Recherche Accélérée de Recherche Participative (MARP), les entretiens de groupes (focus group)  de même que les observations directes de terrain ont été utilisés. La statistique descriptive et le test de concordance de Kendall, ont été mis à contribution pour traiter les données.

Les résultats montrent une fréquence plus accrue d’anomalies pluviométriques caractérisées par une installation tardive et une fin précoce de la saison pluvieuse dans le milieu d’étude. En raison du caractère argileux des sols, les déficits pluviométriques provoquent des assèchements prononcés des sols, ce qui affecte considérablement le rendement des produits agricoles et expose les populations à l’insécurité alimentaire et à la pauvreté. En réponse, des efforts d’aménagements hydro-agricoles sont entrepris tant par les structures étatiques que par les communautés locales. Ces aménagements dont le coût annuel varie entre 2 000 000 et 8 000 000 FCFA (en fonction de la technique utilisée) permettent de mobiliser les eaux de surface pour la culture des produits céréaliers et maraichers sur des périmètres irrigués. Ils permettent ainsi aux communautés de lutter contre l’insécurité alimentaire, de réduire le chômage des jeunes agricoles sans oublier la forte implication des femmes qui sont très actives à plusieurs niveaux de production. Ces efforts méritent d’être poursuivis et soutenus pour une production agricole durable dans cette région.