Réactions des participants

Ouverture des Assemblées annuelles

Rédigé par Ahouassou Aristide

Bassary Touré, vice-président, Banque ouest-africaine de développement (BOAD) : «Pour nous, la BAD a un rôle prépondérant dans le développement de ce continent»

Question : Les délégués  aux Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement (BAD)  discuteront du  thème : «Une croissance pour tous en Afrique ».  Comment appréciez-vous de ce concept et qu’attendez-vous, par ailleurs, de ces assises ?

Bassary Touré : Les Assemblées annuelles de la BAD sont toujours une grande opportunité, permettant aux différents acteurs du développement de se rencontrer, d’échanger et de tirer des leçons des expériences et ainsi  que  de faire avancer les grands dossiers de développement.

Effectivement, « la croissance partagée » est un thème que je dirai récurrent, dans la mesure où dans nos pays, il y a  souvent  eu des taux de croissance élevés, concomitamment  à  des taux de pauvreté élevés. Ce paradoxe découle en partie de l’inégale distribution des ressources de la croissance et de la nécessité d’approfondir la réflexion pour une croissance avec des bénéfices partagés. L’actualité récente dans plusieurs de nos pays, notamment en Afrique du Nord, au Moyen- Orient et en Afrique au Sud du Sahara, montre que ce thème est très pertinent à discuter. Naturellement, il faut prendre en compte la liberté et la démocratie, qui sont des pendants de cet objectif de croissance partagée que nous recherchons.

Question : Comment la BOAD travaillera-t-elle avec la BAD pour traduire ce programme en  une action concrète sur le terrain ?

Bassary Touré : La BOAD a une forte articulation avec la BAD qui fait partie de son Conseil d’administration. Pour nous, la BAD a un rôle prépondérant dans le développement du continent. Elle a récemment participé à l’augmentation du capital de la BOAD et a mis à sa disposition 64 millions d’Euros de ligne de crédit. Nous travaillons au renforcement de secteurs-clés tels que l’informatique, l’environnement et véritablement nous restons en parfaite symbiose sur plusieurs questions de développement.

J’étais  membre  du personnel  de  la BAD et suis devenu vice-président de  la  BOAD. Pour avoir  travaillé avec le président Donald Kaberuka,  comme administrateur du groupe africain à la Banque mondiale, et  comme ancien homologue  ministre des finances,  je  considère que le leadership du président Kaberuka constitue un grand vecteur de développement.


Kouakou Koua Louis, statisticien, département des statistiques, BAD
 
Question : Quelles sont les contributions du département des statistiques à ces Assemblées annuelles qui se tiennent à Lisbonne, Portugal ?

Kouakou Koua Louis : Notre présence aux assises s’inscrit dans le cadre de la diffusion du savoir, à travers plusieurs axes, notamment, la présentation des documents produits par la BAD et la présentation des données disponibles  sur  le portail de la Banque.

Nous ambitionnons dans un proche avenir, en plus des domaines sus cités et prioritaires pour la Banque, de constituer des bases de données sur l’environnement et les changements climatiques, la gouvernance, l’enseignement supérieur, le marché financier africain.

Question : Les assises de cette année, sont consacrés au thème : « Croissance pour tous en Afrique ». Comment percevez-vous le rôle des statistiques dans ce nouvel agenda, lorsque l´on sait que la bonne gouvernance, la corruption, le manque de diversification économique, entre autres, continuent de miner les économies africaines ?

Kouakou Koua Louis : Le thème est pertinent et je crois qu’il  est approprié.  Pour ce qui nous concerne en  statistique, je crois que nous avons un rôle majeur à jouer dans ce nouveau programme, en termes d’élaboration de base de données et de fourniture de données pertinentes sur le développement. Comme pour le cas d’un médecin, poser un bon diagnostic permet de soigner une maladie. Des statistiques disponibles sur la gouvernance, la corruption et le manque de diversification économique permettent d’attirer l’attention des gouvernants et des décideurs politiques sur l’état de l’économie. Ainsi, dans le cas des statistiques, disposer d’informations fiables et pertinentes sur toute la population africaine, dans sa diversité permet d’avoir une bonne information sur l’état et  les besoins des populations. Cela permet de formuler de bonnes politiques et stratégie en vue de réduire la pauvreté et contribuer à une croissance pour tous en Afrique.

De quelle manière comptez-vous, au niveau du département des statistiques de la Banque, traduire ce nouveau programme en acte concret pour une croissance pour tous en Afrique ?

La Banque et le département des statistiques, en particulier, vont continuer d’accompagner ce processus à travers un programme de renforcement des capacités statistiques des pays africains, qui, de mon  point de vue, s’articulent autour de quatre grands volets, notamment : la poursuite des activités courantes du département des statistiques au niveau des prix et des comptes nationaux ; le suivi des travaux du Programme de Comparaison International (PCI-Afrique 2011) ; la fourniture de financement et d’assistance technique au niveau des statistiques agricoles, des infrastructures, de la gouvernance et de  l’élaboration des enquêtes  et l’amélioration de l’archivage et de la diffusion des données statistiques sur le continent.


Mariam Sy-Lemaire, chargée d’administration, BAD, « Les choses ont été  gérées  avec beaucoup plus rigueur. Beaucoup a été fait en amont. Nous félicitons le Secrétariat général pour ce travail de finesse»

Question : Comment trouvez-vous l’organisation générale de ces Assemblées annuelles 2011 à Lisbonne, Portugal ?

Mariam Sy-Lemaire : Je participe à mes 27èmes Assemblées annuelles et j’estime que l’organisation des Assises de cette année, reflète  une nette  amélioration. En matière d’enregistrement, les choses sont très fluides.

L´On  ressent moins de stress, car l´équipe de la BAD, sous la coordination du Secrétariat général de la Banque et chargée de réaliser les objectifs du Programme des Assemblées annuelles, a été réaliste et proactive. Les choses ont été  gérées avec  rigueur. Beaucoup a été fait en amont. Nous félicitons le Secrétariat général pour ce travail de finesse.


Mohamed H’Midouche, vice-président du comité permanent sur l’examen et la mise en œuvre de la décentralisation, BAD

Question : Quelles relations faites-vous entre la décentralisation et le thème des Assemblées annuelles 2011 : «Une croissance pour tous en Afrique » ?

Mohamed H’Midouche : «La nouvelle feuille de route de la BAD sur la décentralisation contribuera sans nul doute à la croissance partagée»

Réponse : La feuille de route sur la décentralisation a été approuvée par le Conseil d’administration de la BAD, le 8 avril 2011. Elle constitue une réponse adéquate aux nouveaux défis auxquels les pays membres régionaux sont confrontés. L’ouverture de quatre nouveaux bureaux dans des pays post-conflits (Liberia, Togo, Burundi et République Centrafricaine) qui seront opérationnels entre septembre et décembre 2011, en plus de deux centres régionaux de services, permet à la Banque d’être davantage à l’écoute de ses clients, de la société civile et du secteur privé et des partenaires techniques et financiers présents sur le terrain, pour faire face ensemble, à ces défis, grâce à la politique de proximité et de dialogue. Avec le triplement de capital de la Banque et la reconstitution des ressources du FAD-12, cette feuille de route, contribuera sans nul doute à la dite croissance partagée, en ce sens qu’elle permettra la mobilisation de ressources de manière plus substantielle, pour financer les projets tant nationaux que régionaux. Par ailleurs, dans le cadre de la stratégie de la Banque en matière d’intégration régionale, l’institution jouera un rôle majeur de catalyseur,  pour renforcer le partenariat avec les autres acteurs à travers des opérations de cofinancement au niveau des institutions sœurs bilatérales et multilatérales, en plus des agences spécialisées des Nations Unies.


Kelechi Deca-Anyanwu, Editor, AnnualMeetings Daily

Question:  As a major user of Bank website, what are your impressions with regard to the new design?

Reponse: The AfDB has gotten off to a flying start, as it has brightened up its website. I have taken out time to visit the new AfDB website and it is a great improvement from what it was before. It is very user friendly in that it takes a shorter time to locate specific information. More so, I have discovered that it is even faster now, to the extent that whatever you are searching for is just a click away. I command the team for a job well done. I am going to talk to you like a Dutch uncle.  I therefore want the team members to know that technology is developing at the speed of thought. So, they should always upgrade as soon as new software are in the market so as not to be left behind. Today’s world has no patience for anyone that lags behind.


Anaïs Dubois, Rédactrice en chef, Marchés Tropicaux et Méditerranéens

Question : Quelle est votre sentiment quant au thème : «Croissance partagée » à l’ordre du jour des Assemblées de cette année à Lisbonne ?

Anaïs Dubois : Je suis curieuse et impatiente de voir comment le continent africain va réagir en prenant en compte les aspirations de ses populations, jeunes et ouvertes sur le monde.  Si la question du partage de la croissance est sincèrement abordée sans langue de bois à cette Assemblée annuelle de la BAD, j’espère que les résultats des débats inspireront les bailleurs de fonds, le secteur privé et chaque gouvernement africain. C’est courageux et d’actualité que la BAD mette cette question à l’ordre du jour des travaux, et d’accepter de se remettre en question si nécessaire.

Question : Le site web de la BAD est une source régulière d’information pour Marchés Tropicaux et Méditerranéens.  Comment trouvez-vous l’actuel design du site ?

Anaïs Dubois : Pour Marchés Tropicaux et Méditerranéens  qui couvre depuis plus de 65 ans l’actualité économique africaine, sur son site internet et dans la revue mensuelle, il est très important de pouvoir trouver rapidement les informations qui concernent le développement de chaque pays d’Afrique. Tous les journalistes de la rédaction consultent régulièrement le site web de la BAD et sont abonnés au Flux RSS, pour être  informés de façon permanente des activités de la Banque.  L’innovation, à mon sens, c’est qu’il y beaucoup de photos, de vidéos à disposition. Nous utilisons également les ressources documentaires statistiques pour enrichir nos articles et nos dossiers.  Toutes ces informations que génère la BAD sont très utiles dans l’optique d’un journalisme économique de qualité et indépendant. Il  n’y a aucune raison que l’Afrique n’ait pas le droit à une information économique fiable. Notre constat, après consultation de la nouvelle version du site, est que nous trouvons plus facilement et plus rapidement les informations dont nous avons besoin. Par ailleurs, le développement d’un site internet participatif et communautaire par la BAD est très agréable. Ces nouveaux réseaux sociaux que nous utilisons également, peuvent être un véritable réservoir d’idées en faveur du développement du continent. Il est donc normal qu’à l’ère du web community, la BAD puisse également être présente.  

Question : Outre les questions évoquées quels nouveaux projets souhaiteriez-vous voir émerger avec l’équipe de communication de la BAD ?

Anaïs Dubois : Nous vivons une époque où les idées sur le développement économique et les relations internationales ont besoin d’être renouvelées. La BAD, grâce à Internet, pourrait, avec des magazines comme Marchés tropicaux par exemple, lancer des blogs, des plateformes de discussions autour de ces thématiques pour voir émerger ces nouvelles propositions, pour un développement juste du continent. Nous sommes une rédaction très spécialisée qui a quelque chose à apporter au débat. Nous aimerions, pourquoi pas, avoir ces discussions sur Internet grâce à l’équipe de communication de la BAD.


Nnena Nwabufo, Transport Division Manager, AfDB

Question: The theme for this year’s Annual Meetings is’ “Towards an Agenda for Inclusive Growth in Africa”.  How would you link transports and inclusive growth?  

Answer:  Transportation is a very important engine for growth in any economy and this pertains especially to the African continent where we have major challenges in this area.  The African Development Bank and other international organizations have continuously emphasized that infrastructure Development is one of the main pillars needed for growth in Africa. Transportation is a very important aspect of infrastructure development.  Though many people think of only building industries and lending to companies when we talk about growth in Africa.  But even these industries need transport facilities to ensure successful operations.  Good transport as you know involves having good roads, good and secure airports and systems that go with it, functional sea ports etc.  In addition you need to ensure that there is adequate and affordable public transport system in order to ensure uninhibited movement of people and goods.  These are very essential ingredients in addition to other facilities that are needed for growth in Africa.

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