L’Afrique et le nouveau paysage mondial

Assemblées annuelles 2015 du Groupe de la Banque africaine de développement
25 – 29 mai 2015
Abidjan, Côte d’Ivoire

Les Assemblées annuelles 2015 se tiendront à un moment exceptionnel pour la Banque et pour l'Afrique. En effet, ces Assemblées correspondent à la deuxième année de mise en œuvre de la Stratégie décennale de la Banque et marqueront les cinquante ans d’existence de la Banque africaine de développement. De manière générale, 2015 s’annonce comme une année historique pour les décisions qui seront prises à l’échelle mondiale dans le domaine du développement. Plusieurs échéances sont d’ailleurs à l’approche : le Sommet des Nations Unies en septembre, qui devrait voir l’adoption du programme de développement post-2015, la troisième Conférence internationale sur le financement du développement prévue en juillet à Addis-Abeba, et la Conférence sur le climat programmée à Paris en décembre.

Certes, la baisse du cours du pétrole a perturbé la courbe positive de la croissance dans certains pays africains et enrayé les perspectives de production de pétrole dans d’autres, mais les perspectives à moyen terme du continent restent très bonnes. En effet, l’Afrique a fait preuve d’une capacité de résilience notable face à une reprise mondiale lente et incertaine. De nombreux pays bénéficieront d'une énergie moins chère et de la réduction du coût de la pratique des affaires que cela entraînera. La capacité de l'Afrique à continuer d’attirer des investissements directs étrangers (IDE) vers les secteurs non pétroliers et à développer son secteur manufacturier sera cruciale, si l'on veut éviter de fortes fluctuations de performances à l'avenir et fournir des emplois aux jeunes. Comme les années précédentes, la croissance sera sous-tendue par une forte demande intérieure, en particulier l'investissement dans les infrastructures et l'expansion des capacités de production et d'exportation. Globalement, l'Afrique est largement perçue aujourd’hui comme la prochaine frontière de la croissance - le continent est désormais considéré comme une terre d'opportunités, tant pour les Africains que les investisseurs internationaux.

C’est dans ce contexte, que l'édition 2015 des Assemblées annuelles de la Banque est placée sous la thématique « l'Afrique et le nouveau paysage mondial ».

Une série d'événements et d'activités sur ce thème seront présentés lors des Assemblées annuelles. Ils offriront de précieuses opportunités, entre réseautage, débats et renforcement des capacités de négociation, aux pays membres de la Banque et aux autres acteurs qui y participeront.

A voir l’évolution de la situation économique mondiale, les scénarios clés à surveiller pour l'Afrique seront sans doute les tendances qu’on observera aux Etats-Unis, dans la zone euro, au Japon, et dans le groupe des marchés émergents. Compte tenu de la rapidité avec laquelle les scénarios mondiaux évoluent, les rencontres de haut niveau s’efforceront d’étudier les politiques et les actions stratégiques que les décideurs, les entreprises et la société civile africaine pourraient adopter pour soutenir l'évolution du continent, afin qu’il devienne un acteur mondial d’envergure dans un avenir prévisible.

Nous pensons que les événements axés sur le savoir programmés aux Assemblées annuelles de la Banque en mai 2015, à Abidjan, contribueront à doter, de différentes façons, les décideurs africains de moyens d’action, qui leur assurent notamment un traitement plus équitable dans les nouvelles négociations sur le changement climatique et une pleine participation à d'autres événements internationaux, tels que les discussions post-OMD prévues à New York.

Nous espérons que la série d'événements préparés pour les Assemblées annuelles de cette année permettra, une fois de plus, de réaffirmer le rôle de la Banque africaine de développement en tant que courtier de savoir et fournisseur de services financiers.

Il importe de ne pas oublier que ce que l’on appelle la « nouvelle Afrique » est un continent composé de 54 pays, répartis dans cinq régions. L’Afrique n’est pas un ensemble monolithique. La seule généralisation que l’on peut s’accorder sans se tromper est celle-ci : l’Afrique est en marche pour planifier, gérer et commencer à financer son propre destin.

Donald Kaberuka, Président de la BAD