Direction Cop21: Cap sur le climat - Que dit la science du changement climatique de l’Afrique ?

03sept.2015
Share |

par Mwila M. Musumali

Il arrive que nous tombions occasionnellement sur des titres de l’actualité prétendant que le changement climatique est un canular. Mais il existe des preuves scientifiques solides pour indiquer que le climat connaît effectivement des modifications résultant de l’activité humaine. Nous pouvons être persuadés que les principes fondamentaux du changement climatique sont à présent bien assimilés, même si la preuve est faite qu’il reste quelque incertitude sur le sujet.

Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) s’occupe de la collecte des données scientifiques sur le changement climatique depuis sa création en 1988. Il a produit cinq rapports d’évaluation ainsi que des rapports spéciaux sur des sujets spécifiques. Le dernier rapport, le Cinquième rapport d’évaluation (AR5), publié en novembre 2014, soutient la thèse que « hors de tout doute raisonnable, le climat de la terre se réchauffe ». 

Pour l’Afrique, le réchauffement de la planète a des conséquences terribles. Au nombre des déclarations faites à ce propos dans le rapport d’évaluation consacré à l’Afrique AR5-Africa on peut lire :

Le nombre des données factuelles sur le réchauffement des régions constituées de terres à travers le continent, reflétant le changement climatique anthropique, a augmenté (très fiable).

Les écosystèmes africains sont déjà affectés par le changement climatique, et l’on s’attend à ce que les impacts futurs soient importants (très fiable).

Le changement climatique va amplifier le stress existant sur les disponibilités d’eau en Afrique (très fiable).

Des progrès ont été accomplis dans la gestion des risques sur la production alimentaire liés à la variabilité actuelle du climat et au changement climatique à court terme. Ils ne suffiront toutefois pas à atténuer les effets à long terme du changement climatique (très fiable)

Les implications pour l’Afrique ont été présentées brièvement dans une récente publication (Cinquième rapport du GIEC : Quels impacts pour l’Afrique ?), préparée par l’Alliance pour le Climat et le développement (CDKN, 2014).

En bref, le réchauffement planétaire va intensifier la variabilité du climat et les phénomènes extrêmes : les épisodes pluviométriques extrêmes vont s’intensifier, augmentant la probabilité d’inondation ; les sécheresses vont devenir plus fréquentes, aggravant la pénurie des ressources en eau ; il y aura des répercussions sur la santé et le bien-être ; et les pertes économiques seront considérables. Il va sans dire que dans bon nombre de cas l’impact sera dévastateur, faisant de nombreuses victimes et occasionnant la perte de plusieurs années de reprise et de reconstruction des économies comme des sociétés.

 

Pourquoi devrions-nous nous sentir concernés ? Le changement climatique se fait déjà sentir de diverses manières à travers l’Afrique et dans toutes les régions du continent. Le drame est que bon nombre de pays ne disposent pas des moyens nécessaires pour sortir de ce dilemme. Pour beaucoup, il convient de répondre à des besoins beaucoup plus pressants comme l’éradication de la pauvreté, la fourniture d’infrastructures et de services de base, indispensables à la création de sociétés dynamiques.

Toutefois, les États sont bien conscients de l’impérieuse nécessité de construire des économies et des sociétés résilientes au changement climatique. À cette fin, ils ont besoin de l’aide de la communauté internationale pour effectuer la transition vers un modèle de développement résilient au changement climatique et à faible émission de carbone. Dans pratiquement tous les domaines du développement, le savoir-faire existe. Ce qui manque à la grande majorité des pays africains ce sont les mesures habilitantes, notamment les moyens de mise en œuvre, les financements, le renforcement des capacités et le transfert de technologies. 

La bonne compréhension du changement climatique est le point de départ pour l’identification des options indispensables pour l’heureuse conclusion d’un accord mondial sur le changement climatique. Pour reprendre les propos de Jeffrey Sachs,

« La science du changement climatique nous a prévenu… Il nous revient d’en tenir compte et de prendre les mesures idoines avant que la catastrophe ne se produise ».

Catégories: Mwila M. Musumali


Commentaires

Fatoumata TOURE - Mali 23/10/2015 13:42
Les pays developpés ne sont pas prets à chiffrer leurs engagements et la base de leurs reductions futures de GES est dejà biaisée. J'espère juste que la COP de Paris ne sera pas un echec et les parties parviendront à s'entendre sur un engagement juste et equilibré.

Par ailleurs, je souhaiterais connaitre le programme de la BAD pour la COP de Paris.

Merci
Mengistu Beyessa - Ethiopia 24/09/2015 07:45
I have got good idea in the above about climate change in Africa. In my case, it is time to Africa to request strongly developed countries compensation. Therefore,
1. Compensation
2. Adaptation in large and mitigation
3. Joint efforts of Africans are the key points to be considered in the intervention of African Climate issues.
*
*
* CAPTCHA
*